La première qualité d’un homme politique n’est-elle pas de s’adapter aux circonstances et aux contingences du temps? C’est ce qu’on appelle communément pragmatisme. On a vu beaucoup d’éminents hommes politiques, qui, pour durer (ou pour rester au gouvernail), ont brûlé ce qu’ils ont adoré la veille (ou vice versa). On en a vu qui, après avoir financé, entretenu des groupes terroristes, sont devenus un beau jour des pacifistes bêlants, des militants de l’antiterrorisme. Tout cela parce que leur fauteuil était menacé. Alors, que penser d’un homme politique qui s’entête dans ses convictions?
C’est la réflexion provoquée par les dernières déclarations du ministre des Affaires religieuses et des Wakfs, qui a tenu à marquer la rentrée politique par un surprenant discours: «Le hadj aura lieu, même sans vaccin!» Cela n’est pas sans rappeler la célèbre boutade de Kaïd Ahmed, qui avait dit non sans humour: «Le plan quadriennal sera réalisé, même en dix ans!» Tout cela dit, pour marquer le fossé qui se creusait entre le commandant Slimane et le colonel Boumediène.
Mais, en 2009, entendre un ministre exprimer son obstination en ce qui concerne le cinquième pilier de l’Islam, est ahurissant. D’abord, il faut rappeler que les voies officielles ont tenu des propos rassurants quand des cas de grippe due au virus H1N1, ont été signalés de par le monde: l’Algérie est une île bien protégée. Puis quand les premiers cas importés se sont déclarés ici et là, même son de cloche: toutes les mesures sont prises pour éviter une propagation du virus, alors que dans beaucoup d’autres pays, des cas se sont avérés mortels, en Arabie Saoudite comme ailleurs.
Le pèlerinage étant le lieu de rencontre par excellence d’individus venant de tous les coins du monde, il apparaît comme inévitable que c’est le lieu de brassage, d’association et de mutation de toutes les bactéries, tous les bacilles et tous les virus de la planète: seul un discours obscurantiste peut essayer de voiler la réalité du danger et ce n’est pas en versant dans le fatalisme qu’on pourra rassurer toutes les bonnes volontés soucieuses d’effectuer un rite précieux attendu depuis longtemps.
Il est à noter que les autorités éclairées saoudiennes, qui ont demandé aux pèlerins de se faire vacciner contre la grippe saisonnière et contre la grippe porcine, sont contredites par le mutisme des services algériens concernés par les mesures sanitaires à prendre en ce qui concerne le pèlerinage. Quand on pense que l’importation du vaccin contre la grippe saisonnière connaît un inexplicable retard (est-ce dû au crédit documentaire?), on ne peut qu’être inquiet quant à la réception éventuel de vaccins contre la grippe porcine, d’autant plus que les spécialistes internationaux déconseillent les vaccins habituels contre le virus responsable de la pandémie.
Si, habituellement, l’organisation du Hadj est confrontée à des problèmes de logistique, (transport, prise en charge des pèlerins), cette année, c’est un problème de taille auquel sont exposés les candidats au pèlerinage. Et ce ne sont pas les déclarations tonitruantes ou intempestives qui règleront le problème. A moins de prendre une attitude toute philosophique à laquelle l’Algérien est habitué, grâce à cinq décennies d’improvisations et de se dire: «On ne risque rien, on est vacciné!»
Selim M’SILI
Concentré d'actualité et de chroniques tout droit sortis du "four" : Algérie, ainsi qu'un revue de presse de l'actualité algérienne.
dimanche 4 octobre 2009
Fréderic Mitterrand sauve Medi 1
«Les écrivains devraient mettre plus souvent les pieds dans la société civile.»
Tahar Ben Jelloun
Extrait d’une interview dans Lire - Mars 1999
Tahar Ben Jelloun
Extrait d’une interview dans Lire - Mars 1999
Le ministre français de la Culture et de la Communication, Fréderic Mitterrand, vient d’accorder dans son projet de loi de finances pour 2010 un crédit de 1,57 M€ à la radio franco-marocaine Médi 1. Cet argent devrait permettre à la télévision, qui connaît ces derniers temps quelques problèmes financiers, de se ressaisir.
56% de ce capital était détenu par Maroc Telecom et la CDG. Le reste des parts de participation revenait à hauteur de 30% à des actionnaires français et 14% à la radio Médi 1. Le 16 septembre, la chaîne est devenue publique après l’annonce de l’acquisition des parts françaises par la CDG. En finançant la radio et par extension la télévision, la France donne un coup d’appui à une télévision qui a toujours été contre le règlement du dossier du Sahara occidental. Comme dans les années 80, la radio privée Med 1 avait concurrencé la radio algérienne Chaîne III.
La chaîne de télévision privée marocaine Med 1 Sat est en train de concurrencer aujourd’hui l’Entv. La télévision privée marocaine qui n’a pas beaucoup d’audience au Maroc est en train de récolter son audimat en Algérie parmi les téléspectateurs algériens. Son programme est composé de documentaires diffusés déjà sur les chaînes françaises que la chaîne franco-marocaine avait achetés en package à bon prix.
Sans bureau, même à Paris, la chaîne achète seulement les images en brut. Elle oriente le discours selon la ligne éditoriale. Cette audience, elle la doit au traitement de l’information maghrébine, dont la chaîne franco-marocaine se fait la spécialiste. Néanmoins, c’est la première télévision à comprendre l’urgence d’un journal dédié exclusivement aux informations dans le Grand-Maghreb.
Elle sera suivie dans son traitement par Al Jazeera qui créera avec succès un Journal du Maghreb diffusé chaque soir à partir de 22h. Mais à ce jeu, Med 1 Sat en sortira gagnante, puisque tous les jours et toutes les 30 mn, le JT de Medi 1 Sat, récolte plus de téléspectateurs algériens à l’affût de toute information concernant l’Algérie.
Bilingue arabe-français, la chaîne diffuse des journaux télévisés, des magazines et des débats (talk-shows) et s’intéresse en particulier à l’actualité régionale du Maghreb. Elle émet 19 heures par jour. Sa grille s’est enrichie depuis le 13 septembre 2007 de nombreuses rubriques dont plusieurs magazines sportifs et documentaires. Avec le crédit de la France, le groupe Medi 1 soufflera quelques mois encore avant l’écran noir.
Amira SOLTANE
Le bébé avec l’eau du bain...
L’Eepad, provider Internet, en difficulté financière, va-t-il connaître le sort qui a été celui de maintes entreprises algériennes disparues ces dernières années au moment même où elles devenaient effectivement productives, avec pour conséquence des milliers de travailleurs sur le carreau? C’est en fait la question qui se pose aujourd’hui dès lors qu’il semble plus facile (aux autorités publiques) de se débarrasser de ces sociétés boiteuses que de tenter de récupérer ce qu’il y a de sain en elles, victimes de mauvaises gestions ou de malversations de leurs dirigeants.
C’est du moins l’impression qui prédomine à voir ces sociétés, qui promettaient tant, péricliter et disparaître du jour au lendemain. Cela a été le cas de l’Union Bank, de Khalifa Airways, de Tonic Emballage... pour ne citer que quelques- uns des cas qui ont défrayé la chronique ces dernières années. Faut-il alors croire que le privé n’a pas d’avenir dans notre pays? C’est aller un peu vite alors que de nombreuses entreprises privées ont parfaitement réussi dans leur domaine choisi, s’inscrivant en faux contre l’affirmation de non-viabilité d’une économie non étatique.
Il semble plutôt qu’il n’existe pas une culture économique et financière en Algérie qui permette de minimiser les dégâts. Or, c’est exactement le contraire qui est observé, allant souvent dans le sens de la liquidation. Or, une société qui disparaît ce sont des milliers d’emplois en moins et des centaines de travailleurs mis au chômage technique.
Les mauvais gestionnaires, cela existe, ce n’est certes pas une raison suffisante pour sanctionner la société quand il suffit de condamner le(s) responsable(s) direct(s) de la banqueroute (P-DG, directeur général, gérant) sans porter atteinte à des entreprises qui font vivre des milliers de familles. C’est pourtant la formule des liquidations - par voie judiciaire qui a prévalu ces dernières années - de sociétés mal gérées ou en difficultés financières qui a prévalu. Le cas de l’Eepad ne diffère pas de beaucoup de ce qui s’est alors passé pour d’autres sociétés contraintes de mettre la clé sous le paillasson parce que l’on n’a pas cherché à leur trouver une politique de rechange.
Il est vrai que le libéralisme sauvage, mis en place en marge de l’avènement de l’économie de marché, a provoqué des richesses sans cause, et l’émergence d’apprentis capitalistes qui ont confondu gains faciles et richesse assise par le travail et la production. Raison de plus pour sauvegarder des entreprises qui, en dépit de la présumée corruption de leurs dirigeants, ont créé des richesses par la création d’emplois. Or, ces sociétés ont disparu avec la déchéance de leurs fondateurs.
Ce qui n’est pas normal en économie, d’une manière générale, en économie de marché plus particulièrement alors qu’il est possible de remettre à flot ces sociétés. Partout ailleurs dans le monde, l’Etat tente de sauvegarder des entreprises viables créatrices d’emplois - on l’a vu récemment aux Etats-Unis lorsque la banque fédérale a recapitalisé des sociétés à la dérive et leurs responsables priés de démissionner - en leur venant en aide, d’une manière ou d’une autre. Pourquoi cela ne fonctionne pas en Algérie où le couperet tombe rapidement pénalisant plus les travailleurs que le dirigeant responsable de la faillite de son entreprise?
Aussi, s’il faut condamner absolument des pratiques commerciales nuisibles, il ne faut pas pour autant remettre en cause l’existence de ces sociétés, comme cela a été malheureusement le cas pour de nombreuses entreprises victimes des errements de leurs responsables. De fait, ces turbulences commerciales pourraient, à terme, signifier l’échec total de la gestion d’un tel milieu dans notre pays, et l’incompétence rédhibitoire de nos dirigeants à gérer la chose économique. Ce qui serait une condamnation sans appel des dirigeants algériens à gérer l’économie. Ce qui serait terrible.
N. KRIM
C’est du moins l’impression qui prédomine à voir ces sociétés, qui promettaient tant, péricliter et disparaître du jour au lendemain. Cela a été le cas de l’Union Bank, de Khalifa Airways, de Tonic Emballage... pour ne citer que quelques- uns des cas qui ont défrayé la chronique ces dernières années. Faut-il alors croire que le privé n’a pas d’avenir dans notre pays? C’est aller un peu vite alors que de nombreuses entreprises privées ont parfaitement réussi dans leur domaine choisi, s’inscrivant en faux contre l’affirmation de non-viabilité d’une économie non étatique.
Il semble plutôt qu’il n’existe pas une culture économique et financière en Algérie qui permette de minimiser les dégâts. Or, c’est exactement le contraire qui est observé, allant souvent dans le sens de la liquidation. Or, une société qui disparaît ce sont des milliers d’emplois en moins et des centaines de travailleurs mis au chômage technique.
Les mauvais gestionnaires, cela existe, ce n’est certes pas une raison suffisante pour sanctionner la société quand il suffit de condamner le(s) responsable(s) direct(s) de la banqueroute (P-DG, directeur général, gérant) sans porter atteinte à des entreprises qui font vivre des milliers de familles. C’est pourtant la formule des liquidations - par voie judiciaire qui a prévalu ces dernières années - de sociétés mal gérées ou en difficultés financières qui a prévalu. Le cas de l’Eepad ne diffère pas de beaucoup de ce qui s’est alors passé pour d’autres sociétés contraintes de mettre la clé sous le paillasson parce que l’on n’a pas cherché à leur trouver une politique de rechange.
Il est vrai que le libéralisme sauvage, mis en place en marge de l’avènement de l’économie de marché, a provoqué des richesses sans cause, et l’émergence d’apprentis capitalistes qui ont confondu gains faciles et richesse assise par le travail et la production. Raison de plus pour sauvegarder des entreprises qui, en dépit de la présumée corruption de leurs dirigeants, ont créé des richesses par la création d’emplois. Or, ces sociétés ont disparu avec la déchéance de leurs fondateurs.
Ce qui n’est pas normal en économie, d’une manière générale, en économie de marché plus particulièrement alors qu’il est possible de remettre à flot ces sociétés. Partout ailleurs dans le monde, l’Etat tente de sauvegarder des entreprises viables créatrices d’emplois - on l’a vu récemment aux Etats-Unis lorsque la banque fédérale a recapitalisé des sociétés à la dérive et leurs responsables priés de démissionner - en leur venant en aide, d’une manière ou d’une autre. Pourquoi cela ne fonctionne pas en Algérie où le couperet tombe rapidement pénalisant plus les travailleurs que le dirigeant responsable de la faillite de son entreprise?
Aussi, s’il faut condamner absolument des pratiques commerciales nuisibles, il ne faut pas pour autant remettre en cause l’existence de ces sociétés, comme cela a été malheureusement le cas pour de nombreuses entreprises victimes des errements de leurs responsables. De fait, ces turbulences commerciales pourraient, à terme, signifier l’échec total de la gestion d’un tel milieu dans notre pays, et l’incompétence rédhibitoire de nos dirigeants à gérer la chose économique. Ce qui serait une condamnation sans appel des dirigeants algériens à gérer l’économie. Ce qui serait terrible.
N. KRIM
La farandole des chiffres
Chaque année, des milliers d’étudiants arrivent en bout de cursus, diplôme en main, mais ce diplôme, simple document administratif, ne leur permet pas de décrocher un job. Loin s’en faut. Ce qui fait de ces étudiants, sauf pour ceux dont les parents ont leurs entrées dans le système, d’“éminents chercheurs”.
La rentrée universitaire a lieu aujourd’hui, après des vacances inhabituellement longues. Comme chaque année, la farandole des chiffres sera certainement au rendez-vous. En effet, l’administration de l’enseignement supérieur se fera forte d’aligner encore des statistiques pour montrer que l’État y va fort de ses deniers afin de former pour le pays tant d’étudiants, tant de places pédagogiques, tant de lits, tant de professeurs… Ne dit-on pas pourtant que les statistiques, c’est l’art de mentir avec précision ?
Évidemment, il ne s’agit pas de faire peu cas des efforts, bien réels, des pouvoirs publics à assurer une formation universitaire à tous les bacheliers. Cela va de soi. Aujourd’hui, c’est cette formation même qui fait débat. Tous les observateurs honnêtes conviennent qu’elle n’est pas de qualité, qu’elle est en deçà des standards universels et, surtout, qu’elle est en déphasage avec les besoins du monde du travail et de la société, en général.
Chaque année, des milliers d’étudiants arrivent en bout de cursus, diplôme en main, mais ce diplôme, simple document administratif, ne leur permet pas de décrocher un job. Loin s’en faut. Ce qui fait de ces étudiants, sauf pour ceux dont les parents ont leurs entrées dans le système, d’“éminents chercheurs”. Des chercheurs d’emploi, s’entend.
Pendant ce temps, nos entreprises, notamment dans le secteur privé, se rabattent sur les expatriés, comme alternative à l’incapacité de l’institution universitaire à être le moteur de la croissance dans un monde où l’économie fait loi.
Il est clair que le quotient intellectuel de nos étudiants n’est pas en cause. Ce sont les objectifs pédagogiques, les contenus des programmes, les méthodes d’enseignement qui sont trop archaïques, trop obsolètes pour permettre à l’université d’être de son temps. L’instauration du système LMD, la mise en place de grandes écoles pourraient être une solution ? À condition qu’il ne s’agisse pas d’une énième entourloupette politique.
Par : Omar Ouali
La rentrée universitaire a lieu aujourd’hui, après des vacances inhabituellement longues. Comme chaque année, la farandole des chiffres sera certainement au rendez-vous. En effet, l’administration de l’enseignement supérieur se fera forte d’aligner encore des statistiques pour montrer que l’État y va fort de ses deniers afin de former pour le pays tant d’étudiants, tant de places pédagogiques, tant de lits, tant de professeurs… Ne dit-on pas pourtant que les statistiques, c’est l’art de mentir avec précision ?
Évidemment, il ne s’agit pas de faire peu cas des efforts, bien réels, des pouvoirs publics à assurer une formation universitaire à tous les bacheliers. Cela va de soi. Aujourd’hui, c’est cette formation même qui fait débat. Tous les observateurs honnêtes conviennent qu’elle n’est pas de qualité, qu’elle est en deçà des standards universels et, surtout, qu’elle est en déphasage avec les besoins du monde du travail et de la société, en général.
Chaque année, des milliers d’étudiants arrivent en bout de cursus, diplôme en main, mais ce diplôme, simple document administratif, ne leur permet pas de décrocher un job. Loin s’en faut. Ce qui fait de ces étudiants, sauf pour ceux dont les parents ont leurs entrées dans le système, d’“éminents chercheurs”. Des chercheurs d’emploi, s’entend.
Pendant ce temps, nos entreprises, notamment dans le secteur privé, se rabattent sur les expatriés, comme alternative à l’incapacité de l’institution universitaire à être le moteur de la croissance dans un monde où l’économie fait loi.
Il est clair que le quotient intellectuel de nos étudiants n’est pas en cause. Ce sont les objectifs pédagogiques, les contenus des programmes, les méthodes d’enseignement qui sont trop archaïques, trop obsolètes pour permettre à l’université d’être de son temps. L’instauration du système LMD, la mise en place de grandes écoles pourraient être une solution ? À condition qu’il ne s’agisse pas d’une énième entourloupette politique.
Par : Omar Ouali
« Fausses bonnes annonces »
Encore une fois, la procédure aura bon dos dans l’affaire du leader marocain, Mehdi Ben Barka, assassiné le 29 octobre 1965 à Paris. C’est elle, en tout cas, qui est mise en cause dans cette histoire de mandats d’arrêt internationaux émis par Interpol contre quatre dignitaires marocains, mais aussi vite retirés. En d’autres circonstances, il en est qui n’ont pas eu cette chance. Tout s’est passé très vite – quelques heures seulement – pour que l’optimisme s’efface avec brutalité devant l’inverse.
C’est ce que pense le fils de l’opposant marocain qui refuse de croire qu’il s’agit de virgule déplacée ou de paragraphes inversés, après avoir cru que le dossier était effectivement sorti de l’oubli et que la machine judiciaire était réellement lancée. C’était en tout cas sa première réaction et la plus logique, après des années d’attente, à la suite de l’annonce des quatre mandats d’arrêt.
Même si ce sentiment était ambivalent, et il avait totalement raison lui qui, malgré cette annonce, déclarait tout de même demeurer prudent devant la multiplication des « fausses bonnes annonces » tout au long de cette enquête.
Une joie éphémère que seule la raison d’Etat, comme lui-même le déclare, peut produire. « Un même ministère qui se déjuge en 24 heures, c’est une manifestation flagrante et cynique de la raison d’Etat », soulignait hier Bechir Ben Barka à la suite de la décision du parquet de Paris demandant la suspension de la diffusion des quatre mandats d’arrêt émis en octobre 2007 et pourtant avalisés par le ministère français de la Justice il y a quelques jours.
Evidemment, pas besoin d’attendre la moindre explication ou d’autres, celle qui est donnée étant jugée peu crédible ; une administration, quelle qu’elle soit, ne peut se permettre de telles erreurs, même si l’on cite Interpol, l’organisme de police international, comme étant celui qui demande des précisions. Est-ce une manière de donner du temps au temps et attendre que ce qui reste comme témoins ou acteurs encore en vie, vienne à disparaître ?
C’est en tout cas la crainte du plaignant qui rappelle avec force que « chaque année compte car les témoins vieillissent et nous n’aimerions pas que la vérité parte au fond d’une tombe ». Jouer le temps pour éviter que cette affaire qui avait fait grand bruit en raison des faits eux-mêmes, puisqu’un opposant a disparu en plein centre de la capitale française et de l’envergure de la victime suffisamment forte pour menacer le régime marocain.
Une affaire de gros bras et de barbouzes, dit-on, souvent sans jamais identifier quelque partie que ce soit jusqu’à l’année 2007 où un juge décide de quitter les pages du roman noir pour appeler les choses par leur nom et sortir sa liste. Avec des noms et pas n’importe lesquels. Et voilà que la machine se grippe. Même mort, Ben Barka marque avec force les relations entre la France et le Maroc, et la vérité que réclament sa famille et ses nombreux partisans fait peur visiblement.
Par T. Hocine
C’est ce que pense le fils de l’opposant marocain qui refuse de croire qu’il s’agit de virgule déplacée ou de paragraphes inversés, après avoir cru que le dossier était effectivement sorti de l’oubli et que la machine judiciaire était réellement lancée. C’était en tout cas sa première réaction et la plus logique, après des années d’attente, à la suite de l’annonce des quatre mandats d’arrêt.
Même si ce sentiment était ambivalent, et il avait totalement raison lui qui, malgré cette annonce, déclarait tout de même demeurer prudent devant la multiplication des « fausses bonnes annonces » tout au long de cette enquête.
Une joie éphémère que seule la raison d’Etat, comme lui-même le déclare, peut produire. « Un même ministère qui se déjuge en 24 heures, c’est une manifestation flagrante et cynique de la raison d’Etat », soulignait hier Bechir Ben Barka à la suite de la décision du parquet de Paris demandant la suspension de la diffusion des quatre mandats d’arrêt émis en octobre 2007 et pourtant avalisés par le ministère français de la Justice il y a quelques jours.
Evidemment, pas besoin d’attendre la moindre explication ou d’autres, celle qui est donnée étant jugée peu crédible ; une administration, quelle qu’elle soit, ne peut se permettre de telles erreurs, même si l’on cite Interpol, l’organisme de police international, comme étant celui qui demande des précisions. Est-ce une manière de donner du temps au temps et attendre que ce qui reste comme témoins ou acteurs encore en vie, vienne à disparaître ?
C’est en tout cas la crainte du plaignant qui rappelle avec force que « chaque année compte car les témoins vieillissent et nous n’aimerions pas que la vérité parte au fond d’une tombe ». Jouer le temps pour éviter que cette affaire qui avait fait grand bruit en raison des faits eux-mêmes, puisqu’un opposant a disparu en plein centre de la capitale française et de l’envergure de la victime suffisamment forte pour menacer le régime marocain.
Une affaire de gros bras et de barbouzes, dit-on, souvent sans jamais identifier quelque partie que ce soit jusqu’à l’année 2007 où un juge décide de quitter les pages du roman noir pour appeler les choses par leur nom et sortir sa liste. Avec des noms et pas n’importe lesquels. Et voilà que la machine se grippe. Même mort, Ben Barka marque avec force les relations entre la France et le Maroc, et la vérité que réclament sa famille et ses nombreux partisans fait peur visiblement.
Par T. Hocine
L’auguste assemblée…
Les députés ne sont en phase avec les préoccupations de la nation et celles des citoyens qui les ont élus que lors des campagnes électorales. La sentence semble excessive mais, hormis quelques exceptions, il faut dire que ce sont les députés eux-mêmes qui prêtent le flanc à de tels verdicts, qui les inscrivent en porte-à-faux avec la noble mission politique qui est la leur.
Le retard relatif aux questions orales, qui en réalité met dos à dos et dans le même sac ministres et députés, ainsi que le bureau de l’APN, est un exemple, parmi tant d’autres, sur ce grand écart entre la vocation et la réalité, c’est-à-dire la déviation. Passons sur l’absentéisme et sur d’autres péchés mignons, tels que l’ardeur sujette à suspicion, à se manifester devant les caméras.
Passons également sur les indemnités et autres privilèges, dont bénéficient les élus du peuple. Le problème de ces multiples écarts est d’ordre politique, parce qu’il y va du sens même à donner à la vie républicaine. Ce genre d’écarts, dès qu’ils se multiplient et prennent une ampleur démesurée, non seulement éclaboussent les députés intègres et sincères, mais portent également préjudice au sens de l’élection.
A la longue, le citoyen perd confiance en cet acte civique, parce qu’il voit qu’il est détourné. Et ce retrait de crédibilité se ressent directement sur le taux de participation, autant dire d’abstention, le jour du vote, pour élire «l’Assemblée des représentants du peuple».
D’ailleurs, c’est aux députés et aux partis de faire le ménage dans leurs propres rangs. Certains l’ont fait, et ils se reconnaîtront. D’autres ne l’ont pas fait, et ils se reconnaîtront également…
N.S.
Le retard relatif aux questions orales, qui en réalité met dos à dos et dans le même sac ministres et députés, ainsi que le bureau de l’APN, est un exemple, parmi tant d’autres, sur ce grand écart entre la vocation et la réalité, c’est-à-dire la déviation. Passons sur l’absentéisme et sur d’autres péchés mignons, tels que l’ardeur sujette à suspicion, à se manifester devant les caméras.
Passons également sur les indemnités et autres privilèges, dont bénéficient les élus du peuple. Le problème de ces multiples écarts est d’ordre politique, parce qu’il y va du sens même à donner à la vie républicaine. Ce genre d’écarts, dès qu’ils se multiplient et prennent une ampleur démesurée, non seulement éclaboussent les députés intègres et sincères, mais portent également préjudice au sens de l’élection.
A la longue, le citoyen perd confiance en cet acte civique, parce qu’il voit qu’il est détourné. Et ce retrait de crédibilité se ressent directement sur le taux de participation, autant dire d’abstention, le jour du vote, pour élire «l’Assemblée des représentants du peuple».
D’ailleurs, c’est aux députés et aux partis de faire le ménage dans leurs propres rangs. Certains l’ont fait, et ils se reconnaîtront. D’autres ne l’ont pas fait, et ils se reconnaîtront également…
N.S.
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