Des mois que le secrétaire général de la Ligue arabe n'a pas montré le bout de son cigare. C'est fait, Amr Moussa a dit son haut-le-cœur. Non pas à propos de Shimon Pères, la colombe qui s'entête à construire son nid sous le toit d'une colonie à Al Qods est.
Le secrétaire général des Vingt-deux s'est jeté dans la mêlée sans même attendre que la République islamique d'Iran réussisse sa médiation entre la Syrie et l'Irak. Amr Moussa sait ce qu'il avance, le régime de Téhéran se mêle trop de ce qui ne le regarde pas.
L'Egyptien propose que les pays arabes, concernés ou non par les ingérences iraniennes, se mettent autour d'une même table et regardent les mollahs dans le blanc de l'œil.
En s'attaquant frontalement aux héritiers de la vieille Perse, Amr Moussa s'exprimerait-il au nom de l'ensemble des sunnites du monde arabe qui, disons-le franchement, n'aspirent pas du tout à s'incliner devant le guide suprême, Ali Khamenei, ni à admettre demain une suprématie régionale qu'imposerait le monde chiite.
Qu'il sente bon au mauvais, la rose ou la poudre, dans les pays que le secrétaire général de la Ligue arabe n'a pas cités nommément, rien de sorcier à les deviner, les mollahs doivent cesser d'y fourrer leur nez. Ils auraient plus à y gagner en s'y fourguant le moins possible, leurs moindres faux pas post-présidentielle sont comptabilisés un à un.
Et ce n'est pas parce que l'autre Egyptien, le directeur de l'AIEA, n'a pas été assez sévère récemment à leur encontre (trop complaisant selon Tel-Aviv) qui leur offrira avantage. Car une République islamique d'Iran qui fait savoir son espoir de reprendre de nouvelles négociations sur son nucléaire à la veille de la réunion des Six et après tant de stagnation n'est pas pour berner Washington et ses alliés.
Eux qui attendent réponse à leur plate-forme de propositions depuis de longs mois. La charmeuse demande de la Russie, quant à l'adhésion de son allié iranien dans le système de sécurité énergétique de l'Europe, devra être fortement appréciée par les mollahs mais cela risque de ne pas être le cas chez les Occidentaux.
Qui d'Angela Merkel qui reste confiante dans la victoire de la CDU aux prochaines législatives, de Nicolas Sarkozy qui n'arrête pas de contempler la baie de la Rochelle et de Barack Obama qui a une migraine rien que de penser à sa réforme de l'assurance-maladie, aura le courage de décevoir le colon pèlerin Netanyahu ? Lui qui n'espère pas moins qu'un durcissement des sanctions contre la République islamique d'Iran.
La pochette surprise, dont le modèle déposé n'a pas été reçu officiellement par aucun des destinataires intéressés, ferait gagner au mieux à ses ficeleurs un peu plus de temps. Puisqu'il est vraiment peu probable que les mollahs évitent de monter sur l'échafaud.
Et c'est juste pour le fait qu'ils s'obstinent à défoncer le club privé des puissances nucléaires. Tout comme l'Egyptien Amr Moussa, les Occidentaux ne supportent plus de voir les mollahs partout où ils regardent. En Irak, où ils sont accusés de «manipuler» leur allié syrien pour faire émerger leurs intimes du bloc chiite irakien, le comble du paradoxe au regard des sunnites.
Au Liban, où Damas n'aurait plus grand-chose à faire. Le Hezbollah chiite, désigné pour être le bras armé de l'Iran, est capable seul de bloquer la formation d'un gouvernement d'union nationale. En territoires palestiniens occupés, où le djihad islamique ne serait plus la seule organisation armée affiliée à Téhéran, le Hamas bénéficierait de la bonté de ses autorités.
Ne serait-ce que pour répondre à cet inventaire, les Occidentaux se ligueraient au diable pour démontrer qu'il n'y pas que le nucléaire et les contestations post-élections qui sont susceptibles de renverser un régime. Menaces lourdes contre l'un de ses alliés et sanctions renforcées peuvent aussi être concluantes.
Anis Djaad
Concentré d'actualité et de chroniques tout droit sortis du "four" : Algérie, ainsi qu'un revue de presse de l'actualité algérienne.
jeudi 3 septembre 2009
Khadafi, un dirigeant très courtisé
Mouamar Khadafi est un dirigeant heureux. Il l'est doublement : quarante ans de pouvoir sans partage et doyen des chefs d’Etat africain et arabe. Autoproclamé «roi des rois traditionnels d’Afrique», il dirige un pays riche en pétrole, le deuxième producteur du continent africain après le Nigeria. Hasard du calendrier, le guide de la révolution libyenne a fait en sorte que la commémoration de ce quarantième anniversaire coïncide avec la tenue du sommet de l’Union africaine (UA), deux mois seulement après avoir accueilli à Syrte le 13e sommet ordinaire de l’UA.
Un sommet auquel a pris part le président Hugo Chavez et qui s’est achevé sans mesures concrètes concernant les dossiers chauds africains. La Déclaration de Tripoli et le plan d’action adoptés par ce sommet se bornent à appeler les pays membres à «trouver des solutions urgentes aux crises et conflits», en particulier en Somalie et au Darfour. «Nous sommes pratiquement au même point que lors du sommet de Syrte. Il n’y aura pas de grandes avancées», a indiqué un ministre africain.
«Il n'y a quasiment rien de nouveau (...) Pour les Libyens, le sommet était juste un moyen de garantir la participation de chefs d'Etat aux célébrations du 1er septembre », a renchéri un autre. En effet, c’est sous une tente géante installée sur le port de Tripoli que s’est tenu ce sommet. Une fois clos les travaux de cette session spéciale de l’UA, les chefs d’Etat et de gouvernement africains ont été conviés à assister le lendemain 1er septembre à un défilé militaire et en soirée à un spectacle sons et lumière retraçant 40 ans d’histoire de la Libye sous la gouvernance de Mouamar Khadafi.
Véhicules blindés, transports de missiles, des fanfares de 17 pays, dont celles de France et d’Italie, se sont succédé durant deux heures sous les yeux du guide libyen, entourés des chefs d’Etat africain, dont le président Bouteflika et le Tunisien Ben Ali. En soirée, ce fut tout aussi grandiose. Portraits géants à la gloire de Khadafi, spectacle pyrotechnique, chorégraphie avec des centaines de danseurs, le tout réglé sur une mise en scène du Français Martin Arnaud, l’auteur de la cérémonie du Mondial de football de 1998 en France.
Les festivités vont durer six jours. La Libye a du pétrole (46 milliards de dollars de revenus à fin 2008) et donc de l’argent. Une population peu nombreuse : 5,7 millions d’habitants dont plus de 1,1 million de travailleurs étrangers. Mais un taux de chômage élevé de plus de 30 %. Le revenu par tête d’habitant – 9 600 dollars – est l’un des plus élevés du monde arabe.
Tirant les leçons de la chute du régime de Saddam Hussein, Mouamar Khadafi a mis aux vestiaires sa rhétorique anti-occidentale, ouvrant l’économie pétrolière aux compagnies américaines et multipliant les gestes en direction des capitales occidentales. En contrepartie de sa renonciation à soutenir divers mouvements et groupuscules dit révolutionnaires et de l’ouverture de son économie au capital étranger, le régime libyen est devenu fréquentable.
Mieux, disposant de six fonds souverains ou d’investissements – le premier, la Libyan Arab Foreign Investment Company (Lafico) fondé en 1981 – dont trois créés en 2006 grâce au pactole pétrolier, la Libye est très courtisée par les Occidentaux. Qui plus est, depuis que le régime libyen a émis le souhait de réduire ses dépôts en devises dans les banques étrangères, ces fonds souverains ont appelé à des partenariats avec des entreprises occidentales pour monter des projets en commun. Du coup, le regard de ces Occidentaux a changé.
Khadafi est invité de partout. Aux Etats-Unis – quand il s’agit de fric on sait ne pas être rancunier –, il a été autorisé à planter sa tente à Central Parc à New York. Fermant les yeux sur les violations des droits humains perpétrés par le régime libyen, l’Occident préfère axer sa dénonciation contre la Russie ou la Chine. Ainsi va le monde !
Par Hassane Zerrouky
Un sommet auquel a pris part le président Hugo Chavez et qui s’est achevé sans mesures concrètes concernant les dossiers chauds africains. La Déclaration de Tripoli et le plan d’action adoptés par ce sommet se bornent à appeler les pays membres à «trouver des solutions urgentes aux crises et conflits», en particulier en Somalie et au Darfour. «Nous sommes pratiquement au même point que lors du sommet de Syrte. Il n’y aura pas de grandes avancées», a indiqué un ministre africain.
«Il n'y a quasiment rien de nouveau (...) Pour les Libyens, le sommet était juste un moyen de garantir la participation de chefs d'Etat aux célébrations du 1er septembre », a renchéri un autre. En effet, c’est sous une tente géante installée sur le port de Tripoli que s’est tenu ce sommet. Une fois clos les travaux de cette session spéciale de l’UA, les chefs d’Etat et de gouvernement africains ont été conviés à assister le lendemain 1er septembre à un défilé militaire et en soirée à un spectacle sons et lumière retraçant 40 ans d’histoire de la Libye sous la gouvernance de Mouamar Khadafi.
Véhicules blindés, transports de missiles, des fanfares de 17 pays, dont celles de France et d’Italie, se sont succédé durant deux heures sous les yeux du guide libyen, entourés des chefs d’Etat africain, dont le président Bouteflika et le Tunisien Ben Ali. En soirée, ce fut tout aussi grandiose. Portraits géants à la gloire de Khadafi, spectacle pyrotechnique, chorégraphie avec des centaines de danseurs, le tout réglé sur une mise en scène du Français Martin Arnaud, l’auteur de la cérémonie du Mondial de football de 1998 en France.
Les festivités vont durer six jours. La Libye a du pétrole (46 milliards de dollars de revenus à fin 2008) et donc de l’argent. Une population peu nombreuse : 5,7 millions d’habitants dont plus de 1,1 million de travailleurs étrangers. Mais un taux de chômage élevé de plus de 30 %. Le revenu par tête d’habitant – 9 600 dollars – est l’un des plus élevés du monde arabe.
Tirant les leçons de la chute du régime de Saddam Hussein, Mouamar Khadafi a mis aux vestiaires sa rhétorique anti-occidentale, ouvrant l’économie pétrolière aux compagnies américaines et multipliant les gestes en direction des capitales occidentales. En contrepartie de sa renonciation à soutenir divers mouvements et groupuscules dit révolutionnaires et de l’ouverture de son économie au capital étranger, le régime libyen est devenu fréquentable.
Mieux, disposant de six fonds souverains ou d’investissements – le premier, la Libyan Arab Foreign Investment Company (Lafico) fondé en 1981 – dont trois créés en 2006 grâce au pactole pétrolier, la Libye est très courtisée par les Occidentaux. Qui plus est, depuis que le régime libyen a émis le souhait de réduire ses dépôts en devises dans les banques étrangères, ces fonds souverains ont appelé à des partenariats avec des entreprises occidentales pour monter des projets en commun. Du coup, le regard de ces Occidentaux a changé.
Khadafi est invité de partout. Aux Etats-Unis – quand il s’agit de fric on sait ne pas être rancunier –, il a été autorisé à planter sa tente à Central Parc à New York. Fermant les yeux sur les violations des droits humains perpétrés par le régime libyen, l’Occident préfère axer sa dénonciation contre la Russie ou la Chine. Ainsi va le monde !
Par Hassane Zerrouky
L’Etat, le pôvre !
En ce mois de ramadan où les gens fonctionnent selon la règle de l’à-peu-près, Me Ksentini, lui, s’avère d’une perspicacité hors du commun. Le président de la Commission nationale consultative de promotion et de protection des droits de l‘homme s’est aperçu qu’en matière de droits il y a un déséquilibre en Algérie et qu’il serait souhaitable de doter la CNCPPDH d’une sœur, la CNCPPDE, une Commission nationale consultative de promotion et de protection des droits de l’Etat.
Me Ksentini estime qu’il reste encore à faire pour que la culture des droits de l’homme se généralise chez nous. «Les droits sont non seulement ceux des citoyens, mais aussi de l’Etat», dit-il. «Si l’on demande à l’administration de l’Etat de respecter les droits du citoyen, il faut que ce dernier respecte les droits de l’Etat» dit-il dans une logique qu’envierait le Farouk d’antan. Sauf qu’en règle générale nous n’entendons pas l’Etat ou ses représentants se plaindre de la hogra du citoyen, mais du «terrorisme» de l’administration.
Il faudrait être d’un certain niveau pour prétendre dépecer l’Etat, tondre ses caisses ou lui solder ses biens. Il est vrai qu’on cocufie à volonté l’Etat et qu’on dévoile ses intimités pour des gouttelettes de «gnole», qu’on s’attaque à sa religion, à ses repères, à son emblème, à ses constantes, sans épargner l’épopée libératrice ni ses héros. Mais qui aujourd’hui parmi nous peut violer impunément l’Etat ?
Est-ce vraiment le «citoyen» ce «dernier» ? Le seul à meubler les listes lorsqu’il faut disparaître ? Lorsqu’il arrive que les droits du «citoyen» et ceux de l’Etat se télescopent, ce qui devient fréquent, l’administré aura à choisir entre se la fermer, passer au dialogue en brûlant des pneus ou se résoudre à la harga. Un sujet que Me Ksentini doit maîtriser, lui qui sait que la meilleure façon pour un Etat de se faire respecter c’est d’être… équitable. En tout cas, l’Etat pourra toujours recourir à sa justice et à ses prisons pour se faire respecter. Mais quandw c’est l’Etat qui porte la responsabilité du viol des droits du citoyen, que doit faire ce «dernier» ? Mettre l’Etat en prison ?
M. Z.
Me Ksentini estime qu’il reste encore à faire pour que la culture des droits de l’homme se généralise chez nous. «Les droits sont non seulement ceux des citoyens, mais aussi de l’Etat», dit-il. «Si l’on demande à l’administration de l’Etat de respecter les droits du citoyen, il faut que ce dernier respecte les droits de l’Etat» dit-il dans une logique qu’envierait le Farouk d’antan. Sauf qu’en règle générale nous n’entendons pas l’Etat ou ses représentants se plaindre de la hogra du citoyen, mais du «terrorisme» de l’administration.
Il faudrait être d’un certain niveau pour prétendre dépecer l’Etat, tondre ses caisses ou lui solder ses biens. Il est vrai qu’on cocufie à volonté l’Etat et qu’on dévoile ses intimités pour des gouttelettes de «gnole», qu’on s’attaque à sa religion, à ses repères, à son emblème, à ses constantes, sans épargner l’épopée libératrice ni ses héros. Mais qui aujourd’hui parmi nous peut violer impunément l’Etat ?
Est-ce vraiment le «citoyen» ce «dernier» ? Le seul à meubler les listes lorsqu’il faut disparaître ? Lorsqu’il arrive que les droits du «citoyen» et ceux de l’Etat se télescopent, ce qui devient fréquent, l’administré aura à choisir entre se la fermer, passer au dialogue en brûlant des pneus ou se résoudre à la harga. Un sujet que Me Ksentini doit maîtriser, lui qui sait que la meilleure façon pour un Etat de se faire respecter c’est d’être… équitable. En tout cas, l’Etat pourra toujours recourir à sa justice et à ses prisons pour se faire respecter. Mais quandw c’est l’Etat qui porte la responsabilité du viol des droits du citoyen, que doit faire ce «dernier» ? Mettre l’Etat en prison ?
M. Z.
Chavez, le dernier des révolutionnaires
«Fléau de l’oligarchie et héros des pauvres», n’importe quel petit peuple d’un Etat où qu’il serait situé n’entretiendrait que ce rêve consistant à avoir, un jour, le candidat à une consultation populaire majeure (présidence) porteur d’un tel slogan de campagne.
Hugo Rafael Chàvez Frias l’a fait, même si entre-temps il a dû passer par ce qui est qualifié par «l’Occident», relent d’exotisme oblige, de tentatives avortées de pronunciamiento. Son désir d’entamer une révolution, sa révolution prenait le pas sur toute démarche rationnelle aux yeux de ses proches en ce sens que l’amour de la patrie, voire celui des autres nations du continent le tenaillait comme cela a été le cas trois siècles plus tôt par Simon Bolivar, émancipateur en puissance des populations des colonies espagnoles.
Dès lors et durant deux jours, l’Algérie ne pourrait que s’enorgueillir de la présence sur son territoire d’un homme politique mortellement anticonformiste et dont la particularité reste sa distance par rapport à toutes les accointances possibles et inimaginables avec le politiquement correct. Et ce pour la simple raison que sa très forte personnalité s’inspire et appuie sur les suivants très forts principes théologiques «…parmi les éléments qui pourraient définir le socialisme du XXIe siècle, je dirai que la première est l’élément moral… le Che a beaucoup écrit sur la morale socialiste… Quelle que quoi soit la vision du monde que l’on a, il faut nous réapproprier le sens éthique de la vie… Aimez-vous les uns les autres ou aimez votre prochain», pour conclure qu’il faut lutter «…contre les démons que le capitalisme a semés : l’individualisme, l’égoïsme, la haine, les privilèges».
Le paradoxe de la situation est que cette apologie de la morale est battue en brèche, à tort ou à raison, par ses détracteurs dont les porte-paroles des droits de l’homme, une partie de la presse, quoique cette dernière présente des signes évidents de partialité acquise à l’opposition au «camarada presidente». En fait, tout plaide pour que ses détracteurs fournissent à l’opinion internationale l’image d’un agité politique… un fou furieux…
potentiel déstabilisateur du continent comme cela a été le cas, il y a quarante ans, pour Salvador Allende et à un degré moindre Omar Torijos. Pouvait-il en être autrement dès lors que Hugo Chavez prenait la décision de nationaliser les terres en friche des riches propriétaires et les redistribuer aux plus pauvres, ceux-là même ceux qui en avaient effectivement besoin et surtout le désir de les travailler, la mise en place de système de financement aidant à la création de microentreprises, l’interdiction des cultures OGM, celle de la pêche intensive et donc la protection de la biodiversité, la nationalisation tous azimuts de pans entiers de l’économie nationale (banques, télécommunications, électricité, pétrole, lait, ciment, aciéries, etc.).
Qui parmi les Algériens ne voit-il pas en Chavez la réplique d’un Houari Boumediene bouleversant en son temps les rapports Nord-Sud jusqu’à modifier des règles du jeu immuables et consacrer de nouveaux rapports basés sur le respect mutuel entre les Etats réputés forts et ceux sous-développés et/ou émergents.
En affirmant en 2008 que «les Farc [terroristes et preneurs d’otages pour l’opinion mondiale] ont un projet politique», et insister auprès des gouvernements
latino-américains et de l’Europe de les retirer (avec l’ELN la guérilla colombienne d’obédience guevariste) de la liste des groupes terroristes, il rejoignait incontestablement le défunt chef d’Etat algérien lequel, pour sa part, face aux plus puissants Etats du monde, alignait l’Algérie aux côtés d’une «Palestine… oppresseur ou opprimée».
Hugo Chavez, personnalité politique plébiscitée par les pacifistes et autres altermondialistes aura d’ailleurs été le premier et seul chef d’Etat étranger à s’impliquer dans le génocide commis à Ghaza en prenant la mesure radicale d’expulser l’ambassadeur… israélien.
En d’autres temps, le président vénézuélien, sans doute, n’aurait pas été fréquentable comme l’a été Castro, mais l’hypocrisie politique ambiante, les intérêts du capitalisme international font que les Grands ne peuvent que mettre sous le boisseau leur rejet épidermique d’un empêcheur de tourner en rond dont le seul tort est d’aimer son pays, le continent auquel il appartient. Un empêcheur de tourner en rond que l’Algérie accueille fièrement sur son sol.
A. L.
Hugo Rafael Chàvez Frias l’a fait, même si entre-temps il a dû passer par ce qui est qualifié par «l’Occident», relent d’exotisme oblige, de tentatives avortées de pronunciamiento. Son désir d’entamer une révolution, sa révolution prenait le pas sur toute démarche rationnelle aux yeux de ses proches en ce sens que l’amour de la patrie, voire celui des autres nations du continent le tenaillait comme cela a été le cas trois siècles plus tôt par Simon Bolivar, émancipateur en puissance des populations des colonies espagnoles.
Dès lors et durant deux jours, l’Algérie ne pourrait que s’enorgueillir de la présence sur son territoire d’un homme politique mortellement anticonformiste et dont la particularité reste sa distance par rapport à toutes les accointances possibles et inimaginables avec le politiquement correct. Et ce pour la simple raison que sa très forte personnalité s’inspire et appuie sur les suivants très forts principes théologiques «…parmi les éléments qui pourraient définir le socialisme du XXIe siècle, je dirai que la première est l’élément moral… le Che a beaucoup écrit sur la morale socialiste… Quelle que quoi soit la vision du monde que l’on a, il faut nous réapproprier le sens éthique de la vie… Aimez-vous les uns les autres ou aimez votre prochain», pour conclure qu’il faut lutter «…contre les démons que le capitalisme a semés : l’individualisme, l’égoïsme, la haine, les privilèges».
Le paradoxe de la situation est que cette apologie de la morale est battue en brèche, à tort ou à raison, par ses détracteurs dont les porte-paroles des droits de l’homme, une partie de la presse, quoique cette dernière présente des signes évidents de partialité acquise à l’opposition au «camarada presidente». En fait, tout plaide pour que ses détracteurs fournissent à l’opinion internationale l’image d’un agité politique… un fou furieux…
potentiel déstabilisateur du continent comme cela a été le cas, il y a quarante ans, pour Salvador Allende et à un degré moindre Omar Torijos. Pouvait-il en être autrement dès lors que Hugo Chavez prenait la décision de nationaliser les terres en friche des riches propriétaires et les redistribuer aux plus pauvres, ceux-là même ceux qui en avaient effectivement besoin et surtout le désir de les travailler, la mise en place de système de financement aidant à la création de microentreprises, l’interdiction des cultures OGM, celle de la pêche intensive et donc la protection de la biodiversité, la nationalisation tous azimuts de pans entiers de l’économie nationale (banques, télécommunications, électricité, pétrole, lait, ciment, aciéries, etc.).
Qui parmi les Algériens ne voit-il pas en Chavez la réplique d’un Houari Boumediene bouleversant en son temps les rapports Nord-Sud jusqu’à modifier des règles du jeu immuables et consacrer de nouveaux rapports basés sur le respect mutuel entre les Etats réputés forts et ceux sous-développés et/ou émergents.
En affirmant en 2008 que «les Farc [terroristes et preneurs d’otages pour l’opinion mondiale] ont un projet politique», et insister auprès des gouvernements
latino-américains et de l’Europe de les retirer (avec l’ELN la guérilla colombienne d’obédience guevariste) de la liste des groupes terroristes, il rejoignait incontestablement le défunt chef d’Etat algérien lequel, pour sa part, face aux plus puissants Etats du monde, alignait l’Algérie aux côtés d’une «Palestine… oppresseur ou opprimée».
Hugo Chavez, personnalité politique plébiscitée par les pacifistes et autres altermondialistes aura d’ailleurs été le premier et seul chef d’Etat étranger à s’impliquer dans le génocide commis à Ghaza en prenant la mesure radicale d’expulser l’ambassadeur… israélien.
En d’autres temps, le président vénézuélien, sans doute, n’aurait pas été fréquentable comme l’a été Castro, mais l’hypocrisie politique ambiante, les intérêts du capitalisme international font que les Grands ne peuvent que mettre sous le boisseau leur rejet épidermique d’un empêcheur de tourner en rond dont le seul tort est d’aimer son pays, le continent auquel il appartient. Un empêcheur de tourner en rond que l’Algérie accueille fièrement sur son sol.
A. L.
Recomposition en vue
Nous avons l’habitude de réfléchir en termes de continuité au lieu de rupture. On imagine l’évolution globale du pays comme s’inscrivant dans un processus de linéarité. Il ne manque plus que des scientifiques pour prétendre tout décrire par une fonction mathématique.
L’introduction dans la réflexion prospective d’éléments de rupture n’est plus crédibilisée, car que de prévisions qui intégraient la rupture et l’inversement des tendances en s’appuyant sur la logique des rapports d’opinion qui traversaient la société, s’étaient avérées peu conformes à la réalité basée sur la logique des rapports de force.
Faudrait-il pour autant renoncer à identifier dans tout processus dit d’évolution pour les uns et d’immobilisme pour les autres, une dose d’intelligence? Certainement que non, car tout ce qui s’entreprend répondrait à une logique politique basée sur des enjeux de pouvoir, et cela est valable pour tous les acteurs de quelque côté on les regarde.
Pratiquement, toute réflexion sur la saisie des données qui influencent l’évolution des variables politiques - il y en qui voudraient y inclure les variables sécuritaires - devrait obligatoirement tenir compte de l’existence de plusieurs acteurs représentant des groupes d’intérêts qui se soumettraient à des arbitrages de coordination pour arriver à des compromis.
Il arrive parfois une «rébellion» interne qui risque de produire un séisme politique dévastateur pour le système auquel se substitueraient d’autres systèmes portés par de nouvelles équipes qui proviendraient de l’opposition. Dans la survenance de tels cas, il y a des interventions de tous les groupes d’intérêts, sans exeption.
S. I.
L’introduction dans la réflexion prospective d’éléments de rupture n’est plus crédibilisée, car que de prévisions qui intégraient la rupture et l’inversement des tendances en s’appuyant sur la logique des rapports d’opinion qui traversaient la société, s’étaient avérées peu conformes à la réalité basée sur la logique des rapports de force.
Faudrait-il pour autant renoncer à identifier dans tout processus dit d’évolution pour les uns et d’immobilisme pour les autres, une dose d’intelligence? Certainement que non, car tout ce qui s’entreprend répondrait à une logique politique basée sur des enjeux de pouvoir, et cela est valable pour tous les acteurs de quelque côté on les regarde.
Pratiquement, toute réflexion sur la saisie des données qui influencent l’évolution des variables politiques - il y en qui voudraient y inclure les variables sécuritaires - devrait obligatoirement tenir compte de l’existence de plusieurs acteurs représentant des groupes d’intérêts qui se soumettraient à des arbitrages de coordination pour arriver à des compromis.
Il arrive parfois une «rébellion» interne qui risque de produire un séisme politique dévastateur pour le système auquel se substitueraient d’autres systèmes portés par de nouvelles équipes qui proviendraient de l’opposition. Dans la survenance de tels cas, il y a des interventions de tous les groupes d’intérêts, sans exeption.
S. I.
Le Maroc s’isole
Alors que le Polisario glane de plus en plus de motifs de satisfaction, qui sont autant de victoires pour un peule colonisé, sur le plan diplomatique en élargissant le champ de sympathisants à sa juste cause (à l’instar des parlementaires français actuellement en visite sur les lieux), «l’épisode» libyen est venu rajouter une strate à son isolement.
Le palais royal illustre on ne peut mieux la formule du général Giap «l’impérialisme est un mauvais élève, qui n’apprend pas ses leçons», notamment, en ce cas, en faisant mine de ne pas comprendre que la position de Kadhafi est celle du leader libyen, et en même temps celle du président en exercice de l’UA, organisation qui par ailleurs s’est prononcée sur cette question.
Le Maroc refuse de se rendre à l’évidence et de voir la vérité en face, en se murant dans sa démagogie et en déployant une arrogance à l’endroit de la communauté internationale, à commencer par les résolutions de l’Onu, attitude que seul Israël peut lui envier en matière de mépris et d’outrecuidance.
Sauvé pour le moment par le tourisme, et c’est tant mieux pour le peule marocain qui par ailleurs ne mérite pas d’être ainsi gouverné, c’est ce même tourisme qui va finir par dévoiler aux yeux du monde la vérité sur ce régime d’un autre âge. Les dénonciations contre le déni de liberté du peuple sahraoui et contre les tortures, répressions et atteinte des droits de l’homme fusent de toutes parts. Et ça va continuer de plus belle.
N.S.
Le palais royal illustre on ne peut mieux la formule du général Giap «l’impérialisme est un mauvais élève, qui n’apprend pas ses leçons», notamment, en ce cas, en faisant mine de ne pas comprendre que la position de Kadhafi est celle du leader libyen, et en même temps celle du président en exercice de l’UA, organisation qui par ailleurs s’est prononcée sur cette question.
Le Maroc refuse de se rendre à l’évidence et de voir la vérité en face, en se murant dans sa démagogie et en déployant une arrogance à l’endroit de la communauté internationale, à commencer par les résolutions de l’Onu, attitude que seul Israël peut lui envier en matière de mépris et d’outrecuidance.
Sauvé pour le moment par le tourisme, et c’est tant mieux pour le peule marocain qui par ailleurs ne mérite pas d’être ainsi gouverné, c’est ce même tourisme qui va finir par dévoiler aux yeux du monde la vérité sur ce régime d’un autre âge. Les dénonciations contre le déni de liberté du peuple sahraoui et contre les tortures, répressions et atteinte des droits de l’homme fusent de toutes parts. Et ça va continuer de plus belle.
N.S.
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