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jeudi 25 août 2011

Copié-collé temporel

Certes, le monde est ainsi fait que, le cycle des saisons aidant, se reproduisent au fil des ans les mêmes phénomènes publics et collectifs, ici des bouchons de départ en vacances, là les ravages produits par la canicule ou les inondations, là encore les incendies ou les effets induits par les flux d’estivants ou de vacanciers d’hiver. Ces entorses à la routine et à la monotonie causent des dé-sagréments plus ou moins graves, plus ou moins bloquants, mais sachant que leur survenue est inéluctable, les sociétés s’y préparent et leurs gouvernants prennent des dispositions pour que la gêne ou le ravage soit réduit à sa portion congrue. Et chaque année, une fois l’orage passé, il s’établit un bilan, un débriefing pour voir si le dispositif mis en place a bien fonctionné, y relever et sérier les failles éventuelles et apporter les correctifs pour la saison suivante. Ces précautions et cette culture de veille sont des attitudes de gestion de la cité tout à fait normales, puisque ces problèmes sont prévisibles et la riposte à leurs dé-sagréments programmée. Il en est ainsi partout dans le monde. Mais dans leur irrépressible propension à cultiver le désir de se distinguer et de ne bien se mouvoir que dans l’exception, nos responsables font que chez nous, cela se passe autrement. D’une année à l’autre, on assiste aux mêmes phénomènes, petits tracas ou grands désastres, reproduits à l’exacte fidélité, comme dans une photocopie, à la nuance près si c’étaient des couleurs, à la virgule près si c’étaient des textes. Depuis non pas une ou deux années, mais des décennies, par exemple, tous les ramadhans pointent sur le calendrier avec leur provision inchangée de flambée des prix, ainsi que leur immuable fin chaotique à l’annonce de l’Aïd. Face à cette réédition de la même anarchie, les pouvoirs publics redoublent d’ingéniosité pour trouver la parade, mais elle ne reste valable que dans les confins de leurs communiqués. Si les citoyens, faisant contre mauvaise fortune bon cœur et prenant leur mal en patience, se sont acclimatés à l’anarchie dans les transports les jours de fête, les responsables des secteurs concernés semblent également s’être habitués aux mêmes désagréments, alors que leur rôle est justement d’éviter que cette anarchie se manifeste. Nul besoin d’être grand clerc pour imaginer des solutions les plus simples, comme celle de multiplier les moyens matériels, en y mettant le prix, évidemment, pour absorber le surcroît d’affluence et de pression les jours de l’Aïd. Par contre, l’énigme reste sans conteste les bousculades devant les bureaux de poste, le citoyen n’arrivant pas à comprendre comment et pourquoi l’Etat ne lui donne pas son propre argent. Des commerces qui ferment carrément pendant les jours de fête, les postes submergées, le chaos dans les gares et stations routières, ce copié-collé à travers les années n’a lieu qu’à la faveur de l’impunité. De là à dire que nous avons affaire à un Etat laxiste, il y a un pas que seule l’extrême complaisance empêche de franchir.

N.S.

vendredi 20 mai 2011

On ne fait pas du tourisme avec du leben

Hier, s’est ouvert le salon du tourisme et des voyages (Sitev) et cette activité est à inscrire au palmarès des innombrables colloques, séminaires, expos et autres manifestations qu’arborent au fronton de leur bilan annuel les responsables, locaux et centraux, du secteur. Certes, la tentation à laquelle il faut se garder de succomber est celle de ressasser l’éternel constat sur l’état, pas reluisant du tout, du tourisme en Algérie mais il reste des évidences dont la mise sous embargo tient au mieux de la complaisance, au pire du mensonge par omission.


Asséner à longueur d’année l’annonce de projets hyper ambitieux, avec leur lot de nombre d’hôtels et de lits et répéter avec insistance «la nécessité de promouvoir la destination Algérie» n’a pour le moment reçu aucun écho de la part du véritable et seul étalon de mesure, le nombre de touristes étrangers séjournant dans notre pays. La situation sécuritaire, nettement améliorée, ne constitue plus cet épouvantail qui rebutait l’intention même de lorgner du côté de chez nous, les atouts naturels comptent parmi les plus beaux de la région et la volonté politique de réhabiliter le secteur n’est pas en reste.


Donc où se situe la panne ? A la fois nulle part et partout, mais dans cette formule galvaudée, force est d’opter pour la deuxième partie, à savoir au niveau de l’approche générale, dans la culture est-on tenté d’ajouter. Autrement dit, une question de mentalité, et pas seulement celle des citoyens. Lorsque les pouvoirs publics ne réagissent presque pas lorsque des énergumènes s’attaquent à un des rares lieux du tourisme en Algérie, qui accueille tous ceux qui préfèrent le tourisme local, notamment les familles, ce lieu étant Tichy, c’est le tapis rouge déroulé devant des «descentes punitives» similaires.


D’ailleurs, quelques jours plus tard, il y a eu récidive dans les mêmes environs. Pense-t-on sérieusement accueillir les touristes étrangers, donc occidentaux, en continuant à fermer les bars dans la capitale, là où un étranger passe nécessairement, non pas pour s’enivrer mais juste pour se dé-saltérer ? Pense-t-on sérieusement ériger un tourisme qui fasse concurrence à nos voisins en fermant les lieux de loisir, notamment ceux nocturnes, alors que le loisir est le carburant et la pulsion première du touriste. On ne fait pas du tourisme avec du leben, messieurs les responsables du tourisme. Lorsque les lieux de vacances potentiels deviennent des repoussoirs même pour les Algériens, il est permis de douter que les étrangers soient assez masochistes pour s’enthousiasmer en faveur de la «destination Algérie».


N.S.

dimanche 27 décembre 2009

Le PT fait capoter le congrès du FLN

Le FLN a décidé le report de son congrès, brutalement, du jour au lendemain, sans même donner une explication. «On n’est pas prêt» se contente-t-il de dire. Le FLN, l’image d’un parti définitivement fâché avec tout esprit démocratique. Un parti qui ne participe pas, par l’exemple, à la culture de la transparence. Qui ne se donne même plus l’effort de la langue de bois. «On n’est pas prêt», qu’est-ce que cela peut bien vouloir dire ?

Depuis le temps que ce congrès, annoncé comme «capital» par Belkhadem, est préparé pour que, enfin, on s’aperçoive que rien n’est prêt, c’est-à-dire rien n’a été préparé. Est-ce ainsi que ce parti gère, gèrera, a géré le pays ? Dans l’imprévu, l’impréparé et le manque de mots, d’imagination politique, de souci de communiquer, pour le dire. On suppose en bon droit que c’est le président, qui est aussi «président d’honneur» du FLN, qui a décidé le report du congrès.

Mais le président, s’il peut avoir le désir de gérer le FLN, ne gère pas forcément sa communication. Voyons donc pourquoi il aurait décidé de ce rapport. Le seul fait précis d’actualité est la décision de Louisa Hanoune de s’allier avec le RND. Cette alliance avait surpris les observateurs politiques, à commencer par le FLN qui avait protesté comme si le PT était une de ses annexes.

Qui sait, si elle n’a pas surpris le président de la République lui-même ? Auquel cas, le congrès aurait été reporté pour faire face à la nouvelle donne. Le principal adversaire du FLN étant le RND, il y a urgence de tout revoir, jusqu’au congrès, pour affronter la situation. Si tel est le cas, Louisa Hanoune est-elle consciente des effets déstabilisateurs sur le vieux parti unique que son alliance avec le RND a provoqués ?

Et pourquoi aura-t-elle voulu le mettre dans un tel embarras ? On lui reproche de rechercher à consolider ses positions, profiter de l’exécutif, ce dont elle se défend. Si elle avait voulu participer à un gouvernement de privatisation, a-t-elle dit, elle aurait accepté d’en faire carrément partie. Alors que recherche-t-elle ? «Mon indépendance», dit-elle encore. Le mot est révélateur, car ce n’est généralement pas dans une alliance, quelle qu’elle soit, qu’on affirme son indépendance.

Il faut comprendre par là que le FLN avait réussi à satelliser le PT, qu’il s’apprêtait vraisemblablement à l’avaler tout crû durant le congrès, et qu’en s’alliant avec le RND, son premier adversaire, elle contrecarrait tous ses calculs. Jusqu’à plus amples informations, c’est la pasionaria algérienne, cette «dame de fer» comme l’appelle un journal étranger, qui est à l’origine du report du congrès du FLN. Ce qui explique bien des choses.

Brahim Djalil

lundi 16 novembre 2009

Courage, calmons- nous

Au lieu d’une atmosphère de deuil suite à la douche écossaise du match contre l’Egypte c’est, à l’Algérienne, une réaction de sursaut imprégnée du sentiment qu’on a perdu une bataille et pas la guerre, qui a prévalu. Au lieu de les décourager et de mettre en berne leur ardeur enthousiaste, le résultat a au contraire galvaudé les Algériens, qui ont afflué en masse vers l’ambassade soudanaise et les agences d’Air Algérie.

Le siège de cette compagnie a été littéralement assiégé, mais dans le calme et dans l’esprit festif, par les centaines de supporters qui, se trompant en réalité d’adresse, ne voulaient en aucun cas rater leur billet pour Khartoum. Les bruits les plus inquiétants et les rumeurs les plus folles ont circulé, rivalisant de nombre de morts et de blessés en Egypte, alimentant un sentiment de rancœur et son corollaire, l’appel à la vengeance.

Nous sommes dans le domaine sportif, où il ne faut jamais perdre de vue qu’il faut calmer le jeu. Hier, c’était une atmosphère bizarre, faite de joie, d’inévitables klaxons, de cris, d’acrobaties même, mêlant déception et espoir, impressions clamées par une foule en délire, jouissif certes, mais délire quand même.

Ce climat va baisser en cours de route et le soir du mercredi, en bien ou en mal, cet épisode sera déjà enregistré dans l’histoire. En tout cas, ce sont des moments de vie intense, qu’il faut savoir entretenir dans la sérénité.

N.S.

dimanche 15 novembre 2009

Ouvertures

Les étrangers connaissent leurs intérêts et les trouvent en Algérie. Le flux à Alger des responsables politiques en tête de délégations de patrons, les premiers se transformant en VRP au service des seconds, est un signe loin d’être trompeur sur ce regain d’attractivité. 
De toutes parts, d’Asie, d’Amériques et bien sûr d’Europe, il n’est pas un jour sans que soit annoncé l’arrivée ou le départ d’un groupe d’hommes d’affaires, ce chassé-croisé s’inscrivant en faux radical contre toutes les insinuations malveillantes contre les dispositions de la loi de finances complémentaire adoptée durant l’été.

Il n’y a rien d’anormal à ce que des hommes d’affaires étrangers, représentants de leurs Etats ou privés, soient animés par une volonté, d’ailleurs non dissimulée, de tirer profit des sommes astronomiques, comptabilisées en milliards de dollars, injectées dans l’actuel plan de développement.

Attirer les convoitises, c’est fait pour. Tous les partenaires étrangers sont donc accueillis avec déroulement de tapis rouge, pourvu qu’ils s’inscrivent dans le cadre de la loi et des attentes précisées par ladite LFC.

En tout état de cause, il est inscrit quelque part que quelque chose a changé dans ce pays, la croissance du partenariat, en qualité et en quantité, en étant une preuve palpable. La dynamique est irréversible et est lancée sur un train qui n’est pas pourvu de marche arrière. L’Algérie en bénéficie et les étrangers en profitent. C’est l’essence même du partenariat.

N.S.

mercredi 11 novembre 2009

Equité

C’est une marque de fabrique quasi génétique qui a stipulé, quelque part, que les femmes n’aiment pas le football. Cette prétendue vérité est généralement illustrée par le mari rivé sur l’écran, admirant un match et madame, debout, dans l’attente d’une quelconque attention.

Ce stéréotype est battu en brèche partout dans le monde, et il n’y avait aucune raison pour que «notre» gent féminine échappe à la règle de la passion pour le football. Depuis longtemps déjà, des équipes se sont formées, et elles ont un championnat bien suivi. En qualité de spectatrices, les femmes ont continué à bouder le sport roi, jusqu’à ce match du siècle que tout le monde attend, contre l’Egypte.

En réalité, un engouement, certes relatif, s’est déjà emparé d’elles, ainsi qu’il a été constaté lors des dernières rencontres de l’équipe nationale, avec un nombre de femmes dans la tribune, et en famille qui plus est.

Le constat a été confirmé juste après les victoires, avec les inoubliables fêtes, dans lesquelles les femmes ont tenu un rôle actif et plus qu’appréciable, et pas seulement par leurs youyous. Ainsi va le monde, et on n’arrête pas la marche inexorable du nivellement entre les deux sexes et de l’équité par le partage des passions entre femmes et hommes.

Il était dit que ce match va drainer des réactions et des habitudes inattendues et imprévisibles. Il nous en réserve d’autres. Et si c’est pour que la femme sorte et s’exprime haut et fort comme elle le fait déjà pour le football, ces surprises-là, on en redemande.

N.S.

samedi 7 novembre 2009

Que reste-t-il… de nos lectures ?

Le salon du livre a plié bagage, emportant le souvenir d’un évènement où s’entrecroisent et parfois s’entrechoquent les bonnes et les… moins bonnes impressions. Commençons par les mauvaises. Finalement, il n’y a qu’une, celle de l’humidité, sur laquelle d’ailleurs l’organisateur s’est expliqué, la liant à la nature du matériau recouvrant le chapiteau, à savoir la matière plastique. Plus q’un dé-sagrément, cette défaillance imprévue a pénalisé les éditeurs exposants, en abîmant en partie des livres.

Cependant, cette explication est elle-même à lier à un autre phénomène, constituant l’immense motif de fierté et de réconfort observé lors de ce salon du livre, l’affluence. L’extraordinaire, la formidable, l’incroyable, l’impressionnante, la fabuleuse affluence. Nous sommes, contrairement à une idée reçue et fortement ancrée dans les mœurs, un peuple de grands lecteurs, qui tient en très haute considération l’objet culturel le plus indispensable, le livre. Pour l’avoir, l’Algérien, tel qu’on l’a vu, peut dépenser, se priver même, et surtout, se soumet-tre au diktat de l’attente ; de la file indienne et même de la bousculade.

Quel beau spectacle qu’une cohue devant un étal d’éditeur. Quelle magnifique image que toutes ces gens slalomant entre les rayons ou attendant patiemment leur tour lors d’une vente-dédicace, après avoir supporté durant plus d’une heure d’embouteillage, patiemment et sans maugréer.

Comme toute grande manifestation, elle comportait des lacunes, mais qui se sont avérées négligeables devant le spectacle de la foule avide de livres. Vive le livre, et tout le reste n’est que littérature…

N.S.

jeudi 5 novembre 2009

Sursaut salvateur

Un évènement très important s’est déroulé ces derniers jours, qui mérite un meilleur traitement analytique. Le kidnapping s’est installé en Kabylie comme un crime presque routinier avec, à quelques nuances près, la même catégorie de victimes, les mêmes ravisseurs, en l’occurrence des terroristes, et le même dénouement heureux, la libération de la personne enlevée après paiement d’une rançon.

On aurait pu ajouter «avec la passivité de la population», choquée mais se contentant d’un soutien moral, si cette fois-ci le processus ne s’était pas déroulé suivant le scénario désormais classique. N’en pouvant plus de rester les bras croisés et d’assister sans réagir à l’enlèvement d’un des leurs, si ce n’est participer à la cotisation pour amasser la rançon, les villageois d’Isselladjen (d’où est originaire le propriétaire du motel enlevé) se sont souvenus que, comme tous les Algériens, ils sont des hommes de dignité et d’honneur, et que leur passivité ne fait qu’encourager ces actes criminels de rapts.

Cette fois donc, ils se sont mobilisés et ne se sont pas laissés faire, criant haut et fort leur colère et manifestant leur conviction que cette fois «ça ne passera pas». Le commerçant enlevé a été donc remis en liberté et tout est mal qui finit bien. Pour les forces de sécurité, qui bien entendu déploient à chaque fois d’intenses efforts en pourchassant les ravisseurs, cette mobilisation citoyenne est d’un apport considérable, appelant une meilleure coordination.

En tout état de cause, s’il fallait une preuve, cet épisode de mobilisation populaire en est une tangible. C’est là un résultat concret, sur le principe que la contribution de la population dans le combat contre les ravisseurs en particulier et dans la lutte antiterroriste en général sont toujours payants et s’avèrent nécessaires. L’objectif concerne la collectivité entière, appelant donc une mobilisation collective.

N.S.

mardi 3 novembre 2009

L’acrobate

Sans verser dans des conclusions hâtives, à diagnostiquer ce que l’actualité nous livre comme dissidences et tensions dans toute la mouvance, il ressort sans conteste que le mouvement islamiste politique en Algérie donne de sérieux signes d’essoufflement. Même si de nouvelles figures émergent, à l’instar de Fateh Rebai, Djahid Younsi ou Djamel Benabdeslam, les leaders actuels, suivis ou honnis, restent Soltani et Djaballah.

Ce dernier, même si l’information était dans l’air après ses multiples et infructueuses démarches pour se réinstaller dans sa famille politique naturelle, a annoncé sa demande d’agrément pour un nouveau parti. Djaballah, vieux routier de la politique, depuis son parcours d’agitateur à l’université jusqu’à sa position de leader d’Ennahda en passant par les appels du pied restés vains du Fis, a toujours eu un parcours atypique.

Indéniable orateur et harangueur de foules, il tient cette aura de son apparente, donc trompeuse, douceur et de son caractère (toujours apparemment) affable, le tout sur fond d’intransigeance pour tout ce qui tient à ses convictions profondes devant déboucher sur l’érection d’un Etat islamique, et seulement ça.

Relativement jeune (chez nous, on l’est à plus de cinquante ans, en politique), il se meut et louvoie entre les crises comme un vieux briscard, choisissant la tactique qu’il faut face à l’adversaire qu’il faut et déployant des trésors d’imagination en matière de travail de coulisses pour broyer toute velléité de scission partisane, vertus qui bien sûr ne lui ont pas toujours réussi.

Ce pourquoi il en est là, en hère politique à tenter de se remettre sur une rampe de lancement. Ses indéniables qualités politiciennes en font un homme imprévisible qui, tel un acrobate, retombe toujours sur ses pieds. Mais, agrément ou pas, il reste marqué par son talon d’Achille : Djaballah n’est jamais arrivé et n’arrivera pas à fédérer autour de lui.

N.S.

lundi 2 novembre 2009

Gréviste professionnel?

Les enseignants sont dans leur droit absolu et légitime de revendiquer en permanence pour améliorer leur situation socioprofessionnelle et de mener les actions qu’ils estiment les plus efficaces afin d’arracher leurs droits. Souvent, les syndicats se plaignent que leurs doléances demeurent sans écho et fustigent en conséquence la «sourde oreille» de la tutelle.

A ceci près que maintenant, ce n’est absolument pas le cas et ce serait faire montre de cécité mentale que de mettre sous embargo l’engagement du ministre en personne de maintenir le dialogue.

Cette déclaration a été d’ailleurs faite devant le Sénat et un round de discussions a été quasi simultanément tenu avec un des syndicats, le Cnapest en l’occurrence. Mais rien n’y fit ; la grève annoncée pour le 8 novembre est bel et bien maintenue. Le CLA (Conseil des lycées d’Algérie) quant à lui, précise qu’il ne s’associe pas à la même démarche, mais qu’il fera quand même grève, illimitée qui plus est, à partir du… lendemain.

Vraiment, ça commence à bien faire cette enfilade d’arrêts de travail, qui pénalise au plus haut point ceux dont on ne parle presque jamais dans les plateformes de revendications, les élèves. Ce sont eux les véritables victimes et nul n’a le droit de jouer avec l’avenir d’une génération entière.

On dit bien génération, parce que le phénomène des grèves se reproduit chaque année et au bout du compte, l’on se retrouve avec des diplômés incultes et dépourvus de savoir, et ce n’est pas absolument leur faute. En tout cas, ce n’est pas la faute à la volonté de dialogue pour mettre fin à toute cette agitation.

N.S.

dimanche 1 novembre 2009

Les héritiers

Le 1er Novembre signifie pour chaque Algérien le premier jour où son pays a entamé une lutte qui l’a mené à son indépendance. C’est une date symbolique car ce jour-là, tout au moins sur le plan factuel, il ne se passa pas grand-chose. Quelques attentats dans certains points du territoire dont la plupart ne furent pas une réussite.

Mais sur le plan de l’Histoire et de la dynamique historique, ce qui se passa alors fut énorme. Une révolution. Sous la conduite du FLN, elle engagea la majorité du peuple. Se termina-t-elle, cette révolution, en 1962, avec l’indépendance ? Naturellement. L’objectif était atteint. On a mis cependant quelque vingt-six ans pour commencer à le comprendre. 1988 et toutes les années de ce qu’on appelle la «décennie noire» entretinrent l’illusion, chez beaucoup de gens, qu’une autre révolution était encore possible, dans la continuité de la précédente et tout à la fois dans la rupture avec elle.

La révolution verte annoncée donna du rouge partout. Un terrible bain de sang. Les cicatrices sont vives, on panse encore les blessures. Désormais, on sait que l’Algérie a grandi, s’est assagie, s’est désabusée, et tout ce qu’on veut. Elle revendique du travail, du confort, de l’argent. Oui mais comment les obtenir ? Comment oublier que la seule méthode par laquelle nous avons obtenu notre droit à l’existence fut de recourir aux solutions extrêmes ? Cette culture de la violence, du radicalisme…

Désapprendre la révolution est une révolution en soi-même. Mais où sont ceux qui doivent nous l’enseigner, qui doivent nous enseigner comment marcher dans ce monde en mettant un pied devant l’autre, comment construire brique après brique, comment tracer le chemin jour après jour sans nous perdre dans le désarroi, la colère, l’impatience ? En somme, comment oublier les héros de notre Révolution, emprisonnés par une imagerie officielle dans leur inhumanité guerrière, et les ramener vers nous, et les étreindre et entendre leur cœur palpiter contre le nôtre ?

C’est peut-être un autre 1er Novembre qu’il nous faudra fêter, non plus celui qui s’extasie devant quelques coups de feu tirés çà et là mais celui qui nous dira que des hommes infiniment plus grands, des visionnaires, des «prophètes» à la foi inébranlables ont annoncé une nouvelle ère pour notre pays. Les coups de feu tirés ne seraient plus alors qu’un baroud qui, en lui-même, ne voulait rien dire.

Beaucoup plus importants étaient les femmes et les hommes qui, partout, en Algérie d’abord, dans le monde entier ensuite, l’avaient ressenti parcourir leurs corps et leurs esprits comme un grand frisson qui ne cessera jamais. Il en est aujourd’hui qui le ressentent encore. Ceux-là sont les héritiers de Novembre. Ce sont eux le gage de l’avenir.

A. K.

samedi 31 octobre 2009

Les héritiers

Le 1er Novembre signifie pour chaque Algérien le premier jour où son pays a entamé une lutte qui l’a mené à son indépendance. C’est une date symbolique car ce jour-là, tout au moins sur le plan factuel, il ne se passa pas grand-chose. Quelques attentats dans certains points du territoire dont la plupart ne furent pas une réussite. Mais sur le plan de l’Histoire et de la dynamique historique, ce qui se passa alors fut énorme.

Une révolution. Sous la conduite du FLN, elle engagea la majorité du peuple. Se termina-t-elle, cette révolution, en 1962, avec l’indépendance ? Naturellement. L’objectif était atteint. On a mis cependant quelque vingt-six ans pour commencer à le comprendre. 1988 et toutes les années de ce qu’on appelle la «décennie noire» entretinrent l’illusion, chez beaucoup de gens, qu’une autre révolution était encore possible, dans la continuité de la précédente et tout à la fois dans la rupture avec elle.

La révolution verte annoncée donna du rouge partout. Un terrible bain de sang. Les cicatrices sont vives, on panse encore les blessures. Désormais, on sait que l’Algérie a grandi, s’est assagie, s’est désabusée, et tout ce qu’on veut. Elle revendique du travail, du confort, de l’argent. Oui mais comment les obtenir ? Comment oublier que la seule méthode par laquelle nous avons obtenu notre droit à l’existence fut de recourir aux solutions extrêmes ? Cette culture de la violence, du radicalisme…

Désapprendre la révolution est une révolution en soi-même. Mais où sont ceux qui doivent nous l’enseigner, qui doivent nous enseigner comment marcher dans ce monde en mettant un pied devant l’autre, comment construire brique après brique, comment tracer le chemin jour après jour sans nous perdre dans le désarroi, la colère, l’impatience ?

En somme, comment oublier les héros de notre Révolution, emprisonnés par une imagerie officielle dans leur inhumanité guerrière, et les ramener vers nous, et les étreindre et entendre leur cœur palpiter contre le nôtre ? C’est peut-être un autre 1er Novembre qu’il nous faudra fêter, non plus celui qui s’extasie devant quelques coups de feu tirés çà et là mais celui qui nous dira que des hommes infiniment plus grands, des visionnaires, des «prophètes» à la foi inébranlables ont annoncé une nouvelle ère pour notre pays.

Les coups de feu tirés ne seraient plus alors qu’un baroud qui, en lui-même, ne voulait rien dire. Beaucoup plus importants étaient les femmes et les hommes qui, partout, en Algérie d’abord, dans le monde entier ensuite, l’avaient ressenti parcourir leurs corps et leurs esprits comme un grand frisson qui ne cessera jamais. Il en est aujourd’hui qui le ressentent encore. Ceux-là sont les héritiers de Novembre. Ce sont eux le gage de l’avenir.

A. K.

jeudi 29 octobre 2009

Justice et Etat de droit

L’ouverture de l’année par le président de la République, rendez-vous de nature éminemment politique qu’il ne rate jamais, est un signe de l’attachement de Bouteflika à l’érection d’un Etat de droit digne de ce nom. Toutes les réformes qui sous-tendent celle de la justice s’inscrivent dans cette optique, avec leurs résultats positifs et leurs lacunes.

Il y a le discours officiel dont tout un chacun peut se servir comme d’une rame, et il y a la réalité des faits sur la route de la constitution d’un Etat de droit. Aussi, comme éclairage, l’on ne peut que souscrire à cette approche qu’ont les Anglais de cette question, signifiant en substance que l’Etat de droit est la façon dont l’Etat protège les citoyens contre ses propres fonctionnaires.

Dans cette formule se cristallisent l’esprit comme la lettre de tout ce qu’on peut espérer comme ligne directrice dont devraient s’imprégner tous ceux investis de cette mission. Il est évident que la crédibilité de tout Etat se mesure à ce critère de respect du droit d’abord par ses fonctionnaires.

A contrario, ce sont les atteintes à ce droit qui peuvent éclabousser cette crédibilité, en dépit de toutes les professions de foi et déclarations, aussi sincères soient-elles, émises à ce sujet.

La construction de l’Etat de droit est une affaire de longue haleine, un chemin semé d’embûches, qui ne sont évidemment pas le fait de celui qui devrait en être le premier bénéficiaire, à savoir le citoyen. L’approche britannique est à méditer. Et aussi à adapter et surtout à mettre en œuvre.

N .S.

mercredi 28 octobre 2009

Le nerf de la guerre

Sans vouloir baliser le débat avant même que le texte de loi sur le nouveau code communal soit débattu par les députés, Zerhouni a mis le doigt sur un aspect très important, à savoir le socle financier de l’APC. Le ministre de l’Intérieur a précisé son approche en ces termes : «il ne sert à rien de confier à une commune trop d’attributions si elle ne dispose pas de ressources ou n’est pas capable d’en mobiliser», juste après avoir déclaré que «la “véritable” réforme de la commune et du code communal est la réforme des finances et de la fiscalité locales».

L’Etat s’évertue, comme il l’a déjà fait, à effacer les dettes des communes pour ne pas laisser les élus empêtrés dans le bouclage des fins de budgets annuels, mais cela ne devrait pas signifier pour autant le recours systématique à ce soutien, sous le sceau de l’assistanat public. Il y a certes des APC totalement dépourvues de moyens financiers, mais pour la plupart, les ressources sont là, à portée de recherche et suivi.

Il suffit de savoir, d’abord vouloir, les mobiliser. Pour certaines APC, les ressources patrimoniales sont immenses, mais laissées en jachère, ainsi que les possibilités de récolter et de fructifier la fiscalité locale. Des partis réclament à cor et à cri, à juste titre d’ailleurs, une clarification, voire un renforcement de leurs prérogatives.

Mais à quoi serviraient des prérogatives très larges en l’absence de finances, surtout lorsqu’elles sont là, à côté, mais toujours inexploitées et parfois inexplorées? Sans aller jusqu’à considérer la commune comme une entreprise, dont le but lucratif constitue le seul carburant, le moment est venu pour que les élus locaux se penchent sérieusement sur les moyens de faire rentrer de l’argent dans les caisses de leur commune.

C’est aux élus de trouver, autant que faire se peut, le nerf de la guerre pour assurer le développement local. C’est là un vecteur très important et incontournable à traiter pour la réforme envisagée. Cette réforme est bien entendu d’essence politique. Sur fond de nature éminemment économique.

N.S.

mardi 27 octobre 2009

Commercer avec nos frères

Il existe un comité chargé des accords commerciaux, présidé par le Premier ministre en personne, et c’est tant mieux. Lorsqu’on s’aperçoit qu’un accord n’est pas bon, qu’il ne donne pas de bons résultats ou, pire, qu’il en génère de mauvais, il existe une instance au pouvoir décisionnel pour y mettre un terme d’une manière ou d’une autre. De quoi s’agit-il en l’occurrence ? De l’adhésion algérienne, voici une année, à une zone arabe, dite Zale. Les bonnes intentions sont légion.

On pouvait attendre de cette adhésion autant de bénéfices matériels ou politiques que de satisfaction de principes. Si rares sont les espaces où les Arabes peuvent commercer, parler, s’entendre que cette Zale, on y adhère les yeux fermés. Pourtant, le bon sens appelle à la prudence. Il n’y a rien, absolument rien qui existe ou qui subsiste de ce fantasme récurrent qu’est le monde arabe. Rien à en attendre, rien à en espérer. Plus près de nous, le Maghreb offre un exemple éloquent de cette situation.

Mais il est des domaines où c’est le cœur qui parle avant la raison. Une année après l’adhésion à ladite Zale, on n’exporte pas plus à destination des Arabes. Non seulement le peu de produits que nous fabriquions localement ne s’exportent pas, mais ils sont concurrencés ici même par des produits de même qualité, voire de qualité inférieure, que nous importons, via la Zale, de pays arabes.

Bref, à défaut de remettre en cause une adhésion, le gouvernement se chargera simplement d’interdire certains produits qui posent problème. Pour cela, le ministre du Commerce adressera ses propositions d’interdiction au comité en question, lequel le «finalisera» avant d’en discuter, dans le cadre de la Ligue arabe, avec les pays frères.

Si on tombe d’accord, la décision sera appliquée, étant bien entendu qu’il ne s’agit là que «de mesures préventives». Rien de bien méchant, autrement dit. D’ailleurs, le ministre Djaâboub, qui est à l’origine de cette mesure d’interdiction, se veut des plus rassurant. Pour lui, la crainte d’une hausse des importations en provenance des pays arabes avec l’adhésion de l’Algérie à la Zale n’est pas justifiée.

Les importations algériennes depuis cette zone n’ont pas augmenté en valeur après l’entrée en vigueur de cet accord. «Après 9 mois de l’entrée en vigueur de l’accord, le volume des importations des pays arabes est le même que l’année dernière. Seuls 3% des importations algériennes sont d’origine arabe alors que celles de France sont de l’ordre de 25 %», a-t-il encore indiqué. Soit, mais alors pourquoi cette liste d’interdiction ?

A. K.

lundi 26 octobre 2009

Un quant à soi s’il vous plaît !

Si Sarkozy considère que la France doit cesser de demander pardon, après l’avoir fait pourtant pour bien d’autres crimes, c’est qu’il estime que la colonisation de l’Algérie ne le mérite pas. Car cette posture du président français vise l’Algérie, c’est très clair. Mais pourquoi ? Relevant du symbolique, en quoi la repentance pour des crimes commis par un système colonial aujourd’hui révolu, gênerait-elle un pays comme la France ? Il faut en rechercher les causes dans le politique et nulle part ailleurs.

On peut supposer que Sarkozy vise un électorat précis, mais l’hypothèse est hasardeuse en périodes non électorales comme c’est le cas actuellement. L’art de la politique des gouvernements français envers leur ancienne colonie consiste à créer des problèmes superflus pour les négocier ensuite contre des intérêts bien évidents. Chirac voulait un «partenariat stratégique» avec l’Algérie pour l’intégrer tout à fait à sa zone d’influence maghrébine. Il aurait pu faire un geste de repentance si, par prudence, ses interlocuteurs algériens n’avaient pas jugé plus opportun d’attendre sa succession.

Ils s’étaient contentés de dénoncer la loi sur les «bienfaits» du colonialisme pour légitimer leur prudence. Cette loi n’existait plus à l’arrivée de Sarkozy, mais l’enjeu de mémoire avait émergé. L’Algérie tenait un argument qu’elle n’entendait plus lâcher : inverser les «bienfaits» en méfaits. La repentance devenait une logique de la relation politique. Sarkozy a cru bien faire en s’emparant de cet argument pour le retourner en sa faveur. Son refus de la repentance équivaut à une carte entre ses mains qu’il ne lâchera que contre des concessions, notamment économiques, algériennes.

Ce en quoi, il se trompe. Bouteflika, tout ancien moudjahid qu’il fut, est un homme politique aussi. Il ne fera pas de concession pour obtenir une repentance dont il sait que, dans la complexité du système politique français, elle n’aurait qu’une valeur relative et symbolique. Sarkozy croit avoir en main une carte qu’il n’a pas en réalité. Bouteflika fait semblant de vouloir une carte dont il n’a que faire en réalité.

Qui est en position de force – on parle naturellement ici d’économie seulement, de ce qui détermine en dernière instance, comme dit l’autre ? Celui qui possède du vent, ou celui qui fait semblant de vouloir du vent ? Imaginons que tout à coup Sarkozy accomplisse ce geste qui lui est demandé – et par qui vraiment lui est-il demandé en fait ? Deviendrions-nous des amis ? Peu probable. Il n’y a pas d’amitié dans les relations internationales, il n’y a que des intérêts bien compris. Après la repentance, la réparation par exemple. Et après la réparation, les modalités de la réparation.

Ainsi de suite. Le piège est là, mais il n’est rien à côté de la situation où risque de se retrouver l’Algérie s’il advenait qu’elle renonce à son exigence de repentance. Autant dire qu’elle renoncerait à sa mémoire, cette mémoire qui fait que quand on n’est pas assez malin dans ce monde infesté de requins, quand on ne sait pas signer ou faire appliquer un bon contrat (voir l’épisode de la Société des eaux par exemple), il vaut mieux avoir un quant à soi comme issue de secours. Le cave se rebiffe, disait le titre d’un polar.

A. K.

dimanche 25 octobre 2009

Justice contre intox

L’affaire Khalifa ne cesse d’alimenter les discussions, et entre propos sur son extradition et le report de celle-ci, on oublie presque que ledit scandale a fait des victimes, connues sous le nom générique de «clients spoliés». Elles continuent à réclamer que justice soit faite. Le fait même que l’Etat poursuive ses démarches, par le biais légal évidemment, pour ramener le principal accusé en ses terres, devrait suffire à réconforter et ces victimes, et l’opinion publique de façon générale.

Si l’affaire s’est révélée comme un immense scandale, impliquant des personnalités importantes, ce qui a fait jaser ceux qui estiment que l’Etat était en cause, c’est ce même Etat qui a engagé de façon ferme, résolue et sans relâche des poursuites contre le «golden boy» déchu de son statut.

Ceux qui doutent en ont pour leurs frais. Malheureusement, cet épisode n’a pas provoqué l’arrêt des malversations, actes de corruption et autres pratiques financières frauduleuses, ainsi qu’en témoignent les récentes affaires à l’origine de l’interpellation d’importants cadres de ministères et de sociétés nationales.

Mais encore une fois, se pose un problème, s’articulant autour de l’introduction du doute à chaque fois qu’un cadre supérieur est pris la main dans le sac. S’il est normal et logique que les avocats, qui sont dans leur rôle, le défendent en usant de tous les arguments pour disculper leur client, il est navrant que des leaders politiques s’ingèrent dans la brèche et reviennent ressasser la formule éculée et usée jusqu’à la corde du «fusible».

Mais que l’inculpé ait agi en solitaire, par des «actes isolés» ou avec la complicité de tout un réseau d’autres responsables, c’est à la justice et à elle seule de trancher. C’est ce que ne semblent pas avoir compris ces leaders politiques. A moins qu’au contraire, ils aient très bien compris l’enjeu de l’intox, et qu’ils en usent et abusent à leur guise.

N. S.

La transparence sinon l’émeute !

Monsieur Noureddine Yazid Zerhouni, ministre de l’Intérieur et des Collectivités locales de la RADP, assure que les autorités ont «les moyens de reloger les véritables habitants de Diar Echems», mais que l’opération de relogement doit se dérouler «dans un climat serein et organisé». Aussi, conseille-t-il aux émeutiers de Diar Echems de «ne pas se laisser influencer» par les manipulateurs et de «faire preuve de patience».

Des propos qui iraient probablement comme un gant aux locataires des quartiers cossus des hauts d’Alger, mais qui écorchent les oreilles des «bidonvillois», ces g(h)âchis devenus la lie de l’Algérie qui se dessine. Dans le cas de ceux-là, tous les conseils sonnent mal. Tous les arguments fondent comme beurre au soleil face aux plaintes de gens – qui sont autant algériens que vous et moi – lorsqu’ils vous assurent que chez eux l’exigüité des lieux fait qu’on dort à tour de rôle et qu’on est contraint d’aller enfiler son pantalon dans… les toilettes. Puis, dans le cas de Diar Echems, les autorités ne semblent prévoir de solution que pour «les véritables habitants» de la cité.

Les autres seraient-ils de faux habitants ? De faux Algériens, peut-être ? Le bidonville de Diar Echems n’est-il pas cette extension naturelle de la cité que le génie populaire désigne ironiquement sous le vocable «le compartiment»? Chez nous en Algérie, la crise du logement s’hérite désormais de père en fils et s’étend jusqu’aux morts dans le cas de certains de nos cimetières.

Entre-temps, l’Etat est occupé à compter l’argent des Algériens qu’on détourne si facilement et à dénoncer les… repris de justice, ce produit pur sucre du système. Des «repris de justice» apparemment conscients qu’on détourne leurs logements plus vite qu’on ne détourne leur argent.

Revoir le rôle des associations de quartier ne fera que compliquer le problème si la distribution du logement ne s’effectue pas selon des critères reconnus équitables et dans une transparence absolue.

Et éviter d’associer les concernés à l’opération ne fera que confirmer les préférences pour la pêche en eau trouble. Beaucoup de candidats aux municipales ne se sont-ils pas, de leurs propres aveux, présentés aux élections juste pour décrocher… un logement.

Par Mohamed Zaâf

La transparence sinon l’émeute !

Monsieur Noureddine Yazid Zerhouni, ministre de l’Intérieur et des Collectivités locales de la RADP, assure que les autorités ont «les moyens de reloger les véritables habitants de Diar Echems», mais que l’opération de relogement doit se dérouler «dans un climat serein et organisé». Aussi, conseille-t-il aux émeutiers de Diar Echems de «ne pas se laisser influencer» par les manipulateurs et de «faire preuve de patience».

Des propos qui iraient probablement comme un gant aux locataires des quartiers cossus des hauts d’Alger, mais qui écorchent les oreilles des «bidonvillois», ces g(h)âchis devenus la lie de l’Algérie qui se dessine. Dans le cas de ceux-là, tous les conseils sonnent mal. Tous les arguments fondent comme beurre au soleil face aux plaintes de gens – qui sont autant algériens que vous et moi – lorsqu’ils vous assurent que chez eux l’exigüité des lieux fait qu’on dort à tour de rôle et qu’on est contraint d’aller enfiler son pantalon dans… les toilettes. Puis, dans le cas de Diar Echems, les autorités ne semblent prévoir de solution que pour «les véritables habitants» de la cité.

Les autres seraient-ils de faux habitants ? De faux Algériens, peut-être ? Le bidonville de Diar Echems n’est-il pas cette extension naturelle de la cité que le génie populaire désigne ironiquement sous le vocable «le compartiment»? Chez nous en Algérie, la crise du logement s’hérite désormais de père en fils et s’étend jusqu’aux morts dans le cas de certains de nos cimetières.

Entre-temps, l’Etat est occupé à compter l’argent des Algériens qu’on détourne si facilement et à dénoncer les… repris de justice, ce produit pur sucre du système. Des «repris de justice» apparemment conscients qu’on détourne leurs logements plus vite qu’on ne détourne leur argent.

Revoir le rôle des associations de quartier ne fera que compliquer le problème si la distribution du logement ne s’effectue pas selon des critères reconnus équitables et dans une transparence absolue.

Et éviter d’associer les concernés à l’opération ne fera que confirmer les préférences pour la pêche en eau trouble. Beaucoup de candidats aux municipales ne se sont-ils pas, de leurs propres aveux, présentés aux élections juste pour décrocher… un logement.

Par Mohamed Zaâf

samedi 24 octobre 2009

Espace souverain

Devant l’APN, le ministre des Finances, qui aurait pu bomber le torse en annonçant les chiffres plus que réconfortants de la dette publique, passée au-dessous du seuil du 1% du PIB, n’a pas versé dans le triomphalisme.

Depuis la LFC, on l’a souvent vu monter au créneau pour expliquer, expliciter et clarifier les tenants et aboutissants de ce document et ce week-end, il a continué sur la lancée du travail de levée des ambiguïtés, en abordant le budget alloué au Smig, tel qu’annoncé dans la loi de finances 2010.

Karim Djoudi a fait œuvre de pédagogie en précisant que la somme annoncée est «une provision et non pas une dépense». C’est un signal fort qu’il adresse, au nom du gouvernement bien sûr, aux partenaires sociaux, syndicats et patronat, ainsi qu’à l’opinion publique en général, en rappelant que, contrairement à l’idée avancée récemment, la tripartite est toujours non seulement utile mais encore souveraine. Mieux, il précisera que les négociations et les résolutions qui en émaneront pourront faire réviser à la hausse (ou à la baisse, pourquoi pas) la valeur du prochain Smig.

Il est vrai que par un réflexe légitime, l’annonce du chiffre global a suscité des réactions d’hostilité de la part de syndicats autonomes. Cette clarification est venue à point nommé pour calmer les esprits.

Elle est venue surtout rappeler que si l’Etat a mis en place une instance de dialogue telle que la tripartite, qui parvient à concilier les intérêts apparemment contradictoires du patronat, des syndicats et du gouvernement, ce n’est pas pour «s’amuser» aujourd’hui à la saborder en lui ôtant toute crédibilité.

Au contraire, une telle déclaration rappelle ce que lui confère sa vraie nature : un espace irremplaçable de dialogue et de concertation. Et d’évitement de problèmes sur le front social, dont l’Algérie est toujours gagnante à faire l’économie.

N.S.