Nous sommes sur la bonne voie. Nous commençons à produire ce que nous consommons. Enfin, presque. Pour les céréales cela vient d’être confirmé. Le ministère de l’Agriculture a annoncé jeudi dernier que la récolte 2008/2009 est de 6,1 millions de tonnes. Nos besoins sont estimés annuellement entre 6 et 8 millions de tonnes. Ce qui explique le programme d’importation de l’Oaic. L’office a acheté à l’étranger en juillet dernier, 500.000 tonnes qui s‘ajoutent aux 150.000 tonnes achetées un mois auparavant.
Ce qui donne un stock de 7 millions de tonnes environ. Ce qui est «appréciable» pour reprendre le terme du rapport du ministère. Sans plus. Pas de quoi dormir sur nos lauriers et croire que l’on peut «se remettre au lit». Pour plusieurs raisons. La première est évidemment d’ordre démographique. La seconde est que nous sommes l’un des plus grands consommateurs de céréales au monde. 200 kilos par an et par habitant. Il ne faut pas oublier enfin le rôle majeur de la pluviométrie qui est loin d’être constant d’une année à l’autre. Donc, nous sommes certes sur la bonne voie, mais nous ne sommes pas encore «arrivés».
Ce n’est pas d’un sprint de 100 mètres qu’il s’agit mais d’une course de fond. Des moyens, beaucoup de moyens ont été consentis par l’Etat. Financiers et matériels. On serait tentés de dire aussi humains puisque des emplois ont pu être ainsi créés. Cette participation de l’Etat doit se poursuivre avec un accent particulier pour la recherche et la formation. Elle doit se poursuivre comme doivent être évitées les «fausses joies» que veulent nous donner nos statisticiens comme ceux du Cnis (Centre national de l’informatique et des statistiques).
Ils viennent de nous apprendre que notre facture d’importation en produits alimentaires a baissé. Ils précisent qu’elle est passée de «749 millions de dollars en août 2008 à 402 millions de dollars le même mois en 2009, soit une baisse de 46,33%». Soit. Mais sans mentionner les quantités importées. Sans préciser non plus les fluctuations du marché international où les céréales et le lait ont connu des chutes de prix assez conséquentes. Ce qui veut dire qu’on peut avoir payé moins cher la même quantité ou plus.
Ce qui ne veut surtout pas dire que nous avons produit plus de produits alimentaires. Nous en sommes à nous réjouir de la production de céréales, de la pomme de terre aussi et de manière plus générale, des fruits et légumes, nonobstant leur distribution qui laisse à désirer. Ce qui n’est pas le cas pour le lait par exemple. Ni pour les légumes secs.
Des informations comme celles du Cnis sont pour le moins déplacées voire carrément négatives par l’effet démobilisateur qu’elles peuvent entraîner. Nous sommes sur la bonne voie, avons-nous dit, mais nous n’avons pas encore atteint l’autosuffisance alimentaire. Nous avons gagné «une bataille» mais pas encore «la guerre». Il y a du chemin à parcourir encore. Gardons la tête froide et maintenons le cap. Produisons encore et encore!
Zouhir MEBARKI
Concentré d'actualité et de chroniques tout droit sortis du "four" : Algérie, ainsi qu'un revue de presse de l'actualité algérienne.
samedi 26 septembre 2009
Savoir pourquoi
Aura-t-il tout ou peu dit sur la question ? Ksentini qui a entamé une véritable campagne auprès de l’opinion publique nationale en faveur de ce projet dont il n’a pas encore défini les contours et les objectifs, sait que sa mise en œuvre sera difficile voire impossible.
Farouk Ksentini a félicité le leader libyen pour avoir enfin libéré les prisonniers algériens détenus et même torturés pendant des années dans les geôles libyennes. Le président de la commission nationale consultative de la promotion et de la protection des droits de l’homme a évité de commenter le chantage à la Al-Kadhafi qui, dans l’affaire des prisonniers algériens, n’a pas respecté les règles d’amitié et de bon voisinage avec l’Algérie. Ksentini avance comme argument l’absence de prérogatives de sa commission dans ce genre de conflit. Et dans le cas où la torture serait avérée, la commission n’y pourrait pas grand-chose sauf la déplorer.
Mais le sujet, qui a largement marqué l’intervention de Farouk Ksentini, a été l’amnistie générale qu’il considère inévitable “pour redonner un nouveau souffle à la réconciliation nationale”.
Aura-t-il tout ou peu dit sur la question ? Ksentini, qui a entamé une véritable campagne auprès de l’opinion publique nationale en faveur de ce projet, dont il n’a pas encore défini les contours et les objectifs, sait que sa mise en œuvre sera difficile, voire impossible.
En effet, si le président de la République, en l’évoquant pour la première et seule fois quelques jours avant sa réélection, a bien signifié un certain nombre de conditions en vue de son éventuelle réalisation, c’est que le projet de l’amnistie générale, cher aux partis islamistes, exige un retour définitif à une situation sécuritaire assainie avec “zéro” attentat où les algériens pourront voyager de jour comme de nuit dans les endroits les plus reculés sans craindre quoi que ce soit.
Il est vrai, en revanche, que la situation sécuritaire a connu d’importantes améliorations grâce à une mobilisation des services de sécurité qui ont pu venir à bout des groupes terroristes soumis à d’intenses pressions aussi bien internes qu’externes après le démantèlement des réseaux de financement et de soutien un peu partout dans la région maghrébine.
La concorde civile ainsi que la Charte pour la paix et la réconciliation nationale ont permis de ramener sur le droit chemin des milliers d’Algériens égarés sur les routes du fanatisme. Ceux qui ont refusé et continuent de tuer leurs frères et sœurs au nom de l’islam, ou pour servir les visées occultes et dangereuses du terrorisme international, accepteront-ils demain de déposer les armes ?
Par :Salim Tamani
Farouk Ksentini a félicité le leader libyen pour avoir enfin libéré les prisonniers algériens détenus et même torturés pendant des années dans les geôles libyennes. Le président de la commission nationale consultative de la promotion et de la protection des droits de l’homme a évité de commenter le chantage à la Al-Kadhafi qui, dans l’affaire des prisonniers algériens, n’a pas respecté les règles d’amitié et de bon voisinage avec l’Algérie. Ksentini avance comme argument l’absence de prérogatives de sa commission dans ce genre de conflit. Et dans le cas où la torture serait avérée, la commission n’y pourrait pas grand-chose sauf la déplorer.
Mais le sujet, qui a largement marqué l’intervention de Farouk Ksentini, a été l’amnistie générale qu’il considère inévitable “pour redonner un nouveau souffle à la réconciliation nationale”.
Aura-t-il tout ou peu dit sur la question ? Ksentini, qui a entamé une véritable campagne auprès de l’opinion publique nationale en faveur de ce projet, dont il n’a pas encore défini les contours et les objectifs, sait que sa mise en œuvre sera difficile, voire impossible.
En effet, si le président de la République, en l’évoquant pour la première et seule fois quelques jours avant sa réélection, a bien signifié un certain nombre de conditions en vue de son éventuelle réalisation, c’est que le projet de l’amnistie générale, cher aux partis islamistes, exige un retour définitif à une situation sécuritaire assainie avec “zéro” attentat où les algériens pourront voyager de jour comme de nuit dans les endroits les plus reculés sans craindre quoi que ce soit.
Il est vrai, en revanche, que la situation sécuritaire a connu d’importantes améliorations grâce à une mobilisation des services de sécurité qui ont pu venir à bout des groupes terroristes soumis à d’intenses pressions aussi bien internes qu’externes après le démantèlement des réseaux de financement et de soutien un peu partout dans la région maghrébine.
La concorde civile ainsi que la Charte pour la paix et la réconciliation nationale ont permis de ramener sur le droit chemin des milliers d’Algériens égarés sur les routes du fanatisme. Ceux qui ont refusé et continuent de tuer leurs frères et sœurs au nom de l’islam, ou pour servir les visées occultes et dangereuses du terrorisme international, accepteront-ils demain de déposer les armes ?
Par :Salim Tamani
On s’en doutait !
Pourquoi des noms aussi illustres risqueraient-ils une crédibilité qu’ils ont si bien préservée jusqu’à présent alors que la politique partisane n’est plus à l’honneur dans le pays ?
M. Abdelhamid Mehri, l’ancien secrétaire général du FLN, a catégoriquement démenti les informations de presse le désignant parmi les participants à une conférence nationale annoncée par les «fidèles à l’ALN/FLN» pour le 30 octobre prochain, c’est-à-dire la veille de la commémoration du déclenchement de la guerre de libération contre la France coloniale. Le démenti était bien sûr attendu par les observateurs qui, avouent-ils, voient mal l’homme s’amuser à redresser le FLN et la «famille révolutionnaire» de… l’extérieur.
Ni d’ailleurs Mohamed Salah Yahiaoui, l’autre ancien SG du FLN donné avec le commandant Lakhdar Bouregaa et le colonel Youssef Khatib, de la Wilaya IV historique, comme partie prenante d’une action que d’aucuns perçoivent comme la préparation du coup d’Etat le moins discret et probablement le plus rigolo de l’histoire de l’humanité. Pourquoi des noms aussi illustres risqueraient-ils une crédibilité qu’ils ont si bien préservée jusqu’à présent alors que la politique partisane n’est plus à l’honneur dans le pays ?
Les partis politiques ne font plus la décision ! Ni même l’événement. La une des journaux est plus occupée par les patrons d’entreprises que par les chefs de partis politiques. Leurs articles font parler plus d’experts économiques ou de diplomates étrangers que des personnalités politiques. Aujourd’hui, ce sont bel et bien l’informel, le banditisme, la violence et la harga qui, en plus de la misère, logent à la une de nos journaux.
Les partis politiques, qui généralement ne comptent pas sur les cotisations, n’ont plus que des positions bateau à exprimer. Et il leur faut parfois plonger dans l’excentricité jusqu’à défendre les… harkis et leurs parrains pour se distinguer et attirer ainsi quelque peu l’attention. Cette situation plaît-elle en Algérie ? Il est évident que non ! Il est évident que les Algériens aspirent à mieux.
Pour rectifier le tir, M. Mehri, qui ne désespère pas, nous invite à privilégier «les idées, les programmes et les positions politiques clairvoyantes» plutôt que les conflits et les rivalités individuelles. Un sage conseil dispensé à quelques encablures du congrès du FLN, le parti à… abattre.
Par Mohamed Zaâf
M. Abdelhamid Mehri, l’ancien secrétaire général du FLN, a catégoriquement démenti les informations de presse le désignant parmi les participants à une conférence nationale annoncée par les «fidèles à l’ALN/FLN» pour le 30 octobre prochain, c’est-à-dire la veille de la commémoration du déclenchement de la guerre de libération contre la France coloniale. Le démenti était bien sûr attendu par les observateurs qui, avouent-ils, voient mal l’homme s’amuser à redresser le FLN et la «famille révolutionnaire» de… l’extérieur.
Ni d’ailleurs Mohamed Salah Yahiaoui, l’autre ancien SG du FLN donné avec le commandant Lakhdar Bouregaa et le colonel Youssef Khatib, de la Wilaya IV historique, comme partie prenante d’une action que d’aucuns perçoivent comme la préparation du coup d’Etat le moins discret et probablement le plus rigolo de l’histoire de l’humanité. Pourquoi des noms aussi illustres risqueraient-ils une crédibilité qu’ils ont si bien préservée jusqu’à présent alors que la politique partisane n’est plus à l’honneur dans le pays ?
Les partis politiques ne font plus la décision ! Ni même l’événement. La une des journaux est plus occupée par les patrons d’entreprises que par les chefs de partis politiques. Leurs articles font parler plus d’experts économiques ou de diplomates étrangers que des personnalités politiques. Aujourd’hui, ce sont bel et bien l’informel, le banditisme, la violence et la harga qui, en plus de la misère, logent à la une de nos journaux.
Les partis politiques, qui généralement ne comptent pas sur les cotisations, n’ont plus que des positions bateau à exprimer. Et il leur faut parfois plonger dans l’excentricité jusqu’à défendre les… harkis et leurs parrains pour se distinguer et attirer ainsi quelque peu l’attention. Cette situation plaît-elle en Algérie ? Il est évident que non ! Il est évident que les Algériens aspirent à mieux.
Pour rectifier le tir, M. Mehri, qui ne désespère pas, nous invite à privilégier «les idées, les programmes et les positions politiques clairvoyantes» plutôt que les conflits et les rivalités individuelles. Un sage conseil dispensé à quelques encablures du congrès du FLN, le parti à… abattre.
Par Mohamed Zaâf
Un gourou pour Bouteflika
Les milieux d’affaires algériens s’inquièteraient de la visite de Bouteflika à Chavez. Pourquoi donc ? Parce que cette visite n’aurait rien à voir avec le prochain sommet Afrique-Amérique latine, ni d’ailleurs avec les relations entre l’Algérie et le Venezuela. Il s’agit en fait, selon certains medias «très perspicaces», de la rencontre entre un élève et son mentor. L’élève, c’est le président algérien, et le mentor, c’est le président vénézuélien. On rappelle volontiers que chaque fois que le premier a rencontré le second, il a pris des décisions importantes. Sur la politique des hydrocarbures, l’économie, la libéralisation, le rôle des banques, la LFC…
Ainsi, tout ce qui est fait chez nous provient d’Amérique, mais pas de l’Amérique à laquelle on pense, bien au contraire. Les milieux d’affaires seraient inquiets précisément parce que Bouteflika est entraîné, selon eux, dans une politique contre l’Amérique à laquelle on pense, voyez-vous. Sous influence idéologique, nous serions devenus un simple satellite d’un pays à peu près de notre dimension.
Mais à quoi correspond donc une idée ? Ni plus ni moins qu’à ajouter un argument supplémentaire à la campagne menée contre les mesures prises dans la loi de finances complémentaire. Après le louvoiement de Redha Hamiani, président du FCE, qui souffle du froid et du chaud contre le gouvernement à qui il réclame le statut de partenaire pour son association, après que les autres organisations patronales déclarent soutenir la LFC, quand ils ne préfèrent pas se taire, après, enfin, que Issad Rebrab affirme, en toute indépendance, son adhésion nette et entière à la nouvelle politique économique, il ne reste plus que les milieux d’affaires étrangers.
A-t-on besoin de décrypter leurs positions ? Bien sûr que non. Ils sont contre la LFC en gros et en détails. Ils le disent rarement eux-mêmes car ils ont les relais médiatiques nécessaires pour cela. Leur campagne n’a pas cessé depuis l’annonce des nouvelles mesures gouvernementales. On a tout entendu : les Algériens sont dans une situation «catastrophique», «le marché automobile s’effondre» (comme s’il existait autrement que sous forme de souk), «désormais, le pays n’importera plus ce dont ses citoyens et son économie ont besoin pour vivre» (plus le mensonge est gros… disait Goebbels), «toute l’Algérie est en régression à cause de la LFC» etc.
On a tout entendu, et on entendra davantage les prochaines semaines et les prochains mois. Comme par exemple que le gouvernement est en train de renoncer à ses propres décisions ou qu’il va le faire à l’occasion de la loi de finances 2010. Mais cette trouvaille d’un président algérien sous influence de son homologue vénézuelien, et qui va rechercher aussi loin sa source d’inspiration, dépasse toutes les autres.
La vérité est pourtant simple : les milieux d’affaires étrangers en question ne veulent pas qu’un pays comme le nôtre tente de mener une politique indépendante. Que la LFC soit critiquable, qui en douterait ? Ce n’est ni le Coran ni la Bible. Mais il faut montrer en quoi elle l’est vraiment, et non chercher des gourous au Venezuela.
Aïssa Khelladi
Les milieux d’affaires algériens s’inquièteraient de la visite de Bouteflika à Chavez. Pourquoi donc ? Parce que cette visite n’aurait rien à voir avec le prochain sommet Afrique-Amérique latine, ni d’ailleurs avec les relations entre l’Algérie et le Venezuela. Il s’agit en fait, selon certains medias «très perspicaces», de la rencontre entre un élève et son mentor. L’élève, c’est le président algérien, et le mentor, c’est le président vénézuélien. On rappelle volontiers que chaque fois que le premier a rencontré le second, il a pris des décisions importantes. Sur la politique des hydrocarbures, l’économie, la libéralisation, le rôle des banques, la LFC…
Ainsi, tout ce qui est fait chez nous provient d’Amérique, mais pas de l’Amérique à laquelle on pense, bien au contraire. Les milieux d’affaires seraient inquiets précisément parce que Bouteflika est entraîné, selon eux, dans une politique contre l’Amérique à laquelle on pense, voyez-vous. Sous influence idéologique, nous serions devenus un simple satellite d’un pays à peu près de notre dimension.
Mais à quoi correspond donc une idée ? Ni plus ni moins qu’à ajouter un argument supplémentaire à la campagne menée contre les mesures prises dans la loi de finances complémentaire. Après le louvoiement de Redha Hamiani, président du FCE, qui souffle du froid et du chaud contre le gouvernement à qui il réclame le statut de partenaire pour son association, après que les autres organisations patronales déclarent soutenir la LFC, quand ils ne préfèrent pas se taire, après, enfin, que Issad Rebrab affirme, en toute indépendance, son adhésion nette et entière à la nouvelle politique économique, il ne reste plus que les milieux d’affaires étrangers.
A-t-on besoin de décrypter leurs positions ? Bien sûr que non. Ils sont contre la LFC en gros et en détails. Ils le disent rarement eux-mêmes car ils ont les relais médiatiques nécessaires pour cela. Leur campagne n’a pas cessé depuis l’annonce des nouvelles mesures gouvernementales. On a tout entendu : les Algériens sont dans une situation «catastrophique», «le marché automobile s’effondre» (comme s’il existait autrement que sous forme de souk), «désormais, le pays n’importera plus ce dont ses citoyens et son économie ont besoin pour vivre» (plus le mensonge est gros… disait Goebbels), «toute l’Algérie est en régression à cause de la LFC» etc.
On a tout entendu, et on entendra davantage les prochaines semaines et les prochains mois. Comme par exemple que le gouvernement est en train de renoncer à ses propres décisions ou qu’il va le faire à l’occasion de la loi de finances 2010. Mais cette trouvaille d’un président algérien sous influence de son homologue vénézuelien, et qui va rechercher aussi loin sa source d’inspiration, dépasse toutes les autres.
La vérité est pourtant simple : les milieux d’affaires étrangers en question ne veulent pas qu’un pays comme le nôtre tente de mener une politique indépendante. Que la LFC soit critiquable, qui en douterait ? Ce n’est ni le Coran ni la Bible. Mais il faut montrer en quoi elle l’est vraiment, et non chercher des gourous au Venezuela.
Aïssa Khelladi
jeudi 24 septembre 2009
Les dons de la mer
Il y a toujours quelque chose à tirer de la mer, surtout quand on la raconte avec autant de profondeur, d'authenticité et pour tout dire, de tendresse.
De ses histoires les plus tragiques, l'écrit et l'image ont pu tirer des œuvres tellement belles et émouvantes qu'elles ont intégré l'éternité. La mer invite aux miracles les plus invraisemblables et réhabilite la grandeur des choses simples et naturelles.
Elle est la nature dans toute sa nudité tout en couvant la vie dans ses mouvements les plus palpitants.
Dans son ventre increvable de fertilité, sommeillent les monstres les plus hideux et les agneaux les plus attachants de tendresse.
Elle a son blé qu'elle fait pousser sur de généreuses étendues, ses fruits rares qu'elle cache dans les recoins les plus inaccessibles et ses bêtes les plus indomptables.
La mer est un gouffre insondable sous un champ agaçant de platitude. Ses colères sont muettes. Ne les entendent que ceux qui s'y prennent et subissent ses foudres impitoyables. Elle détermine les caprices des vents et rit au nez des pluies torrentielles.
Ce ne sont jamais les orages que craignent les pêcheurs, mais ce que la mer veut bien en faire. Elle a ses routes, factices, parce que le ressac suffit à guider les pas les plus incertains et joindre les horizons les plus lointains.
Au-dessus d'elle, le ciel est toujours bleu parce qu'elle en est l'indétrônable reflet. La mer tue sans avoir à s'en expliquer et fait vivre sans demander sa dîme.
Elle ne parle pas, elle gronde. Elle ne rit pas, mais sourit à des moments furtifs quand les premiers rayons la chatouillent. Et puis les vagues reprennent possession de ses mouvements, souveraines dans leurs élans, maîtresses du son et du ton, ignorant les bruits de clairon venus des bastingages et les confidences qui se perdent sur les ondes.
La mer ne rejette pas les corps étrangers parce qu'ils sont trop petits pour l'immensité de ses tripes. Les bateaux fondent ses sillons sans qu'elle en redoute la moindre éraflure, des usines géantes habitent ses entrailles sans réussir à provoquer la nausée.
La mer est imperturbable, il n'y a que les hommes pour croire qu'elle est capable des mêmes jérémiades que celles de leurs cauchemars. Pour avoir abrité le premier déluge, elle ne peut promettre l'ultime colère. Les effluves de la mort ne peuvent rien contre l'odeur du sel et des algues.
La mort n'étant qu'un moment de la vie, la mer ne sait pas comment lui tendre les bras si jamais elle a l'idée saugrenue de venir toute seule.
Slimane Laouari
De ses histoires les plus tragiques, l'écrit et l'image ont pu tirer des œuvres tellement belles et émouvantes qu'elles ont intégré l'éternité. La mer invite aux miracles les plus invraisemblables et réhabilite la grandeur des choses simples et naturelles.
Elle est la nature dans toute sa nudité tout en couvant la vie dans ses mouvements les plus palpitants.
Dans son ventre increvable de fertilité, sommeillent les monstres les plus hideux et les agneaux les plus attachants de tendresse.
Elle a son blé qu'elle fait pousser sur de généreuses étendues, ses fruits rares qu'elle cache dans les recoins les plus inaccessibles et ses bêtes les plus indomptables.
La mer est un gouffre insondable sous un champ agaçant de platitude. Ses colères sont muettes. Ne les entendent que ceux qui s'y prennent et subissent ses foudres impitoyables. Elle détermine les caprices des vents et rit au nez des pluies torrentielles.
Ce ne sont jamais les orages que craignent les pêcheurs, mais ce que la mer veut bien en faire. Elle a ses routes, factices, parce que le ressac suffit à guider les pas les plus incertains et joindre les horizons les plus lointains.
Au-dessus d'elle, le ciel est toujours bleu parce qu'elle en est l'indétrônable reflet. La mer tue sans avoir à s'en expliquer et fait vivre sans demander sa dîme.
Elle ne parle pas, elle gronde. Elle ne rit pas, mais sourit à des moments furtifs quand les premiers rayons la chatouillent. Et puis les vagues reprennent possession de ses mouvements, souveraines dans leurs élans, maîtresses du son et du ton, ignorant les bruits de clairon venus des bastingages et les confidences qui se perdent sur les ondes.
La mer ne rejette pas les corps étrangers parce qu'ils sont trop petits pour l'immensité de ses tripes. Les bateaux fondent ses sillons sans qu'elle en redoute la moindre éraflure, des usines géantes habitent ses entrailles sans réussir à provoquer la nausée.
La mer est imperturbable, il n'y a que les hommes pour croire qu'elle est capable des mêmes jérémiades que celles de leurs cauchemars. Pour avoir abrité le premier déluge, elle ne peut promettre l'ultime colère. Les effluves de la mort ne peuvent rien contre l'odeur du sel et des algues.
La mort n'étant qu'un moment de la vie, la mer ne sait pas comment lui tendre les bras si jamais elle a l'idée saugrenue de venir toute seule.
Slimane Laouari
France-Orient, la résurrection ?
Le président Ahmadinejad ne met pas les gants blancs de sa police islamique quand il lui faut répondre à des piques désobligeantes lancées par certains de ses homologues occidentaux.
Nicolas Sarkozy n'y échappera pas. Son admiration pour le peuple iranien, un peu plus pour les révolutionnaires du camp réformiste, n'a pas été du tout du goût du chantre de l'anti-Shoah.
A peine la perche de France 2 tendue qu'il la saisira au vol pour apporter une réponse cinglante au locataire de l'Elysée : «La France mérite mieux que ses dirigeants actuels.» Loin de lui l'idée de cette faillite de présidentiables dont manquerait cruellement le monde.
La réponse de l'ex-maire de Téhéran concerne Nicolas Sarkozy qui se serait trop ingéré dans les affaires internes de la République islamique au moment où la vague verte a failli tout balayer sur son passage.
Par son intervention musclée, le fils spirituel du guide suprême iranien a-t-il voulu attirer l'attention sur une France-Orient qui tendrait à retrouver ses marques dans la région ? Comme tant d'autres, le régime de Téhéran croit que la France ne joint pas l'acte à la parole.
Ce n'est pas parce qu'elle jure sur le perron des Invalides qu'elle a cessé de s'ingérer dans les affaires de ses vieilles colonies africaines qu'elle ne se mêle plus de ce qu'il ne la regarde plus là-bas.
L'opposition gabonaise a remis cet «interventionnisme» à l'ordre du jour avant même de connaître les résultats de la dernière présidentielle, à l'issue de laquelle Ali Bango a remplacé son défunt père. Pour le président Ahmadinejad, la France de Sarkozy procède de la même manière en terre perse mais en sens inverse, au bénéfice des réformistes. Elle cultiverait une bien pire animosité que celle qu'avait entretenu le gouvernement Chirac envers la Syrie du jeune Bachar El Assad.
Réélu dans la violence et dans le sang, qu'il regrette amèrement, l'ultraconservateur en veut-il personnellement à Nicolas Sarkozy pour avoir à chaque occasion soutenu le durcissement du régime de sanctions contre Téhéran ?
Le seul Président qui ne rencontrera pas le «multilatéraliste» Barack Obama, première victime du néoracisme US, a également une dent contre Bernard Kouchner.
A reprendre l'interview de l'invité de France 2, le chef de la diplomatie française compterait parmi ceux qui ont incité les Iraniens à se révolter au lendemain de la présidentielle.
Pis, il serait lui aussi «responsable» de l'assassinat de la jeune Neda, devenue symbole de la résistance verte. Pendant qu'on y est, Bernard Kouchner ne serait-il pas aussi responsable du sort réservé à la jeune universitaire française Clotilde Reiss ?
Elle ne pourra quitter l'Iran que si la France accepte de l'échanger contre des détenus iraniens.
Cela témoigne du fait que les rancœurs irano-françaises en particulier et irano-occidentales en général dépassent de mille têtes la hauteur de la vague verte, au moment de son déferlement.
Par Anis Djaad
Nicolas Sarkozy n'y échappera pas. Son admiration pour le peuple iranien, un peu plus pour les révolutionnaires du camp réformiste, n'a pas été du tout du goût du chantre de l'anti-Shoah.
A peine la perche de France 2 tendue qu'il la saisira au vol pour apporter une réponse cinglante au locataire de l'Elysée : «La France mérite mieux que ses dirigeants actuels.» Loin de lui l'idée de cette faillite de présidentiables dont manquerait cruellement le monde.
La réponse de l'ex-maire de Téhéran concerne Nicolas Sarkozy qui se serait trop ingéré dans les affaires internes de la République islamique au moment où la vague verte a failli tout balayer sur son passage.
Par son intervention musclée, le fils spirituel du guide suprême iranien a-t-il voulu attirer l'attention sur une France-Orient qui tendrait à retrouver ses marques dans la région ? Comme tant d'autres, le régime de Téhéran croit que la France ne joint pas l'acte à la parole.
Ce n'est pas parce qu'elle jure sur le perron des Invalides qu'elle a cessé de s'ingérer dans les affaires de ses vieilles colonies africaines qu'elle ne se mêle plus de ce qu'il ne la regarde plus là-bas.
L'opposition gabonaise a remis cet «interventionnisme» à l'ordre du jour avant même de connaître les résultats de la dernière présidentielle, à l'issue de laquelle Ali Bango a remplacé son défunt père. Pour le président Ahmadinejad, la France de Sarkozy procède de la même manière en terre perse mais en sens inverse, au bénéfice des réformistes. Elle cultiverait une bien pire animosité que celle qu'avait entretenu le gouvernement Chirac envers la Syrie du jeune Bachar El Assad.
Réélu dans la violence et dans le sang, qu'il regrette amèrement, l'ultraconservateur en veut-il personnellement à Nicolas Sarkozy pour avoir à chaque occasion soutenu le durcissement du régime de sanctions contre Téhéran ?
Le seul Président qui ne rencontrera pas le «multilatéraliste» Barack Obama, première victime du néoracisme US, a également une dent contre Bernard Kouchner.
A reprendre l'interview de l'invité de France 2, le chef de la diplomatie française compterait parmi ceux qui ont incité les Iraniens à se révolter au lendemain de la présidentielle.
Pis, il serait lui aussi «responsable» de l'assassinat de la jeune Neda, devenue symbole de la résistance verte. Pendant qu'on y est, Bernard Kouchner ne serait-il pas aussi responsable du sort réservé à la jeune universitaire française Clotilde Reiss ?
Elle ne pourra quitter l'Iran que si la France accepte de l'échanger contre des détenus iraniens.
Cela témoigne du fait que les rancœurs irano-françaises en particulier et irano-occidentales en général dépassent de mille têtes la hauteur de la vague verte, au moment de son déferlement.
Par Anis Djaad
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