Concentré d'actualité et de chroniques tout droit sortis du "four" : Algérie, ainsi qu'un revue de presse de l'actualité algérienne.
mercredi 12 octobre 2011
Pr Bouzid, vous n'avez pas tout dit!
, les équipements en place pour la radiothérapie sont nettement insuffisants. De ce fait, de nombreux malades obtiennent des rendez-vous très éloignés. Autant dire, dans le cas de cette maladie qui n'attend pas, qu'ils en sont privés. Le constat de carence dressé par le professeur Bouzid sur les ondes de la Chaîne III et la veille par l'association El Amel qui défend les malades du cancer, est incontestable en matière de radiothérapie. Le professeur Bouzid est le patron du service d'oncologie au Cpmc (hôpital Mustapha d'Alger) depuis de nombreuses années.
L'association El Amel existe depuis presque autant d'années. Le problème d'insuffisance en équipements de radiothérapie existe depuis la même période. Le Pr Bouzid l'a d'ailleurs confirmé. Alors comment expliquer ces deux sorties subites? Une seule raison apparaît. Ils semblent tous deux avoir (enfin!) trouvé la même solution: la prise en charge à l'étranger pour les séances de radiothérapie. A première vue, elle a l'air simple. Mais s'ils ont mis tout ce temps pour la trouver, cela doit être plus compliqué.
En effet, à quel moment du protocole intervient la radiothérapie? Avant la chimio? Pendant? Après? Avant l'intervention chirurgicale? Après? Aucune sommité médicale ne peut, à elle seule, répondre à la question puisque chaque cas de cancer est spécifique et que le protocole précis est fixé par les spécialistes, (oncologues, radiothérapeutes, chirurgiens principalement et bien d'autres spécialistes selon les cas). Chez nous, cette concertation n'est malheureusement pas toujours respectée pour ne pas dire jamais.
Chose que le Pr Bouzid a oublié de dire dans son intervention. Maintenant que nous savons que le traitement d'un malade du cancer est à plusieurs étapes, son transfert à l'étranger uniquement pour l'une de ces étapes, exige des clarifications. Qui va, par exemple, décider du dosage du rayonnement? Le conseil des médecins algériens traitant le malade ou le radiothérapeute étranger? Sachant que cet intervenant étranger n'aura pas participé au protocole thérapeutique du malade. On ne va pas en radiothérapie comme on va en station-service équilibrer les roues d'une voiture et revenir chez le mécanicien pour le moteur.
Ceci dit, la prise en charge à l'étranger a un coût. Des centaines de millions de dollars (frais d'hospitalisation à ne pas oublier). L'Etat a certainement les moyens de payer. C'est très certainement pour cette raison aussi (nous l'avons appris hier) que de nombreux centres de radiothérapie à l'étranger se frottent les mains à l'idée de ce juteux «marché» qui se profile à l'horizon. Sans aucune garantie de la «prestation de service». Qui va contrôler quoi? La défense des malades exige de nous cette question à l'oncologue, le Pr Bouzid: exposez plus clairement les modalités (médicales, s'entend) de la prise en charge à l'étranger des séances de radiothérapie que vous préconisez! Nous avons soif d'apprendre!
Par
mercredi 31 août 2011
Les supplétifs sortent de l'ombre
Par Zouhir MEBARKI - Lundi 29 Aout 2011
mercredi 25 mai 2011
De Yalta à Benghazi via Berlin
La crise en Libye évolue de manière symptomatique du nouvel ordre mondial qui se met en place. Sans remonter à l’Antiquité, il est bon de rappeler que la Libye, alors occupée par l’Italie, a été déjà «découpée» en trois parties en 1943. Deux parties (Cyrénaïque et Tripolitaine) pour la Grande-Bretagne et le Fezzan pour la France. C’est l’ONU qui «réunifia» la Libye en 1949 en se déclarant favorable à l’indépendance du pays incluant les trois parties.
Donc ce n’est pas un hasard si l’on retrouve sur le terrain des combats l’Angleterre et la France bien plus engagées que les forces de l’Otan. L’entrée en action, depuis lundi dernier, des hélicoptères de ces deux pays qui, de toute évidence, jugent «molles» les frappes de l’Alliance atlantique, renforce l’idée d’un réveil des vieux démons. Il ne faut pas oublier que c’est la France, suivie de l’Angleterre, qui ont donné le coup d’envoi des bombardements sur la Libye avant que l’Otan ne reprenne le commandement des frappes. Les revoilà donc, se détachant de l’organisation, sur le théâtre des opérations de leur ancienne colonie. Le rôle du Royaume de Sa Majesté britannique ressemble, à s’y méprendre, au «marquage de joueurs» en usage dans les compétitions sportives. Histoire de ne pas laisser la France «s’échapper».
L’acharnement de la France est plus difficile à déceler. Une France dont on ne sait plus qui, de l’Elysée ou du philosophe Bernard Henri Lévy, prend les décisions. Une chose est sûre, le nouvel ordre mondial abat ses cartes, l’une après l’autre et en fonction de l’évolution de la situation. Après que BHL ait réussi à faire recevoir à l’Elysée les représentants du CNT de Benghazi, après que la France ait reconnu officiellement ce que les médias français continuent pourtant d’appeler «la rébellion» et après que l’Italie lui ait emboîté le pas, voilà que l’Union Européenne ouvre un bureau de «représentation» à Benghazi. Washington et Moscou suivent et reconnaissent «la légitimité» du CNT.
C’est un vaste mouvement de «reconnaissance» d’un Etat qui n’en est pas un. Voilà l’aspect fondamental du nouvel ordre mondial qui apparaît de plus en plus. Au diable! la démocratie, les droits de l’homme, le suffrage universel, ce nouvel ordre ne s’embarrasse pas des vieilles règles, définissant les Etats, qui ont prévalu jusque-là. L’ONU, dont c’était le rôle de reconnaître les nouveaux Etats, fait profil bas. Elle aura juste servi à donner le «bon à tirer» avec sa résolution 1973. Le plus inquiétant dans ce nouvel ordre mondial est sa proximité avec la multinationale du crime Al Qaîda. Le N°2 de l’organisation, Ayman al-Zawahiri, devenu N°1 depuis la disparition de Ben Laden, a, lui aussi, «reconnu» Benghazi et profite de la situation qui y prévaut pour armer son équipe qui sévit au Sahel.
Après le dépeçage de la Libye, si le coup réussit, la tentation d’appliquer le même scénario dans d’autres pays de la région transparaît dans les actions de ce nouvel ordre mondial. L’autre aspect aussi fondamental qui apparaît dans la structure de ce nouvel ordre est l’exclusion des Etats-Unis d’Amérique. Quoique même là-bas, il y a deux visions de l’Amérique. Celle de Barack Obama, le démocrate et celle de John McCaïn, le républicain qui est allé à Benghazi apporter son soutien à la rébellion. L’objectif de ce nouvel ordre mondial est de maintenir la planète en état de guerre permanent. Pour dessiner une nouvelle carte géopolitique qui viendrait remplacer celle qui a eu pour point de départ la chute du mur de Berlin qui, elle-même, avait remplacé celle de Yalta. C’est la carte de troisième génération en langage Ntic. Sauf que tout n’est pas joué.
Zouhir MEBARKI
vendredi 20 mai 2011
Le train est en marche
Si on ne le fait pas, et tout de suite, d´autres ne manqueront pas de sauter sur l´occasion pour nous dicter leurs recettes. En Tunisie, le train est déjà en marche. L´Institut français de coopération et l´Agence française de développement, organisent dès demain, un Forum de la société civile. Un séminaire sur la réforme de la police a aussi été organisé à l´initiative de la Fédération internationale des Ligues des droits de l´homme en association avec le syndicat des journalistes tunisiens sur un thème non dénué de connotation hautement politique. «Pour une police démocratique». En Belgique, en Italie, aux Etats-Unis et ailleurs dans le monde, les think tanks sont en action et l´Algérie est dans leur agenda.
Même Benoît XVI n´a pas hésité à recevoir hier le nouveau chef de la Ligue arabe, l´Egyptien Nabil El Arabi, élu il y a seulement trois jours, pour un entretien sur le Maghreb et le Moyen-Orient confrontés aux révolutions. Aujourd´hui, Alain Juppé déjeune avec le groupe des ambassadeurs africains à Paris. Sécurité, crises, démocratie sont au menu.
La raison essentielle qui a dicté cet intérêt est le désir de participer, à leur manière, à l´analyse du thème des révolutions arabes qui concerne aussi notre pays, comme l´attestent certains observateurs. Les pays limitrophes comme la Tunisie ou la Libye ne sont pas les seuls à être touchés, même si de nombreuses voix s´élèvent pour affirmer que le cas de l´Algérie ne se prête pas à la comparaison étant donné que le vent de la démocratie a soufflé sur cette terre depuis déjà deux décennies. Mais les blocages subsistent, comme le reconnaît le président de l´APN.
Devant cet aveu, il est légitime de s´attendre à ce que des mécanismes et des programmes susceptibles de rétablir la confiance avec le citoyen soient abordés lors des débats sur les réformes politiques. Les universitaires et les hommes politiques commencent déjà à donner leurs avis sur la question. Les échanges de points de vue permettront de mieux comprendre les enjeux de ces transformations sur les populations locales mais aussi sur les relations des pays concernés avec leurs voisins du nord de la Méditerranée ou des nations du Moyen-Orient et d´Afrique.
Il s´agit certes de pouvoir déceler les conséquences de ces transformations sur les institutions élues et sur le comportement des citoyens qui aspirent à davantage de démocratie. Il ne faut pas omettre, cependant, le fait que ces mutations ne seront pas sans effet sur les relations internationales. Sur le plan intérieur, électeurs et institutions élues ainsi que la société civile n´ont pas tardé à demander une plus grande participation à la prise de décision.
C´est l´un des moyens de contrôler l´action des institutions de l´Etat (gouvernement, Parlement et justice). Le tout devrait conduire à l´exigence d´une meilleure gouvernance et les citoyens ont hâte d´assimiler les expériences conduisant à ces réalisations. Il s´agira surtout de connaître les conditions dans lesquelles se déroulera cette transition.
Par Ahmed MESBAH - Jeudi 19 Mai 2011
dimanche 14 février 2010
Sclérose...
Des éclaircissements qui ne sont en fait jamais venus. Est-il possible cependant de se dérober plus longtemps face à cette cascade de scandales qui s’étalent sur les «Unes» des journaux? de se taire face à des prix à la consommation qui défient l’entendement - les prix moyens des légumes secs et du sucre ont été multipliés par quatre ou cinq lors des 24 derniers mois? d’ignorer la condition de vie des enseignants et des praticiens de la santé qui - après 32 années de labeur - au soir de leur vie, touchent moins de 50.000 dinars par mois?
Ce qui fait désordre en fait, est le peu de répondant des autorités du pays qui n’ont pas, jusqu’ici, estimé devoir monter au créneau, ne serait-ce que pour tenter de rétablir les faits et dire à la population le pourquoi de ces «remue-ménage» et ce qui est entrepris pour y mettre un terme. Rien. Wallou! Alors qu’au moins une dizaine de dirigeants du géant Sonatrach sont suspectés de malversations par la justice, le premier responsable du secteur de l’Energie, trouve encore le moyen d’affirmer qu’il n’y a pas scandale dans l’entreprise pétrolière qui dépend de son département ministériel.
Cette sortie est-elle normale qui, à tout le moins, ne fait pas sérieux, ni ne peut être prise au sérieux, si quelque part cela ne décrédibilise pas un peu plus l’Etat. Il est indubitable que l’immense majorité des cadres de l’Etat et des sociétés nationales sont des personnes honnêtes, raison pour laquelle il est indispensable que l’Etat prenne des mesures pour, justement, protéger ce qui est, reste encore, sain dans l’administration, même si M.Belkhadem, secrétaire général du FLN, admet que des «élus trempent dans la combine».
Plutôt que de prendre le taureau par les cornes, face à l’avalanche d’affaires qui défraient la chronique publique, les autorités semblent tergiverser ouvrant la voie à toutes les interprétations et spéculations quant au bien-fondé d’une démarche, plutôt l’absence de démarches, qui, quelque part, donne l’impression de cautionner une situation de déliquescence gravement dommageable pour le (la réputation du) pays.
Le manque, ou le refus de communiquer sur les scandales, les grèves ou la flambée des prix, met en porte à faux les pouvoirs publics qui n’ont pas su gérer des problèmes (sociaux, économiques ou criminels) qui les interpellent et interpellent aussi la communauté nationale.
En effet, le silence de la société civile, des partis politiques et des associations de consommateurs est tout aussi surprenant et remet en cause une existence que rien, au final, ne semble justifier. Si partis politiques, société civile et associations des consommateurs ne jouent pas le rôle pour lequel l’Etat les a agréés, de quelle utilité peuvent-ils prétendre être pour l’électeur, auprès des citoyens que des consommateurs, qui se sentent floués?
Il est patent qu’il y a aujourd’hui, urgence de faire l’état des lieux dans la Maison Algérie. Cette situation de paralysie, tous - autorités publiques comme citoyens - nous en partageons la responsabilité pour n’avoir pas su l’assumer en temps et lieu pour mettre le holà à cette déconfiture, en prenant les décisions ad hoc pour les uns, en faisant pression sur les pouvoirs publics pour les autres. Il est évident en revanche, que cette situation d’attente ne saurait durer éternellement.
N. KRIM
dimanche 27 décembre 2009
Le Caire supplétif d’Israël?
Ces sources ont précisé que des trous sont «creusés du côté palestinien du mur d’acier» et que «des tuyaux de 20 à 30 mètres de long» sont insérés dans ces trous. Même Israël, qui tue à petit feu la population de Ghaza, n’a sans doute pas pensé à une telle ignominie pour régler le problème que poseraient les Palestiniens. Certes, il reste encore à confirmer cette information, mais le fait que des autorités égyptiennes aient admis la véracité des informations quant à la construction de la barrière souterraine d’acier, est déjà un aveu très grave en soi.
La Bande de Ghaza sous strict isolement israélien, depuis près de trois ans, n’avait certes pas besoin de ce surcroît d’épreuves créées par l’Egypte qui participe ainsi à ce blocus. Après avoir tenté de démentir, Le Caire a dû reconnaître implicitement par la voix de son chef de la diplomatie, Ahmed Aboul Gheit - qui expliquait que son pays «avait le droit de contrôler sa frontière» - ce forfait à l’encontre des Palestiniens de Ghaza.
On se rappelle opportunément que c’est à partir du Caire que l’ancienne ministre israélienne des Affaires étrangères, Tzipi Livni, avait annoncé, le 25 décembre 2008, «l’offensive» programmée, deux jours plus tard, contre la Bande de Ghaza, laquelle agression se solda par la mort de 1400 Palestiniens.
De fait, un officiel égyptien du secteur d’Al Arich, proche de Rafah, a confirmé, sous le sceau de l’anonymat, que les informations quant aux travaux engagés (pour la construction d’une barrière) sont «très largement exactes». L’Egypte, devenue alliée stratégique d’Israël, participe ainsi activement de son côté à l’étranglement de la population de Ghaza pour la contraindre à se soumettre à Israël.
Ne s’arrêtant pas là, Le Caire a bloqué en sus, un convoi d’aides - européennes, turques et arabes avec de la nourriture et du matériel médical - arrivé mercredi en Jordanie en provenance de Syrie et se dirigeant vers le port jordanien d’Aqaba, constitué de 250 camions de vivres destinés à la population de la Bande de Ghaza. Enfin, la dernière mesure prise par les autorités égyptiennes a été d’interdire une marche de soutien d’ONG internationales (regroupant 1400 personnes - autant que les victimes palestiniennes de l’agression israélienne en début de l’année -) au peuple palestinien.
Le Caire prend ainsi fait et cause pour l’Etat hébreu, allant jusqu’au blocage et à l’interdiction de l’aide internationale aux Palestiniens, plus que jamais isolés dans leur prison à ciel ouvert, prison voulue par Israël et maintenant confortée par l’Egypte. Les méfaits du clan Moubarak n’honorent en rien une Egypte - qui a su pourtant être grande dans un passé pas aussi lointain - qui se voulait leader du monde arabe mais aura surtout montré un égoïsme sans limites, plus soucieuse de ses petits intérêts que réellement engagée dans la pérennité de ce monde arabe.
En effet, la «Nation arabe» est un protocole vide de sens comme l’a montré l’hystérie égyptienne contre l’Algérie après la perte d’un simple match de football, les Egyptiens allant jusqu’à prétendre nous retirer l’«estampille» d’«Arabes», cela en sus des méfaits contre les Palestiniens qui, par leur résistance à l’ennemi sioniste, ont écrit les plus belles pages de l’histoire arabe.
Karim MOHSEN
lundi 16 novembre 2009
Chers «frères» arabes d’Égypte
Merci de nous avoir surtout donné l’opportunité de nous attarder un peu plus sur cette «fraternité» arabe. Sur ce qu’elle nous a apporté, de faire le bilan de cette collaboration avec vous, chers «frères». Il est inutile de vous rappeler que le sang des Algériens s’est mêlé à la terre d’Egypte quand nos jeunes soldats de l’ANP ont défendu, en 1973, avec bravoure, le désert du Sinaï face à Israël, votre ennemi d’hier.
Oui, votre ennemi d’hier, car aujourd’hui, c’est à partir du Caire que l’armée israélienne a eu le feu vert pour massacrer les enfants de Ghaza. Il est inutile de vous rappeler la fameuse 8e BB (Brigade Blindée) algérienne qui a été dépêchée sans condition afin de concrétiser «le devoir de solidarité agissante envers les causes justes et plus particulièrement vis-à-vis de la cause arabe».
3000 militaires se sont rendus, par voie terrestre, en Égypte en plus du matériel militaire. Vous nous l’avez bien rendu chers «frères» arabes. Que des jeunes chauffés à blanc s’attaquent à un bus d’une équipe adverse n’est pas un fait extraordinaire en soi. On peut lui trouver toutes les explications et les excuses possibles puisque les Egyptiens n’ont pas inventé le hooliganisme. En revanche, ce que les journalistes égyptiens ont inventé, c’est la malhonnêteté et la boulimie du mensonge médiatique.
De la malhonnêteté parce que ces mêmes journalistes qui ont été reçus, il y a à peine dix jours, avec un méchoui et des cadeaux à Djenan El Mithaq, n’ont pas respecté un contrat moral passé entre les deux parties. Pourtant, jamais une délégation de journalistes étrangers n’a eu autant d’égards de la part des Algériens.
Ils ont inventé la boulimie du mensonge médiatique car, une fois retournés en Égypte, c’est de la haine qu’ils ont éructé et étalé dans les colonnes de leurs journaux et les plateaux de leurs télévisions. On savait depuis longtemps que les tares et les déboires de la presse sportive égyptienne sont légendaires mais pas avec autant de haine.
Une rencontre de football entre deux nations n’est jamais la dernière, car la noria du sport continuera tant qu’il y aura des compétitions internationales. Nous vous donnons donc rendez-vous même après le match du Soudan. En attendant, vous avez surfé là où il ne fallait pas. Mais, merci d’avoir permis aux Algériens de se réconcilier avec eux-mêmes. Vous avez surfé sur la mauvaise vague. Vous avez ouvert la boîte de Pandore, chers «frères» arabes d’Egypte.
Brahim TAKHEROUBT
dimanche 15 novembre 2009
La vraie victoire
La vraie victoire, c’est que l’Algérie a gagné une équipe nationale de football après un sevrage qui a duré plus de 23 ans. Il va falloir maintenant renforcer, consolider ce groupe très jeune et qui promet. La vraie victoire est que cette équipe a su raviver le patriotisme qui somnolait au fond des coeurs des Algériens. L’Algérie venait à peine de fêter le 55e anniversaire du déclenchement de la guerre de Libération nationale.
Dans la rue, pas le moindre signe d’une fête pour marquer ce repère historique qui ne figure plus dans l’imaginaire des Algériens. Grave cassure entre la rue indifférente au 1er Novembre et les officiels qui se prélassent dans les salons et se gargarisent de compliments sur les plateaux de l’Entv. La vraie victoire est d’avoir réussi là où les politiques de tout acabit ont échoué.
Ceux qui avaient la chance de fêter l’Indépendance nationale témoignent qu’ils retrouvent la même ferveur qui a marqué cette journée du 5 Juillet 1962, si ce n’est plus. De mémoire nationale, jamais on a vu pareille intensité populaire, pareil attachement au drapeau national que durant les jours qui ont précédé cette rencontre de football. Merci aux jeunes de l’Equipe nationale pour cet exploit.
Quant à la vraie défaite, ce ne sont pas les joueurs qui l’ont concédée aux Egyptiens, mais les médias et particulièrement la Télévision nationale. Elle est médiatique. Alors que les téléspectateurs algériens guettaient la moindre image, la moindre information qui les renseignerait sur le sort de leur Equipe nationale, l’Entv rame dans un autre océan et abandonne le terrain aux télévisons satellitaires égyptiennes qui font et défont à leur guise des scénarii les plus invraisemblables. En montrant les Medelci, Djiar et Ould Abbès, on avait l’impression que l’Entv couvrait une activité ministérielle au Caire.
Pas la moindre image, pas le moindre intervenant, pas le moindre commentaire de ses envoyés spéciaux pourtant nombreux à se déplacer au Caire. La vraie défaite, c’est que les Algériens ont, encore une fois, trouvé ce qui les concernait directement sur les plateaux des télévisions étrangères. La vraie défaite, c’est que personne ne demandera des comptes à cette débâcle médiatique qui se poursuivra, tant que...
Brahim TAKHEROUBT
mercredi 11 novembre 2009
Les soucis de M. Khelil
Parmi ces conditions, il évoque la taxe carbone dont personne ne sait si elle ne dépassera pas l’Hexagone après la conférence de Copenhague. Cette taxe pensée pour réduire la consommation des énergies fossiles et donc forcément réduire la demande. Même quand il s’efforce de dire que «les réductions de production cumulées de 4,2 millions de barils/jour décidées en 2008 ont influé positivement sur les cours du pétrole», il sait pertinemment que ces cours dépendent aussi et surtout de la spéculation et du cours du dollar, comme il le laissera échapper peu après.
Il dit également que «l’Algérie a perdu (depuis la décision de l’OPEP qui a fait baisser notre quota de production de 2 millions de barils/jour) 15% en volume de pétrole exportés mais a réussi à tripler le prix avec cette décision». Oui mais un prix bas même triplé reste bas. C’est n’est pas sans raison non plus s’il s’est plus attardé, au cours de l’émission, sur le gaz et les effets négatifs qui agissent sur son prix tels les contrats à long terme qui sont autant de verrous, de son indexation sur le pétrole actuellement plutôt bas, ou encore de cette pratique de la confidentialité des prix que regrette M.Chakib Khelil, en rappelant que «personne ne veut dévoiler à quel prix il vend son gaz sur le marché».
Notons au passage que cela semble être l’une des bonnes raisons pour laquelle l’Algérie appelle à une «Opep du gaz». Fermons la parenthèse et revenons aux soucis de notre ministre de l’Energie qui nous rappelle que le «prix du gaz a (surtout) décliné d’une manière substantielle dernièrement en raison du développement par les Etats-Unis d’une nouvelle technologie leur permettant de devenir autosuffisants en cette ressource énergétique». De ce fait, l’exportation de gaz vers les Etats-Unis se réoriente vers l’Europe avec, comme incidence, la baisse de son prix, notamment sur le marché Spot.
Pour faire face à la situation, notre pays, selon le ministre, compte «faire un effort exceptionnel dans le développement de gisements gaziers découverts pour satisfaire les besoins nationaux et augmenter ses exportations» de près de 23 milliards de m3 à l’horizon 2014. En somme, faire «jouer» la quantité, d’autant que nous sommes parmi les premiers pays producteurs de gaz, pour combler le manque à gagner dû à la baisse des prix.
Cela dit, le danger n’a rien d’imminent pour nous. Ce n’est pas demain que le monde pourra se passer des hydrocarbures. Les soucis de M.Khelil s’inscrivent dans le long terme, qu’il s’agisse du pétrole, du gaz, du nucléaire ou du solaire. Son courage et son sang-froid pour nous expliquer les écueils méritent tout le respect car il s’agit surtout du legs aux générations futures.
Zouhir MEBARKI
samedi 7 novembre 2009
Quand statistiques et planification font la paire
D’ailleurs, l’utilisation du conditionnel par notre premier statisticien est à lui seul révélateur. Recenser quels opérateurs? Ceux qui activent légalement et sont inscrits sur tous les fichiers de l’administration (commerce, finances, travail,...)? Ceux à qui il est exigé une pile de documents à chaque opération? Si c’est de cette catégorie d’opérateurs économiques dont parle le DG de l’ONS, le problème déborde de la mission statistique et se pose gravement sur le fonctionnement des institutions censées encadrer l’activité économique. Comme le Centre national du registre du commerce. Comme les services des impôts. De la sécurité sociale. Et on en passe. Cela voudrait dire que toutes ces institutions sont défaillantes et ne remplissent pas convenablement leurs missions.
Alors quels types d’opérateurs économiques vise le recensement annoncé? Comme il ne reste que ceux de l’informel, la réponse est, on ne peut, plus simple. Et c’est là où l’aplomb est indispensable. Si l’ONS était en mesure de pénétrer ce «vase clos» elle mériterait les plus hautes distinctions du mérite. Qu’il nous soit permis d’en douter. Mais alors si ce n’est ni les opérateurs disposant d’un registre du commerce ni ceux qui n’en ont pas, le recensement que se fixe l’ONS «rimerait» à quoi? Un effet d’annonce? Une façon pour l’ONS de justifier le bien-fondé de son existence? De l’utilité du budget de fonctionnement qu’elle «dévore»? Force est de constater que la ficelle est grosse.
Certains de nos responsables croient avoir trouvé l’astuce de convoquer de temps à autre la presse pour faire croire à l’opinion publique qu’ils lui sont utiles. Ils y croient tellement fort qu’ils ne se rendent même pas compte qu’ils «s’emmêlent les pinceaux» et se contredisent dans une même conférence de presse. Aux côtés du DG de l’ONS qui annonçait le fameux recensement, le commissaire général à la planification et à la prospective s’est désolé de la «très faible» transparence du système économique national et plaide, afin de les «crédibiliser», pour la création d’une école nationale des statistiques.
C’est le planificateur qui se plaint du statisticien. Et comme les deux vont de pair, la question est vite réglée. Nous n’avons pas plus de planification que de statistiques fiables. C’est ce qui ressort des interventions des premiers responsables de ces deux institutions à l’issue d’une réunion du Conseil national des statistiques. Une réunion qui, tenez-vous bien, s’est tenue à huis clos. Il faut en effet beaucoup d’aplomb pour réclamer, en passant la tête par la porte, plus de transparence. Pour une prouesse, c’en est bien une! Quant à celle qui consiste à recenser les opérateurs économiques, tous les opérateurs qui activent sur notre sol, il nous faudra,malheureusement, encore attendre.
Zouhir MEBARKI
mercredi 4 novembre 2009
Ceux qui ne se révoltent pas
A son tour, la Sonelgaz, par la voix de son président-directeur général, Noureddine Bouterfa, confie qu’elle souffre de la bureaucratie locale. On aurait fait la sourde oreille, au besoin, on aurait même sollicité le fameux sésame de «la main de l’étranger» si ces critiques venaient d’un quelconque investisseur ou d’une entreprise étrangère. Mais là, la complainte vient de l’intérieur du pays et de la part d’entreprises publiques et par-dessus tout stratégiques.
Quand des mastodontes de l’envergure de la Sonelgaz et de la Sntf plient le genou devant le mur invisible de la bureaucratie typiquement de chez nous, il y a de quoi s’inquiéter même en ressuscitant Don Quichotte. De cette bureaucratie, on n’en connaît que les manifestations, c’est-à-dire les résultats finaux, souvent dévastateurs. Le reste du phénomène est incolore, inodore et invisible, c’est du vent.
Que dira le simple citoyen face à une pareille machine destructrice quand des entreprises avec leurs structures, leur armée de fonctionnaires et leurs budgets, des P-DG avec leurs conseillers et leurs avocats en pâtissent? Il ne restera pas beaucoup de solutions au citoyen pour se plaindre: la démission totale, la résignation, la rue ou tourner le dos au pays, c’est-à-dire la harga. Selon les tranches d’âge, les Algériens ont recours alors à ces trois modes d’action en attendant de réinventer une nouvelle façon de faire.
On assiste alors à des manifestations de citoyens qui ferment des rues, des APC et des daïras et parfois même à des émeutes. Souvent on laisse faire, c’est une soupape, il faut bien que le citoyen respire, se défoule. Mais à force d’ouvrir les soupapes, on risque d’actionner le moteur des révoltes par effet d’entraînement. On comptabilise chaque jour que Dieu fait des vagues de jeunes et parfois même de vieux qui affrontent les dangers de la mer dans l’espoir d’aller vivre sous des cieux plus cléments.
Et pour les moins téméraires, c’est la résignation. Cette résignation est telle que parfois elle se confond avec démission. On ne s’émeut plus devant des scandales financiers et la dilapidation des richesses du pays. Chaque jour, les manchettes des quotidiens font état d’actes de corruption et de détournement de centaines de milliards de dinars. Dieu, protège-nous de la bureaucratie et la corruption on s’en accommode.
Brahim TAKHEROUBT
mardi 3 novembre 2009
Histoire de sous
Suit une énumération de ce qu’il croit être des arguments pouvant être opposés au nouveau mode de paiement institué par la circulaire. Cela va «des parents qui paient parfois des frais de photocopies, de la feuille d’examen à l’extérieur en raison de l’absence ou de la panne de la photocopieuse de l’établissement» jusqu’au «risque pour les parents d’élèves de dépasser le délai imparti au paiement de ces frais d’examen et ainsi priver leurs enfants des examens finaux».
Le «risque» étant ici attribué au fait «qu’il se pourrait que des parents d’élèves ne soient pas au courant de cette nouvelle disposition». En lisant ces lignes, on reste perplexe de ne rien trouver qui puisse avoir une relation avec les enseignants que dit défendre le CLA. Il est question de sous et de parents d’élèves, toutes choses sans rapport aucun avec les attributions que s’était données jusque-là ce syndicat autonome. Difficile de croire, cependant, que le représentant du CLA ait pu ainsi déborder sur un tout autre registre sans raison. Alors, on a continué à chercher.
Que les établissements scolaires ne soient plus obligés de collecter de l’argent, cela leur évitera de se disperser tout en gagnant du temps qui peut être consacré à plus utile. De réparer, par exemple, les photocopieuses en panne. D’afficher (autre exemple) l’instruction ministérielle dans l’enceinte de l’école pour ne pas priver leurs élèves des examens finaux pour cause de paiements hors délai des frais d’examens. Mais tout ceci n’explique pas encore pourquoi le CLA ne veut pas de paiement par voie postale.
Continuons la recherche, penchons-nous sur ce que représentent ces frais d’examens finaux. En fin d’année scolaire 2008-2009 ils étaient 637.330 candidats à l’examen de l’ex- 6e, 558.226 pour le Bem et 444.514 pour le Bac. Ils ont payé respectivement chacun 100 dinars, 1000 dinars et 1500 dinars pour les frais d’examen. En prenant la calculette, nous nous rendons compte que le total des frais pour ces trois examens a représenté pour l’année scolaire citée, la bagatelle de 129 milliards de centimes. Pour l’année en cours, ce chiffre ira à la hausse. Et là, nous arrêtons nos recherches. Pourquoi? Devinez! Allez, on vous le dit: c’est parce que nous n’avons trouvé aucun lien entre cette belle enveloppe et l’intérêt des enseignants que dit défendre le CLA. Mais peut-être qu’en cherchant plus, on peut trouver mieux...
Zouhir MEBARKI
lundi 2 novembre 2009
Dangereuse conjonction
On sait très bien que le risque de contamination par le virus de la grippe A est accentué en Arabie saoudite où des cas mortels ont été enregistrés. Enfin, le troisième facteur est dû au fait qu’aucun Algérien n’a été vacciné, du moins officiellement. En juillet dernier, le ministre de la Santé, Saïd Barkat, avait annoncé que l’Algérie avait commandé 65 millions de doses de vaccin contre la grippe porcine.
A ce jour, on n’a rien vu de ce qui allait constituer, selon le ministre, le stock stratégique pour les deux prochaines années dans le cas où la pandémie perdurait. Maintenant que le risque est réel, maintenant que le virus de la grippe est dans les écoles, les ministères de la Santé et de l’Education nationale vont-ils continuer à travailler avec les mêmes méthodes adoptées jusque-là, avec les mêmes reflexes? Au moment de la rédaction de cet éditorial, le 3030, un numéro vert «mis en service» par le ministère de la Santé pour répondre aux préoccupations des citoyens, ne fonctionne pas.
Certes, l’Algérie est loin de la trêve pédagogique comme c’est le cas de l’Ukraine qui a procédé à la fermeture de toutes ses écoles en raison de la pandémie de grippe A (H1N1). On n’est pas dans le cas de la France qui est désormais passée au niveau 5 du plan national d’alerte ni dans celui de la Californie où son gouverneur a proclamé l’état d’urgence. L’Algérie est plutôt dans la logique de «cela n’arrive qu’aux autres». Alors qu’il est recommandé comme mesure préventive de se laver fréquemment les mains, l’eau manque dans certaines de nos écoles.
On n’a pas vu de camions-citernes défiler dans les établissements scolaires où les robinets ne coulent plus. Pour le savon liquide et les mouchoirs en papier on en est encore loin. Pourquoi alors attendre que le virus se propage pour réagir? Si jusque-là la grippe porcine n’a fait que contaminer les esprits par un matraquage médiatique orchestré avec la bénédiction des patrons de l’industrie pharmaceutique, aujourd’hui, cette maladie n’est plus une farce de mauvais goût. Lorsque les responsables de la santé publique sont avertis par l’OMS de l’imminence d’une paudémie qui a déjà causé la mort de milliers de personnes, ils n’ont plus aucune excuse.
Brahim TAKHEROUBT
dimanche 1 novembre 2009
Le message
Ils avaient donné leur vie pour que leurs concitoyens puissent enfin et après un siècle et demi d’oppression vivre libres. Ils savaient, dès le déclenchement de la lutte, qu’ils avaient peu de chances de rester vivants à la libération. Ils le savaient mais n’ont à aucun moment hésité à s’engager dans cette voie extrême. Ils avaient l’Algérie au coeur. Le patriotisme avait un sens pour eux qu’on retrouve difficilement parmi la Jeunesse aujourd’hui. Pourquoi? La réponse pourrait être aussi simple que de dire que les générations d’Algériens qui se sont succédé depuis l’Indépendance n’ont pas connu les mêmes et affreuses conditions de colonisés qu’eux.
N’ayant pas connu l’enfer imposé par l’envahisseur étranger à tous les enfants de ce pays, ceux qui ont leur âge aujourd’hui sont pour ainsi dire «nés avec une cuillère d’argent dans la bouche». Ils ignorent la faim, le froid et l’esclavage. Ils ignorent ce qu’être piétiné par l’étranger chez soi. D’être soumis par lui à l’esclavage. De n’avoir que des obligations. De ne pouvoir espérer aucun droit. Bref, ils n’ont pas les mêmes conditions de vie dans lesquelles ont vécu les jeunes du 1er Novembre 1954.
On ne peut pourtant pas leur en vouloir d’ignorer tout cela. On ne peut pas leur en vouloir d’ignorer ce pan de leur histoire pour la bonne raison que personne ne le leur a enseigné. Ils ne sont ni responsables ni coupables d’ignorance. Alors, quand M.Bouguerra Soltani, le leader du MSP, clame depuis Guelma où il était vendredi dernier que «la jeunesse doit s’armer des leçons de Novembre et prendre exemple sur les moudjahidine qui ont libéré la patrie du joug du colonialisme», on a l’impression qu’il s’attend à ce que ces «leçons de Novembre» leur tombent du ciel.
Il nous faut juste lui rappeler que son premier devoir et celui de son parti, comme celui d’ailleurs de tous les autres partis que compte le pays, est justement d’apprendre à ces jeunes ces «leçons de Novembre». Ils ne peuvent pas «s’armer» ni «prendre exemple» sur quelque chose qu’ils ignorent par la faute de leurs aînés.
Les Algériens n’en peuvent plus d’entendre leurs hommes politiques se contenter de constats alors qu’ils en attendent des solutions. Nos jeunes sont victimes des politiciens qui les sermonnent plus qu’ils ne les aident à découvrir leurs racines. Alors cessons de nous complaire dans les mots et agissons! Donnons l’occasion et les moyens à nos enfants d’apprendre leur histoire. Ainsi, nous n’aurons même pas à nous donner la peine de faire preuve de patriotisme. Cela coulera de source.
Zouhir MEBARKI
samedi 31 octobre 2009
Mémoire!
C’est la guerre d’Algérie qui amena le Conseil de sécurité des Nations unies à adopter une résolution (1415 du 6 juin 1961 (XV) sur le droit des peuples coloniaux à l’autodétermination et à l’indépendance) qui changea la face de la géographie mondiale et ouvert la voie au libre arbitre à tous les peuples ployant sous le joug de la domination coloniale. La Révolution algérienne a donc dépassé les frontières du territoire algérien pour devenir le symbole de la lutte des peuples du monde épris de paix et de liberté.
Mais que connaissons-nous de la préparation de cette Révolution, des hommes qui l’ont initiée, des héros qui se sont sacrifiés pour que les Algériens vivent libres? Rien, ou si peu. La génération postindépendance - et plus singulièrement les jeunes d’une manière générale - ignore en fait beaucoup de choses de (et autour de) cette insurrection armée soustraite à la connaissance des citoyens depuis l’Indépendance.
C’est en fait le peuple algérien dans son ensemble qui a été ainsi sevré de sa mémoire collective par une écriture sélective de l’histoire qui ne donna pas aux Algériens de connaître les vérités de leur glorieuse Révolution, confisquée qu’elle a été pour des desseins autres que ceux auxquels aspiraient les leaders qui déclenchèrent l’insurrection générale alors que le peuple était tenu dans l’ignorance d’un processus qui donna naissance au FLN et à l’ALN qui, à l’évidence, ne sont pas tombés du néant.
Le FLN est en fait, l’héritier d’une longue marche entamée par la Résistance algérienne, dès les premiers jours de l’occupation coloniale en juillet 1830 par des rébellions et des insurrections récurrentes tout au long des 132 années de présence française. Des hommes, dès le début du XXe siècle, éveillèrent la conscience nationale et s’opposèrent frontalement à l’oppression coloniale. Qui sont ces hommes, leurs actions et leur parcours révolutionnaire qui ont ouvert la voie à la Révolution du 1er Novembre 1954? Peu d’Algériens en fait le savent, certains ne sont même jamais parvenus à leur connaissance, alors qu’ils ont été le socle du militantisme et du nationalisme algériens.
Les peuples en armes? Y a-t-il eu dans le monde une révolution anonyme? Certes non! Les révolutions américaine et française - les plus fameuses des temps historiques des XVIIe et XVIIIe siècles - ont été guidées par des hommes dont les noms, vénérés ou abhorrés, sont de la même manière consignés dans les manuels scolaires et dans les livres d’histoire, témoignant à jamais de tout ce qu’ils ont fait ou pu faire pour leur patrie.
Au moment où nous célébrons le cinquante-cinquième anniversaire de la Révolution de Novembre 1954 qui, réellement, connaît les hommes qui ont mené et porté la Révolution? Eux dont le message du Premier Novembre au peuple algérien a été de lui dire «Vous qui êtes appelés à nous juger...» sont demeurés anonymes sans que l’Algérie leur rende l’hommage qui leur était dû.
C’est la Révolution qui a été ainsi mutilée. C’est en fait cette méconnaissance de l’Histoire récente et antérieure de l’Algérie qui a annihilé la mémoire des citoyens dont nombreux ne se reconnaissent pas dans leur algérianité, cherchant dans l’ailleurs leur accomplissement.
N. KRIM
jeudi 29 octobre 2009
La justice, clé de l’Etat de droit
Sans trop ratiociner sur la chose, il est patent qu’une bonne gouvernance judiciaire ne peut se faire à l’aune du deux poids, deux mesures, qui donne une image détestable de notre justice et la discrédite à l’étranger. Le fait que la justice britannique ait longtemps tergiversé - arguant du manque de garanties de son homologue algérienne - pour donner son accord à l’extradition de Abdelmoumène Khalifa, ou les hésitations de la justice américaine à extrader vers l’Algérie des prisonniers algériens de Guantanamo, sont exemplaires des suspicions qui collent toujours au dos de la justice algérienne, alors que nombreux sont ceux qui doutent de son indépendance.
Or, cette indépendance est garantie par la Constitution et qu’il appartenait au corps judiciaire, c’est évident, de faire respecter cette norme qui est la clé de l’Etat de droit. Les lois de la République appliquées - à tous - sans faiblesse, mais aussi sans excès, restent en vérité, l’incontournable processus pour que justice soit rendue sans que le prévenu soit jugé selon sa couleur ou appartenance sociale. La loi, bonne ou mauvaise, doit rester toutefois égale pour tous et demande à être appliquée sans autre interprétation.
Or, souvent on a vu la justice s’autosaisir pour des vétilles pour ignorer des affaires qui peuvent ébranler la stabilité de l’Etat. Combien de fois n’a-t-on pas vu la justice s’autosaisir de présumées affaires de diffamation tout en faisant l’impasse sur d’autres affaires autrement plus prégnantes. Pour dire qu’il ne saurait y avoir, dans un Etat qui se veut de droit, une justice à deux vitesses ou qu’elle soit utilisée à des fins extrajudiciaires.
Personne ne dit que c’est facile de rendre la justice, mais il est toujours patent d’appliquer la loi et uniquement la loi, les justiciables, quelle que soit leur situation dans la hiérarchie sociale, étant égaux face à la loi. Principe universel et indiscutable. Or, la multiplication des affaires de corruption et de malversation au détriment du Trésor public, où des milliers de milliards de dinars s’évaporent dans la nature sans autre suite, pose nombre de questionnements sur la célérité de la justice à agir en temps et lieu.
Evoquant hier, à l’ouverture de l’année judiciaire, «les actions de l’autorité judiciaire pour combattre les crimes de corruption», le chef de l’Etat a clairement affirmé: «Grande est notre détermination à lutter contre la corruption sous toutes ses formes et ses manifestations.»
A l’évidence, dès lors que la corruption atteint les sphères de l’Etat, quand ses hauts commis sont convaincus de dilapidation des deniers publics, l’affaire devient grave. La justice dans ce cas, ne peut plus se contenter de faire payer le lampiste et doit frapper ceux-là mêmes qui, par leurs agissements, mettent à mal la nécessaire confiance qui doit prévaloir entre les citoyens et l’Etat, censé les protéger, comme de protéger ses richesses, biens de la communauté nationale.
Trop d’affaires de concussion, qui pourtant ont fait ou font les unes de la presse nationale, sont demeurées en marge sans que la justice s’en saisisse, créant un certain malaise parmi les juristes et les citoyens. La justice et l’application des lois restent en fait la clé d’un Etat de droit. Ce qui ne semble pas toujours évident pour tous.
N. KRIM
mercredi 28 octobre 2009
L’état civil mis à l’abri des prédateurs
Finies donc la course des guichets, les interminables queues et l’humeur massacrante des préposés! Au-delà de ces deux documents qui vont être numérisés, c’est la deuxième étape de cette «révolution» qui retiendra aujourd’hui notre attention. Il s’agit du fichier national de l’état civil. Numérisé, lui aussi, sa constitution profitera précisément de l’établissement de la carte d’identité et du passeport biométriques.
Elle en découlera plus exactement. On comprend mieux maintenant pourquoi et après avoir été maintes fois annoncée par le passé, l’opération d’informatisation de l’état civil a été à chaque fois repoussée. Un report bien pensé puisqu’il s’agissait pour le gouvernement, une fois les exigences de l’OCI posées et qu’il fallait respecter, de profiter de la banque de données qu’allaient alimenter les fichiers du PBE (passeport biométrique et électronique) et de la Cnibe (carte d’identité numérisée).
Il suffira de faire basculer les informations contenues dans le nouvel extrait de naissance spécial appelé «N°12-S» qui sera signé par le président de l’APC lui-même et exigé pour le PBE et la Cnibe pour obtenir le fichier national de l’état civil. Le recours à des logiciels simplifiera toutes ces opérations. Voilà pour l’aspect technique et organisationnel de cette numérisation. Pour les avantages attendus de cette modernisation et sans être dans les secrets de l’administration, ils sont multiples.
Ils vont de la préservation des archives de l’état civil papier dont les registres se dégradent à chaque manipulation, jusqu’à la lutte contre le terrorisme et la criminalité transnationale. Entre les deux mille autres avantages secondaires oserions-nous dire, bien que d’importance.
Ce n’est pas sans raison qu’au plus fort de leurs actions dans notre pays, les terroristes délestaient les citoyens qu’ils agressaient de leurs papiers d’identité.
Ce n’est pas sans raison non plus que des archives d’état civil aient été brûlées par ces mêmes terroristes dans certaines communes de l’intérieur du pays. Ces raisons étaient dictées par des besoins de falsification et d’usurpation d’identité mais aussi par la volonté de destruction d’un patrimoine national où la mémoire et la sécurité sont indissociables. Moins graves mais préjudiciables sont ce qu’on a appelé plus haut les avantages secondaires. Citons au moins deux exemples.
Celui des registres du commerce qui ont pu être établis au nom de personnes décédées par des affairistes véreux. Ou encore celui des faux certificats de décès pour faire cesser une action pénale en cours devant la justice. Cette opération de numérisation peut se résumer en deux mots: c’est tout à la fois une oeuvre d’assainissement et de sécurisation à grande échelle. Notre pays s’installe durablement dans le développement.
Zouhir MEBARKI
mardi 27 octobre 2009
A géométrie variable
Or, le TNP admet pour tous les pays la recherche expérimentale nucléaire, y compris l’enrichissement de l’uranium, sous réserve de contrôle par l’agence onusienne de sûreté nucléaire (Aiea). L’Iran a reçu, dans ce contexte, ces dernières années, plusieurs visites d’inspection de l’agence de l’ONU sans que celle-ci puisse corroborer les soupçons occidentaux.
Donc, jusqu’à preuve du contraire, l’ancienne Perse est de bonne foi quant au pacifisme de son nucléaire. Est-ce suffisant? Indubitablement non, assurent les censeurs de Téhéran qui ne s’estimeront satisfaits que lorsque les sites nucléaires iraniens seront scellés et mis sous leur contrôle, que l’Iran renonce à son droit à l’enrichissement. De fait, c’est cet «enrichissement» qui est au centre de la controverse sur le nucléaire iranien et l’acharnement avec lequel l’Occident tient, coûte que coûte, à arrêter le programme nucléaire mené par ce pays.
A tel point qu’il y a eu cette bizarre demande américaine faite à l’Algérie - formulée récemment par le secrétaire d’Etat adjoint chargé du Moyen-Orient, Jeffrey Feltman, - d’intercession auprès du régime de la République islamique pour que cette dernière abandonne l’enrichissement de son uranium. On peut même se demander si Washington, en l’occurrence, a frappé à la bonne porte en venant solliciter Alger, alors que l’Algérie est elle-même, cycliquement, accusée, au même titre que l’Iran, de vouloir se doter de la bombe atomique.
Certes, il n’est plus de saison de démentir de telles affabulations, mais, last but not least, relevons toutefois cette politique à géométrie variable qui juge les pays selon qu’ils entrent ou non dans le profil et carcan imaginés pour eux par l’Occident. Ainsi, Israël peut avoir autant de bombes atomiques qu’il le désire - ce dont il ne se prive pas - perfectionner sa technologie des ADM à sa guise, refuser d’a-dhérer au TNP - passage obligé pour tous les autres pays du monde -, exclure toute inspection de l’Aiea de ses réacteurs nucléaires - inspection incontournable pour des pays comme l’Iran ou l’Algérie - cela n’inquiète pas l’Occident.
Ce «petit» pays a le droit de se défendre, n’est-ce pas? Mais que des pays ciblés puissent aussi avoir l’ambition d’accéder au savoir-faire nucléaire, voilà qui est assurément dangereux et doit être prévenu par tous les moyens. Ce que l’Occident fait depuis une décennie pour ce qui est de l’Iran. L ’un de ces moyens est de faire enrichir cet uranium par des pays tiers, occidentaux de préférence. Ainsi, le «projet d’accord» proposé par l’Aiea à Téhéran ferait que l’Iran transfère son uranium à la Russie qui l’enrichira à 19,75% avant de transiter par la France qui en fera des «coeurs nucléaires» utilisables par le réacteur de recherche de Téhéran, sous le strict contrôle de l’Occident.
La Russie joue en fait, le rôle de frein en enrayant l’hystérie des capitales occidentales qu’effraie la possibilité par l’Iran de maîtriser, à terme, l’ensemble des phases de la fission nucléaire, fût-elle pacifique et à dessein strictement civile. En fait, ce qu’il faut retenir, est que l’Occident a, une fois pour toutes, mis son veto à l’accès de certains pays - dont l’Algérie et l’Iran - à des vecteurs de la connaissance scientifique et technologique. Ce qui est inacceptable pour n’en pas dire plus.
Karim MOHSEN
lundi 26 octobre 2009
La vérité rattrape toujours le mensonge
Il aura donc fallu plus d’un demi-siècle pour se défaire de la politique de l’autruche. Le mérite revient au ministre des Ressources en eau, Abdelmalek Sellal qui, dans un entretien accordé hier au Quotidien d’Oran, a formellement reconnu que «le problème (de l’envasement) demeure (c’est-à-dire qu’il a toujours existé)...la seule solution contre le problème d’envasement des barrages est d’arriver...à reboiser l’ensemble des bassins versants des barrages».
Oui, il a du mérite notre ministre d’avoir dit la vérité car quand, en temps de bonne pluviométrie, les responsables de l’époque n’hésitaient pas à pérorer que les barrages sont pleins à 70% (par exemple), en réalité ces barrages ne contenaient au mieux que 20% d’eau, le reste étant de la vase. Et ainsi, de décennie en décennie, les ministres qui se sont succédé depuis l’Indépendance ont tous voulu nous mener en bateau pour masquer leur impossibilité à régler un problème aussi simple que celui de planter des arbres.
Même très simple, car il suffit d’intégrer le reboisement des bassins versants dès le démarrage des travaux de réalisation du barrage. Ce qui est loin d’être sorcier. Sauf que les barrages font partie des prérogatives d’un ministre et le reboisement relève d’un autre ministre. Tout est dit, nul besoin d’en rajouter. Pour en finir avec ce problème et si les moyens publics ne suffisent pas pour tout reboiser en temps voulu, pourquoi ne pas faire appel au volontariat? Des scouts, des pompiers, de la population...Les moyens existent. Il faut seulement aller les chercher là où ils se trouvent.
Avoir laissé le problème perdurer si longtemps uniquement pour laisser «la poussière sous le tapis» rend les prédécesseurs de M.Sellal coupables devant l’Histoire. Le retard accumulé rend aujourd’hui la facture du désenvasement faramineuse. Il est vrai que la bataille de l’eau a été gagnée par la multiplication des barrages et autres retenues collinaires depuis une décennie, il n’en demeure pas moins vrai que l’envasement a accentué la pénurie qui a prévalu durant les décennies précédentes. Maintenant que l’eau coule dans nos robinets, disons comme M.Sellal dans sa conclusion: «Il vaut mieux en rire qu’en pleurer.»
Zouhir MEBARKI
dimanche 25 octobre 2009
Effet boule de neige
Mais de là à supposer qu’une loi algérienne de régulation des importations pouvait avoir une corrélation aussi directe et des retombées aussi «négatives» pour les exportateurs européens, qui l’eut imaginé? C’est pourtant le cas pour le grand port français de Marseille, touché de plein fouet par les mesures correctives (LFC 2009) prises par le gouvernement. Il faut dire aussi que Marseille vivait et se développait quasi uniquement grâce au commerce avec les ports algériens. Le port provençal souffre ainsi de la nouvelle situation créée par la LFC 2009 jusqu’à faire dire au secrétaire d’Etat français au Commerce, Hervé Novelli, qu’Alger «faisait fausse route».
Passons sur l’immixtion impromptue du ministre français dans une question de souveraineté nationale, mais relevons qu’est mis en lumière la large dépendance de certaines régions françaises de leurs exportations vers l’Algérie. Or, il se trouve que les producteurs et sous-traitants provençaux, tous secteurs confondus, ont mis à profit l’inertie de notre potentiel agroalimentaire, notamment en raison du recours de l’Algérie à l’importation tous azimuts, pour vivre presque exclusivement de leur commerce avec l’Algérie, devenant, au fil du temps, un obstacle patent au développement de la production nationale.
Importations qui, si elles font vivre, souvent grassement, nos fournisseurs, asphyxient les capacités de production de l’Algérie l’empêchant d’atteindre son autosuffisance alors qu’elle est dépendante aujourd’hui à 80% de l’importation toutes catégories confondues. Dès lors, il est normal que l’Algérie, à l’instar du reste du monde, notamment les pays industrialisés, protége d’abord son industrie et son agriculture en pleine restructuration, incapables de répondre aux besoins des consommateurs et de faire face à la concurrence étrangère. Ne pas tenir compte de cette donne c’était partir à l’aventure sans filet de secours. En réalité, longtemps cela a été le cas.
D’ailleurs, l’OMC exigeait de l’Algérie, pour son adhésion à l’organisation du commerce mondial, l’ouverture totale de son marché aux produits étrangers, comme le démantèlement tarifaire douanier, quand beaucoup de pays occidentaux luttaient bec et ongles, pour préserver les privilèges de leurs agriculteurs et industriels. L’affaire de la LFC met en fait, à mal ces mêmes agriculteurs, industriels et autres marchands de voitures dont le négoce fructueux était totalement tourné vers l’Algérie. Evidemment, au détriment du développement de notre propre production nationale.
L’interdépendance de l’Algérie avec ses partenaires étrangers suppose que les deux parties y trouvent leur compte. Est-ce le cas? Nous n’en jurerons pas, tant l’Algérie est devenue un dépotoir de tous les produits bas de gamme, fabriqués en Europe, en Chine et même aux Etats-Unis et autres contrées lointaines. D’ailleurs, le terme «Taiwan» est très significatif et est synonyme de tous ces produits frelatés ou de contrefaçon qui inondent le pays. Si la LFC réussit à mettre un terme à ces dérives, il faut sans doute s’en féliciter et c’est grand bien pour l’Algérie.
N. KRIM