Concentré d'actualité et de chroniques tout droit sortis du "four" : Algérie, ainsi qu'un revue de presse de l'actualité algérienne.
jeudi 1 octobre 2009
Efficacité et dépendance
Nous ne sommes pas dans les secrets des dieux, mais ceci dit il est peu probable que l’attaque programmée contre les groupes islamistes armés intervienne à très court terme. Nul besoin en effet d’être un stratège militaire pour deviner qu’un tel projet a besoin d’un minimum de préparation. Au-delà des exigences que peut imposer ce genre de mission, il n’est nul besoin de dire que les armées concernées doivent d’abord et avant tout apprendre à travailler entre elles. C’est ce qui est appelé dans le jargon miliaire l’interopérabilité.
Et ce n’est pas faux de dire qu’il s’agit déjà là de tout un programme à mettre en œuvre avant de parler de quoi que ce soit d’autre. Ceci dit, la remarque ne diminue en rien du mérite des pays qui ont décidé de prendre le taureau par les cornes et de dépasser leurs divergences pour donner un grand coup de pied dans la fourmilière du terrorisme.
Un grand mérite parce qu’il était impensable il y a une année encore, au vu surtout des enjeux et des intérêts divergents qui minent la région du Sahel, de voir ces pays collaborer dans un domaine aussi sensible que celui de la lutte contre le terrorisme.
Est-ce que maintenant l’offensive contre les bases d’Al Qaîda au Maghreb et des narcotrafiquants portera ses fruits ? Les experts sont de plus en plus nombreux à dire qu’une coopération classique et conjoncturelle ne saurait suffire pour venir à bout militairement d’Al Qaîda.
La constitution d’un état-major permanent regroupant l’ANP et les forces armées des pays du Sahel se pose aujourd’hui, selon eux, comme une nécessité vu la forte amplitude de la menace terroriste. Compte tenu de l’expérience passée, la bataille ne peut se gagner aussi que grâce au renseignement et à la collaboration des Touareg, grands connaisseurs du terrain.
Cela suppose, bien évidemment, un règlement définitif du problème de la rébellion touareg. Pour minimiser l’intervention de puissances extra-africaines (celles-ci pourraient avoir des visées autres que purement sécuritaires), il devient plus qu’indispensable pour l’Algérie de disposer d’un satellite militaire capable de balayer le moindre coin et recoin d’une région actuellement dépourvue, en grande partie, d’une couverture radar digne de ce nom.
C’est à cette seule condition que la bataille contre le terrorisme pourra être véritablement gagnée et que les pays du Sahel pourront acquérir une autonomie véritable en matière de sécurité. Sans cela, ils resteront limités dans leurs actions et exposés à toutes les manipulations.
Par Zine Cherfaoui
Septembre, l’exquise saison de «Toche»…
Dans les cieux délavés
Voguent les voiles
Sur les mers oubliées
Toche ma plage
Tu ne vieillis jamais
La colline enrage
D’être la mal-aimée
Toche des dépités
Des pauvres des aisés
Des bonheurs décapités
Des illusions rasées
Tu brilles dans ma tête
Comme un feu d’antan
Et fait la fête
Dans les Santons
C’était un ami et la guitare
Moustaki chantait
Sous le phare
Qui nous hantait
C’était la jeunesse
Le cœur en diagonale
Nous chassions la tristesse
A l’horizontale
Vingt ans à la pendule
Morsure de l’été
Sur nos chairs incrédules
De passions allaitées
Toche de l'apparence
Mère des faussetés
Tu tournes tu danses
Dans les vies époussetées
Toche l’incomprise
Je nage dans tes humeurs
Ton regard méprise
Et attise la fureur
Je t’aime en automne
Quand part l’été
Quand revient le cyclone
Des amours à satiété
Je t’aime en septembre
Sans la foule
Je t’aime dans la pénombre
Sans la houle
Je t’aime tranquille
Posée comme un parasol
Loin de ta ville
Et des folies en farandole
Je t’aime sous l’orage
A midi pile
Quand ferme la plage
Et somnole la ville
Je t’aime la nuit
Pluies de perles
Sur ton cou ébloui
Quand l’extase déferle
Toche mon ivresse
Camarade retraitée
J’adore tes caresses
Dans les nuits agitées
Il pleut
Je suis à l’Escale
Les yeux dans le bleu
Le cœur en cavale
Vient
Le soir, obscur
Mon cœur, le tien
Le doux murmure
Elle vit
La mer sauvage
Et me ravit
De son ramage
Elle frémit
Dans son sommeil
Et gémit
A son réveil
Posé
Le soleil d’hiver
Tendrement arrosé
De nos verres
Entêtés
Les miroirs en face
La mer répétée
Sur toutes les glaces
Il pleut
La ville tombe
Dans le creux
De l’hécatombe
Orages
Le torrent ravage
Ton rivage
Tes coquillages
Abîmée
Ma ville avalée
Brimée
De pluie ravalée
Noyée
De boue maquillée
Broyée
Dans ses allées
Ton présent
Ton passé ton futur
Machine sans raison
Sans culture
Où sont
Tes palais, tes danseurs
Tes chansons
Tes chœurs
Accablée
Comme un cheval
Ville affublée
Pour les carnavals
Dans le silence et le noir
Des jeunes, j’ai vu partir
Les yeux garnis d’espoir
Malgré l’approche du pire
Toche port d’infortune
Ici les bourses saignent
Pour une virée en
Sardaigne
Chargée de rancune
Toche de là-bas
Près du sable d’or
Toche d’en bas
Des faibles des forts
Toche des clopes
Vendues par le manchot
L’espoir fait flope
Sous le gravier chaud
Au Palmier, pas de mer
Juste un bout de liberté
Et des filles mères
Sans puberté
Le pêcheur est mort
D’avoir chassé la peur
Et traqué le mauvais sort
Dans les nuits de frayeur
Toche des aurores
Pâles comme une insomnie
Comme un soleil mort
Une barmaid dans un taxi
Les filles s’en vont
Les bonniches viennent
L’amour dorénavant
Sera sans étrennes
Bamako, on t’a fermé
A cause du Général
Nuits fermentées
Le cimetière est pâle
Toche adieu
Je repars vers mon village
Le cœur radieux
La tête pleine d’images
Et dans le frimas des plaines
Et le silence de Madaure
La mer n’aura aucune peine
A serrer mon cœur très fort
Je reviendrai c’est sûr
Pour larguer des vers
Verts ou mûrs
Au-dessus de la mer
Le temps guérira
De toutes les maladies
Le temps périra
D’avoir trop dit.
(Toche, 28 septembre 2009)
M. F.
N.B. : La suite de «La Grande harba» dans l’édition de jeudi prochain.
On ne vous demande pas la lune, vous seriez capables de l’éteindre !

Par Hakim Laâlam
Email : laalamh@yahoo.fr
La tombola !
Un égout. Juste un égout. Egout, bark ! Egout, hachakoum ! Apprendre comment et de quoi est fait un égout. Décrypter le mode de fonctionnement d’un égout. Faire et refaire jusqu’à n’en plus pouvoir des croquis d’égout. Dessiner un égout dans le moindre de ses détails. Chercher à comprendre comment est venue l’idée de l’égout à l’homme. Remonter jusqu’au premier égout conçu et fabriqué par la civilisation humaine. Répertorier les différentes sortes d’égouts. Cartographier les égouts de nos cités. Rédiger, distribuer et enseigner aux concernés un manuel traitant de l’entretien des égouts. Avant que de lancer en grande pompe dans le ciel Alsat 1, le premier satellite algérien. Avant d’annoncer triomphalement le choix révolutionnaire pour les toutes prochaines années de l’énergie solaire. Avant d’affirmer que les voitures seront bientôt construites ici même. Avant de promettre l’interconnexion CIB de tous nos commerçants et l’usage généralisé du paiement par carte de tous nos achats avant la fin 2011. Avant de vanter notre savoir-faire en matière de construction de trémies. Avant de bomber le torse devant les avancées de notre nucléaire civil. Avant de brandir comme des performances inouïes le clonage de l’ENTV en une myriade de petites sœurs aussi hideuses que l’aînée. Avant de prétendre câbler tous les immeubles du pays en connexion téléphone, Internet et satellite avant la fin 2010. Avant de rouler des mécaniques parce qu’on a remplacé le traditionnel billet d’avion par une version électronique. Avant de vouloir tous nous doter de passeports et de cartes d’identité biométriques. Avant de transformer le pays en vaste distributeur automatique de normes bidons ISO machin chose et label machin chouette. Avant tout cela, avant touuuuuuuuuuuuuut cela, juste maîtriser un égout. Ne pas vous faire déborder par un misérable petit égout. Ne pas nous laisser nous faire engloutir par un minable égout. Juste ça, Allah yarham babakoum ! Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.
H. L.
Venez, venez tous…
Ce qui fait qu’on a rangé les éventails, des instruments aux conséquences surprenantes dans les dialogues algéro-français. D’autant qu’il y a longtemps qu’il n’y a plus de mouches à Alger comme dans le temps, ni de provocation à craindre non plus du côté de la zaouïa el-alawia, déjà pacifiée durablement du temps des… mouches.
Pour les Algériens, Marseille n’est pas n’importe quelle ville. Chez nous, on lui voue une sympathie particulière depuis que feu Gaston Defferre invita en 1962 la secte des Delta, alors en fin d’exercice chez nous, d’«aller se faire réadapter ailleurs». Mais cela suffit-il pour décider les autorités d’un Etat à retenir des choix contraires à ses intérêts nationaux ?
En s’invitant à El-Mouradia, les Marseillais ne donnent pas l’impression de vouloir forcer la main à l’Algérie mais de venir juste défendre leur croute. Légitime ! On ne peut que déplorer l’absence de telles initiatives chez les nôtres ! Marseille ne veut pas suivre la piste incertaine des relations algéro-françaises et sait que «qui part à la chasse perd sa place».
Les Marseillais à qui nous souhaitons bonne chance ne sont pas les seuls à penser à se rendre à Alger. Ils y ont été précédés par l’américain Paul Burkhead, venu lui aussi en ces temps de crise plaider la cause des opérateurs de son pays. Les faux pas français en Algérie, prémédités ou non, font saliver bon nombre de capitales occidentales.
Ainsi, d’ici à la fin de l’année en cours, Alger accueillera, entre autres, deux ministres – Défense et Intérieur – de la Grande-Bretagne avec la perspective d’un contrat d’armement de 5 milliards de dollars, plus d’une demi-douzaine de délégations économiques allemandes avec un intérêt particulier pour le secteur financier et, bien entendu, Silvio Berlusconi, le président de l’entreprenante Italie. Un «bienfaiteur» de perdu, dix de retrouvés, pourrait-on dire !
Par Mohamed Zaâf
Réagir, et vite…
Les criminels de la route poursuivent leur macabre œuvre de confortement des deuils, et les pouvoirs publics ne peuvent rester les bras croisés devant une telle calamité, un tel désastre, une telle catastrophe. Certes, les autorités ont fait ce qu’elles ont pu, mais les résultats signifient que les mesures édictées ont été soit insuffisantes, soit «à côté de la plaque».
L’Algérie peut et se doit de faire l’économie de ce fléau dramatique et la tolérance zéro ne devrait pas être un mot d’ordre vidé de son sens ou remisé aux oubliettes sitôt finie la «campagne» de sensibilisation. Copier ce qui se fait sous d’autres cieux, pour peu qu’on aboutisse aux mêmes résultats, c’est-à-dire diminuer le nombre de morts et de blessés, est un acte à ne soumettre à aucune gêne, mais au contraire à assumer avec fierté.
C’est la fin qui justifie l’inspiration, voire le plagiat, lorsqu’il y va de la vie des nos concitoyens. Il faut être imaginatif, à commencer par considérer comme un véritable criminel et un assassin, celui qui, par sa négligence et sa conduite, conduit à un massacre. Ces chauffards sont sans pitié. Alors, tout simplement, il faut sévir con-tre eux et les condamner… sans pitié. Il y a péril en la demeure.
N.S.
mercredi 30 septembre 2009
Chadi, Madi, ma tête m’a dit !
Rivoire, j’me dis que me ferais bien une balade aux
commandes d’un…
… hélicoptère de combat !
J’y crois pas ! Nos responsables sont venus ces dernières heures nous dire, entre deux yeux et deux averses, qu’ils reculaient sur la question de la zone de libre-échange avec les pays arabes, et que les flux commerciaux, dans ce cadre, nous désavantageaient fortement. Ni une ni deux ! Une fois lue et entendue cette incroyable information, je suis allé dans mes archives.
Pour y trouver ce que je savais y trouver avant même de chercher, n’ayant quand même pas perdu toute ma tête ni toute la partie de mon cerveau dédiée à la mémoire : des déclarations des mêmes responsables datant de plusieurs mois et nous vantant tous les avantages que nous aurions à tirer d’une adhésion rapide à la …zone de libre-échange arabe ! Ya bouguelb !
C’est qu’en plus de cet aspect ahurissant, il en est un autre encore plus boulversifiant. Le régime, dans sa démarche au radar détraqué, dans son programme économique rédigé à l’encre sympathique n’a même pas fait l’effort, le petit effort, le riquiqui effort de changer les «berrahines».
Les mêmes qui nous ont vendu à cor et à cri les vertus de l’échangisme arabe ont de nouveau été sommés de revenir nous annoncer le levage de frein à main, et le recul sur cette question. Les mêmes bonimenteurs professionnels qui nous juraient que nous ne pouvions faire l’impasse sur le commerce détaxé avec nos frères zarbis se re-pointent aujourd’hui pour grommeler entre leurs lèvres télécommandées que si nous continuons ainsi à commercer avec les cousins du Golf, nous allons nous cracher droit dans le mur construit par les Chinois, et donc très certainement solide, douloureusement solide.
Ya Sahbi ! Reculade pour reculade, dépantalonnade pour dépantalonnade, au moins, faites l’effort de changer de bonimenteurs, de berrahines. N’envoyez pas les mêmes missionnaires au casse-pipe. Nous ne méritons peut-être pas une gestion éclairée, une gestion rationnelle, une gestion préventive et qui anticipe sur les risques afférants à une option donnée, mais nous mériterions au moins que vous réaménagiez un p’tit chouia les décors de ce triste vaudeville, non ? Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.
Par Hakim Laâlam
