Concentré d'actualité et de chroniques tout droit sortis du "four" : Algérie, ainsi qu'un revue de presse de l'actualité algérienne.
dimanche 4 octobre 2009
L’environnement pas mûr des “Verts”
Jusqu’ici, l’EN n’a connu qu’empressements. Son sponsoring est couru par les grosses fortunes du pays et l’argent coule à flots autour de la FAF. Même l’État, en plus du budget légal, veut la sponsoriser ! C’est peut-être cet excès de liquidités qui a fait que la Fédération pense, rapporte-t-on, à engager des agences de communication pour vendre l’image de l’équipe nationale.
Ah ! les agences de communication. Quand on sait le nombre de pontes du régime qui se sont installés — quand ce n’est pas la fille ou le fils — en agences de communication au bout de la distillerie de la rente, il n’est plus nécessaire de se demander où va l’argent de l’image nationale. Le produit de communication étant la marchandise dont le prix est difficile à évaluer — et à contester —, l’activité constitue un moyen privilégié d’allocations occultes des ressources publiques.
Pour une fois que l’Algérie a un produit qui se vend sans avoir besoin de recourir au marketing, on veut tout de même dépenser. Car enfin, a-t-on besoin de soigner l’image d’une équipe autrement que par ses performances ?
À mesure que le pays tend à se résumer, en termes de propagande, à ses “Verts”, l’équipe nationale attire sur elle toutes les stratégies. Les groupes d’affaires y investissent leur réputation, les équarrisseurs de trésoreries institutionnelles par “boîtes de communication” interposées, aiguisent leurs couteaux, les dirigeants de club se révoltent de voir la défense des couleurs nationales entièrement sous-traitée à la diaspora sportive ! C’est le cas de l’entraîneur du MCA.
C’est aussi le cas du président de la JSK qui va jusqu’à prévenir que la Kabylie n’a pas avalé l’omission de Meftah et de l’imam Achiou. Tiens ! Celui qui “ne fait pas de politique” quand, dans l’épreuve, des voix kabyles le sollicitent, s’exprime au nom de la région quand il veut faire pression sur les structures officielles et que les arguments sportifs lui font défaut.
Le niveau du championnat national vient d’être illustré par le dernier match international de club à Sétif : trois à zéro contre un modeste adversaire africain.
Peut-on échapper au choix de Saâdane ? Non. Juste qu’il n’est pas bon d’en faire le voile d’une faillite de la politique nationale des sports et le support de la propagande politique.
Même s’il est compréhensible que dans le contexte actuel de naufrage, tout le monde veut s’accrocher à cette bouée de sauvetage : les entreprises, les clubs, les orpailleurs de la rente, les propagandistes politiques et religieux…
Destinée à faire ce qu’elle peut pour aider au maintien d’une unité nationale menacée par les échecs, les manipulations de toutes natures, voilà cette équipe agressée par l’affairisme et le chauvinisme.
Comme cela arrive à chaque fois que, chez nous, quelque chose a l’air de réussir, la voici qu’elle risque de se transformer en pomme de discorde !
Par : Mustapha Hammouche
Licoul et la pidagougie !

Par Hakim Laâlam
Email : laalamh@yahoo.fr
aux passeports et aux cartes d’identité, il n’a
jamais été question de mettre en circulation des cartes
d’électeur biométriques.
On s’en doutait un peu aussi…
Au début, j’ai cru à une faute de frappe ou à une inversion de chiffres. Ensuite, j’ai relu l’article du correspondant d’ Al-Khabar à Laghouat, et là, assurément, il ne pouvait s’agir d’erreur ou de mauvaise manipulation typographique. Le confrère a bien fait son boulot et a enquêté de manière sérieuse. Dans une école de la région de Laghouat, les élèves sont entassés à… 63 dans une seule salle de classe. Ya bouguelb ! Moi, je convoquerai le directeur de cette école, non pas pour le sermonner ou le sanctionner, mais plutôt pour l’interviewer. Et avec déférence, s’il vous plaît ! Ainsi, je lui demanderai quelle méthode magique il utilise pour faire entrer 63 enfants dans une seule classe. Est-ce qu’il les lyophilise, comme on lyophilise les soupes pour faire tenir les gros légumes dans le petit sachet d’emballage ? Dispose-t-il, dans le plus grand secret, sans que les services de sécurité du pays, le MDN et tout ce que compte l’Algérie comme grandes oreilles ne soient au courant, d’une machine à rétrécir les enfants ? Une fois les mioches casés à l’intérieur de la classe, fait-il appel à un régiment de malabars, de videurs, de gros bras pour peser de tout leur poids sur la porte et la refermer ? Le port du masque à oxygène étant, je l’imagine, obligatoire dans cette salle, la direction de l’école le met-elle gratuitement à la disposition des 63 écoliers ou leur fait-elle payer une somme forfaitaire de location ? Profs et élèves sont-ils suivis par les mêmes psychiatres ? Et ces psychiatres sont-ils eux-mêmes suivis par des talebs assermentés ? Si un enfant a un besoin pressant, un pipi ou plus, les 62 autres camarades, plus leur prof, doivent-ils lui faire la courte échelle afin qu’il sorte de la classe par la trappe d’aération située dans le plafond ? Si plusieurs élèves doivent aller au petit coin en même temps, doit-on aviser l’AIEA, l’Agence internationale pour l’énergie atomique ? Et puis, dernière question tout aussi importante que les précédentes : les responsables du Guinness Book sont-ils au courant qu’en 2009, en Algérie, dans le pays des blouses roses et bleues, il existe des classes de 63 élèves ? Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.
H. L.
Envie d’une godasse ?
Ils sont devenus au fil du temps un sanctuaire des disciples de Satan. Un endroit qui, dès la nuit arrivée, se transforme en coupe-gorge ou se pratiquent l’alcool, la drogue, occasionnellement le sexe. Les gens et les parents d’élèves de l’école du quartier veulent en finir avec cette situation et ses dangers. De même, la municipalité de Bab El-Oued, mais sans y arriver.
Les responsables n’osent pas la décision. Pour cause, on nous dit que l’ambassadeur des Etats-Unis est opposé à la démolition parce que c’est lui qui a en charge la synagogue. Tiens ? La synagogue de l’ex-rue de Dijon n’est-elle pas une bâtisse algérienne jusqu’au bout des ongles fréquentée par des juifs qui sont algériens jusqu’à la moelle épinière ?
Qu’on nous explique alors au nom de quoi les Etats-Unis s’ingèrent-ils dans les affaires algéro-algériennes, alors qu’on invoquerait la souveraineté nationale et qu’on mobiliserait les wilayas historiques, y compris la W7, si jamais le sultanat d’Oman osait un dollar troué en faveur des lieux de culte ibadites. Alors que le P/APC assure avoir saisi vainement le Consistoire juif à Blida, on nous dit que nos responsables évitent de s’impliquer dans l’affaire.
Nos enfants ont-ils à leurs yeux moins de valeur que Guilad Shalit n’en a pour les pilleurs d’organes ? Le P/APC de Bab El-Oued doit des comptes à la population qui lui a délivré son mandat et non pas à une puissance étrangère qui a du mal à masquer sa soumission au sionisme.
Attendre depuis huit ans une réponse qui éviterait un drame certain alors qu’elle mettrait moins de temps si elle était confiée à une limace ne procède pas tellement d’une attitude souveraine. La guerre de libération a moins duré et les Algériens ne l’avaient pas entreprise juste pour changer de maître et s’accommoder d’un joug cette fois yankee.
Par Mohamed Zaâf
L’idée de M. Temmar
Des réunions se tiennent, des idées sont avancées, au milieu de la grogne alimentée par l’interdiction faite de débarquer des véhicules au port d’Alger qui recevait la totalité des voitures importées. A l’évidence, le flux des véhicules importés va baisser, le marché de l’occasion refait surface avec tous les aléas qui vont avec et le consommateur qui espérait acquérir à crédit une voiture neuve devra remiser ses espoirs, se rabattre sur l’occasion cash s’il en a les moyens ou attendre une hypothétique offre nationale.
Cette dernière, et elle seule, peut satisfaire les citoyens habitués au crédit offert par les banques, favoriser la demande à la consommation, tant que le crédit automobile est proscrit. Jusqu’à quand ? Le premier danger serait que l’Algérie se tourne en matière de parc automobile vers le marché de l’occasion, augmentant le nombre de vieilles carcasses dont les inconvénients sont évidents et nombreux.
Un véhicule d’un âge avancé pollue et consomme de la pièce, de l’énergie et induit des dépenses de santé à cause des accidents provoqués. Or, il se trouve que le marché algérien qui est solvable, important, est aujourd’hui dans une phase critique sans aucune perspective pour l’automobile, avec la suppression du crédit. La solution idéale est, bien entendu, une production locale de véhicules dans tous les genres, soutenue par le crédit, avec des industries de pièces détachées, qui, elles aussi, sont forcément importées. Tout comme une série d’importations taries par la LFC 2009.
Cependant, la réalité de l’industrie nationale est telle que la production de véhicules in situ n’est pas une mince affaire qui serait réglée en un laps de temps relativement court. On en parle, on produit des discours, sachant que, dans ce domaine, la faisabilité ne peut-être abordée qu’avec des géants d’Europe et d’Asie.
Allons-y. Le ministre de l’Industrie et de la Promotion des investissements a lancé dernièrement une belle idée qui consiste à réunir dans un cadre des experts nationaux qui auraient la mission d’intervenir dans la recherche, le développement et l’innovation industriels. L’idée est fort séduisante, pertinente à condition qu’elle ne reste pas un slogan creux comme l’a été le fameux appel adressé à la matière grise algérienne établie à l’étranger pour finir en eau de boudin.
L’avantage premier qu’a M. Temmar est que cette expertise réside en Algérie, se manifeste à l’université, en éditant des écrits et en proposant des axes régulièrement dans la presse privée. L’idée peut-être suivie par d’autres ministères qui gagneraient à ne pas se contredire sans cesse et ne plus afficher un vide en matière de réflexion et de projets viables. Et mieux vaut tard que jamais.
Par Abdou. B.
Avec ou sans Al-Qaïda
Depuis les attentats du 11 septembre, tout a changé. Les Américains, surtout, ont fait un virage à 180 degrés. Inquiétés et même angoissés par les vulnérabilités de leur dispositif de sécurité, et surtout par l’incapacité de leurs services de renseignements à prévoir ces attentats et à les faire échouer, ils étaient prêts à s’engager sur toute piste pouvant indiquer qu’ils progressaient dans la bonne direction.
Les Etats-Unis viennent de réadopter la même position à l’égard du terrorisme qu’ils avaient prise avant les attentats du 11 septembre. Ils considèrent, maintenant, que c’est la filiation des groupes armés à Al-Qaïda qui constitue une menace pour le monde entier.
Il y a, ainsi, dans la perception américaine une discrimination à faire entre les groupes armés dans les pays arabes ou maghrébins selon que ceux-ci exercent la violence exclusivement dans leurs pays d’origine ou internationalisent celle-ci pour l’exercer sur le territoire américain et dans d’autres pays.
S’agirait-il de considérer que le mouvement des groupes armés qui existe en Algérie est un mouvement nationaliste, comme il a été soutenu par un Libanais sur un plateau de télévision française, pour expliquer pourquoi la liste des auteurs des attentats du 11 septembre ne comportait aucun Algérien ?
S. I.
Veto sans vote !
La menace, qui pèse sur la formation d'un conglomérat d'islamistes et caciques de l'OLP, n'est pas venue des bords du Nil mais de la banlieue de Genève. Précisément du conseil onusien des droits de l'homme, où le rapport sur les crimes de guerre commis lors de l'invasion de Ghaza n'a pas fini de monter la sauce.
Après la critique acerbe du contenu des 500 pages, rédigées de la main du juge Richard Goldstone, c'est le vote qui pose à présent problème.
A cause des réticences émises par les traditionnels défenseurs de l'Etat hébreu ? Pas tout à fait. Si le vote a été ajourné jusqu'à la prochaine cession du conseil des droits de l'homme, c'est en raison d'un accord passé en catimini entre l'Autorité palestinienne et les Etats-Unis.
Les deux parties se seraient entendues lors de la tripartite à Washington qui n'a suscité l'espoir que chez le seul président Obama. Le pacte de la traîtrise, a dénoncé le chef politique du Hamas à partir de Damas. De la haute trahison à l'adresse des martyrs de Ghaza. Initié à la «fauconisation» par la droite de la droite israélienne, Ehud Barak peut visiter la tour de Londres sans être inquiété.
Pas un juge n'osera lui demander des comptes, le rapport Goldstone va être remis au fond du tiroir, à la merci des moisissures. Au bonheur du gouvernement Netanyahu et de celui de l'administration Obama qui évite ainsi de brandir son veto au Conseil de sécurité.
Pourtant, il devra s'y faire, aucune administration américaine n'a pu échapper par le passé à cet exercice de sauvetage à chaque fois que l'Etat hébreu s'est retrouvé dos au mur.
Ses responsables politiques devront aller prier devant celui des lamentations, l'accord tacite américano-palestinien vient de les tirer comme un cheveu de la soupe. En échange de quoi ? De la reprise des négociations de paix ! Parce que Tel-Aviv a fini par accepter le gel de la colonisation au-delà des neuf mois initiaux ?
Aux dernières nouvelles, l'Etat hébreu n'a pas déplacé d'un millimètre sa ligne rouge. A moins que George Mitchell réserve cette surprise pour les fêtes de fin d'année.
Un beau cadeau de Noël qui n'en sera pas vraiment un, la résolution du conflit palestino-israélien ne repose pas sur le gel de la colonisation mais seule la reprise des pourparlers qui en est tributaire. En prenant le risque de favoriser une paix insaisissable sur la «traduction» de l'Etat hébreu devant le Conseil de sécurité, à défaut du box des accusés de la CPI, Mahmoud Abbas aurait-il commis l'irréparable, aux yeux de l'opinion publique palestinienne ?
Si des législatives venaient à être organisées bientôt, le Fatah ressentirait fortement l'onde de choc dont il est l'unique responsable.
Evidemment, ce qui tournerait à l'avantage du gouvernement de Ghaza qui n'a pas donné l'impression de vouloir se taire sur ce ratage historique qu'Abou Mazen a jugé nécessaire de provoquer au nom de la fuyante paix.
Il aura beau être rassurant sur le fait que le vote au conseil des droits de l'homme a été renvoyé et non pas annulé, plus grand monde ne prendra le temps de se laisser convaincre. A moins que dans la maison Fatah, on détient le secret de battre le fer même une fois refroidi.
Ce qui est beaucoup moins éphémère, c'est la crédibilité de l'Autorité palestinienne qui vient d'être remise en jeu. Mais qui aurait pu imaginer que les cartons rouges… à blanc soient si rapidement ramassés du tapis vert ? Assurément, d'un tout autre genre, ce veto sans vote restera dans les annales.
Par Anis Djaad
Rio, la magie sans ses démons
Mais voilà, il se trouve que le verdict des délégués du CIO, en plus du fait qu'il nous a habitués à ce que les choses, dans le cas précis, ne sont jamais entendues d'avance, nous rappelle à chaque échéance qu'il reste encore dans ce monde suffisamment d'humanité, y compris dans les espaces qu'on peut imaginer, avec une certaine légitimité en plus, irrémédiablement acquis aux plus forts.
C'est peut-être le confort de ces certitudes qui a fait d'ailleurs qu'on n'a jamais vraiment pu comprendre comment une ville comme Paris a essuyé autant de revers, comment Athènes a pu être préférée à Tokyo ou pourquoi Rio de Janeiro et Madrid avaient laissé Chicago dans le rétroviseur avant que le choix définitif ne se porte sur le pays de Lula.
Ce dernier, en président atypique, s'est déplacé personnellement pour vendre l'image d'une métropole qu'il veut définitivement arracher aux clichés du gigantisme fêtard dans la misère de ses favelas et le crime urbain dans ses rues impitoyables.
Auréolé du nouveau statut de son pays désormais pays émergent, il sait pourtant que ce n'est pas suffisant. Pas pour organiser les Jeux olympiques mais pour placer son pays dans la continuité d'une trajectoire déjà assez nettement esquissée.
A côté de la samba, du carnaval et des plages en folie, Rio inspire maintenant autre chose que la pauvreté et l'assassinat d'enfants de rue.
Et puisqu'il faut bien des images de substitution pour conjurer les vieux démons, le sport en est une, à portée de main d'un monde toujours avide de références légendaires. Pelé était là, à Copenhague, pour rappeler que le ventre de son pays était en perpétuelle grossesse de beauté.
Alors, il a dit au monde, à la suite de Lula, que le Brésil attendait la terre parce que les brésiliens, dans une extraordinaire communion, espéraient de ce rendez-vous et ce qu'ils pouvaient lui imprégner comme générosité. Quelques heures avant le verdict, Lula avait lancé à l'adresse des délégués du CIO : «La ville est prête, donnez-nous cette chance.» Ils la lui ont donnée, cette chance.
Alors que la délégation brésilienne se congratulait dans cette salle de Copenhague, explosait Copacabana, sonnant la mesure de ce que le monde des sports a comme chance de se retrouver à Rio. Parce que Rio est peut-être une chance tout court.
Slimane Laouari