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dimanche 27 décembre 2009

Le temps des prédateurs

Une augmentation de salaire sert à améliorer le pouvoir d’achat, à aider les travailleurs et les ménages à mieux résister aux difficultés quotidiennes. Manifestement, les maigres acquis de la dernière tripartite n’auront servi à rien puisque les prix des légumes frais et secs, aliments des Algériens, ont flambé brutalement et sans raison valable. Les rapaces ont donc la peau dure et défient ouvertement la puissance publique.

Les consommateurs sont livrés poings et pieds liés à ces suceurs de sueurs qui semblent bénéficier d’une protection puissante puisqu’ils contrôlent tout le marché des fruits et légumes et décident des prix des produits de première nécessité comme ils veulent et à tout moment, sans aucune logique de la loi de l’offre et de la demande. Au nom d’une loi permissive, les prix sont libres et soumis au principe de l’offre et de la demande. Le puissant lobby de spéculateurs, lequel domine le marché des produits agroalimentaires, use et abuse de ce principe à volonté.

Face à ce lobby puissant qui contrôle le marché de gros et distribue les marchandises avec parcimonie afin de garder les prix à un niveau de spéculation, les pouvoirs publics semblent être impuissants en raison de l’improvisation dont ils font preuve à chaque flambée des prix.

C’est ainsi qu’on a assisté à des réactions d’impuissance face aux agissements illégaux et préjudiciables des magnats du marché, comme si les pouvoirs publics ne disposent pas de moyens pour combattre ces rapaces et les mettre une fois pour toute hors d’état de nuire. faudrait-il que le couteau atteigne l’os pour que l’on décide de revoir la loi sur la concurrence et les prix.

Une loi élaborée dans les années quatre-vingt-dix à la faveur de l’instauration de l’économie de marché qui a laissé les prix libres, comme si le marché algérien pouvait s’autoréguler alors qu’il est dominé par des requins qui ne pensent qu’au profit rapide par tous les moyens. L’Etat, qui ne s’est pas désengagé de certains secteurs moins névralgiques, a remis les rênes d’une économie en mutation à des milieux d’affairistes et de parasites qui ont failli ruiner le pays après avoir dilapidé ses richesses foncières et financières.

Profitant de l’affaiblissement de l’Etat et de son investissement total dans la lutte antiterroriste et l’isolement international qui a marqué cette période, des cercles qui avait un pied dans les institutions de l’Etat et un autre dans les affaires ont transformé l’économie nationale en bazar, compliquant davantage une situation précaire pour les citoyens à faible revenu et élargissant le fossé entre la minorité nantie et la majorité qui se débattait dans des difficultés quotidiennes en plus de sa lutte pour sa survie face à la barbarie terroriste.

La phase de l’import-import, qui a provoqué une hémorragie des ressources nationales en devises au seul profit des spéculateurs nationaux qui se sont alliés à leurs semblables étrangers, s’est conjuguée à une spéculation sans précédent. Le pouvoir d’achat des travailleurs et ménages s’est donc vu rogné par ces maîtres de l’arnaque et la forte inflation provoquée par une économie comprador qui ne produit ni richesses, ni valeur ajoutée, ni emploi. La remise en cause de ces choix initiaux à partir des années 2000 n’a pas été suivie de la révision de la loi de la concurrence et des prix qui est favorable à ces snipers des bourses faibles mais majoritaires.

Par Abdelkrim Ghezali

lundi 16 novembre 2009

De quelle fraternité parle-t-on ?

Les rumeurs les plus folles ont circulé, hier, à travers toute l’Algérie. Tout le monde parle d’un scénario catastrophe. Mais une chose est certaine : il y a eu violence et le sang algérien a coulé au Caire. Et c’est dans la capitale d’un pays, que les autorités du pays continuent à qualifier de «frère», que les Algériens, venus normalement en invités, sont agressés. Les supporters qui ne cherchaient en fait que de la joie ont eu comme seule réponse des jets de pierres et des coups de poing.

Quel désastre !! Quel gâchis ! En fait, cela n’est absolument pas nouveau, même si le propos peut paraître un peu dur ou parfois déplacé. Car, à y regarder de près, cette violence ne peut jamais être le fait de groupuscules isolés, déchaînés. Jamais cela ne peut être un acte spontané. Jamais cela ne serait survenu s’il n’y avait pas la bénédiction des autorités égyptiennes. Et la preuve de cela est simple à vérifier : le président de la Fédération égyptienne de football, Samir Zaher, a franchi le Rubicon jusqu’à affirmer que ce sont les joueurs algériens qui ont orchestré l’attaque éhontée de jeudi soir contre le bus qui les transportait de l’aéroport du Caire à l’hôtel.

Quelle hérésie ! Quelle insolence !! Cela est simplement stupide, et il n’y a qu’à voir la tête bandée de Lemouchia, celle de Rafik Halliche ou la main blessée de Rafik Saïfi pour démentir le délire du dirigeant égyptien. Honteuse est encore cette image de policiers cairotes qui, au lieu de protéger les supporters et les joueurs, ont agressé des journalistes algériens après la fin de la rencontre. La seule conclusion qu’il faut tirer de ces jours de tension extrême est donc que le traquenard de jeudi et l’agression de samedi soir ont été tout simplement prémédités. Pas par les supporters, dont l’émotion peut, certes, conduire à des escarmouches, mais par des responsables d’un pays en mal dans leur peau.

Des dirigeants qui n’ont rien à vendre à leur peuple que la victoire d’un match de football, qui ne doit pas, en principe, dépasser le cadre d’une simple rencontre sportive. Sans plus. Et le sang des Algériens est apparemment la voie la plus facile pour Moubarek pour placer sans fils sur les rails de la présidence égyptienne qui s’approche.Face à cela, les jeunes Algériens ont montré, hier, leur sportivité en scandant des slogans de soutien à leur équipe malgré la défaite de samedi soir. Ces supporters, jeunes dans leur grande majorité, ne sont pas des va-t-en-guerre. Bien au contraire. Même si, il faut l’avouer, ils ont le droit de s’interroger, toujours dans le calme, sur les raisons de la frilosité des autorités de leur pays.

Que diront, en fait, les autorités égyptiennes si leurs concitoyens étaient agressés chez nous ? Ils vont certainement monter au créneau, pour ne pas dire plus. Pendant que des Algériens se font massacrer au Caire, les responsables de l’Etat, dans l’incapacité de se mettre au diapason de cette jeunesse en soif de joie, font preuve d’un mutisme pour le moins étonnant. S’il est vrai que la diplomatie a ses voies et son langage, il n’en demeure pas moins que de tels comportements appellent une position et une réaction fermes.

Une attitude que n’a pas su, malheureusement encore, afficher la Fédération internationale de football qui, malgré l’agression caractérisée à l’encontre du onze national, n’a pris aucune décision, si ce n’est le timide avertissement de jeudi dernier. Mais, en attendant, les Fennecs auront largement le temps de montrer autre chose sur le terrain à Khartoum mercredi prochain. Mais cela est une autre histoire.

Par Ali Boukhlef

dimanche 15 novembre 2009

La belle au Soudan

L’esprit sportif a toujours imposé le respect de l’adversaire tant que ce dernier est respectueux. L’esprit sportif impose aussi à l’équipe vaincue de reconnaître la suprématie du vainqueur. Car, en fin de compte, le football n’est pas un jeu de hasard et la place de la chance y est très réduite. Dans ce genre de compétitions, avec l’enjeu que l’on connaît, c’est forcément le meilleur qui gagne.

Maintenant que la confrontation sportive s’est terminée sur une victoire de l’Egypte par un résultat qui ne qualifie aucune équipe, donc par un rendez-vous au Soudan, les eaux vont couler sous les ponts qui ont toujours lié l’Egypte et l’Algérie. Les supporters égyptiens ont soutenu leur équipe jusqu’à l’ultime seconde. C’est à leur honneur et personne ne le leur reproche, tout comme les Algériens doivent continuer à soutenir les Fennecs et ce, malgré une défaite due essentiellement à une la tactique défensive qu’a choisie l’entraîneur.

En fait, si les sentiments d’euphorie se saisissent des masses partout à travers le monde, le plus important est de tirer les leçons de toute cette expérience, aussi bien des vainqueurs que des vaincus, car l’Afrique, la région arabe, l’Afrique du Nord en particulier, restent loin du niveau mondial et des critères de performance qu’exige la Coupe du monde. La CAN débutera dans deux mois et ce sera une répétition grandeur nature et en temps réel de la confrontation sportive tant attendue et qui a fait rêver tant de peuples.

L’Algérie s’y investira pour confirmer et capitaliser son acquis et se préparer à représenter le football maghrébin. Quand au rendez-vous de Johannesburg, les Algériens doivent attendre l’issue du match barrage que les Egyptiens ont brillamment imposé hier au Caire. La déception des Algériens est visible puisque toutes les manifestations de joie et d’euphorie qui ont caractérisé les trois jours précédant la rencontre Algérie-Egypte se sont tues. Cependant, l’espoir reste intact.

Certes, les choix de Saadane y sont pour quelque chose dans la défaite des Fennecs, mais la stratégie égyptienne qui consistait à démoraliser les Fennecs la veille du match semble avoir fonctionné malgré l’effort consenti par les joueurs blessés après l’agression préméditée et programmée contre les Verts. Si le staff technique de l’EN est désormais face à ses responsabilités pour préparer la rencontre qui aura lieu au Soudan le 18 novembre prochain, les supporters des Verts ne doivent pas se décourager et sont appelés à renouveler leur confiance à cette équipe qui a réhabilité l’emblème national et qui a ressuscité l’espoir de tous les Algériens où qu’ils soient.

Ces Fennecs demeurent, malgré ce qui passé au Caire, la meilleure équipe de son groupe et garde intactes ses chances de se qualifier au Mondial 2010 pour peu que son entraîneur soit à la hauteur des performances et du professionnalisme de ses poulains. La fête de la qualification est reportée de quelques jours. Nous espérons seulement que le Soudan soit un terrain neutre même si sa proximité de l’Egypte est favorable au Pharaons. La balle est désormais dans le camp de Saadane.

Par Abdelkrim Ghezali

mercredi 11 novembre 2009

Crise d’imagination

La plus belle des plaisanteries est toujours la plus courte. La sagesse populaire a parfaitement raison sur ce point. N’importe quelle histoire, à force de se répéter, finit immanquablement par lasser l’auditoire. Même dans la vie courante, on doit continuellement créer du nouveau pour ne pas s’ennuyer. Le mauvais feuilleton qui se poursuit interminablement entre le ministère de l’Education nationale et les syndicats autonomes est à ce propos franchement agaçant.

L’échange entre les deux parties en conflit n’a pas connu la moindre évolution depuis plus d’une décennie. Les enseignants recourent sans façon à la grève pour réclamer toujours plus d’argent. Çà parle invariablement d’augmentation de salaires, de primes en tout genre, d’effet rétroactif, de portefeuille et de consommation. La réplique de la tutelle est aussi invariable : recours à la justice, application de ponctions sur les salaires et menaces de sanctions administratives. Les parents d’élèves se cantonnent également dans le même silence indifférent et démissionnaire. La société civile fait comme si de rien n’était.

Les médias et la presse en font un sujet de seconde importance. Très peu de commentaires et de réflexions sont consacrés à cette question sensible qui a son incidence sur le moral de tout le monde. Il y a quelque chose de figé, d’inerte, une odeur de mort dans ce dialogue de sourds qui n’est pas aussi sans conséquences sur le cursus de millions d’écoliers. Loin de spéculer sur la justesse et la pertinence des revendications mises en avant par les grévistes, on évoque ici la crise d’imagination qui semble avoir complètement atteint toutes les parties concernées.

On aurait aimé que le mouvement enseignant fasse preuve d’un minimum de créativité en renouvelant épisodiquement ses mots d’ordre, ses slogans, ses méthodes de protestation et sa littérature. On a l’impression de relire invariablement les mêmes pamphlets fades et sans saveur. Les syndicalistes usent et abusent d’un discours décalé qui ne colle pas nécessairement à la réalité dans laquelle ils inscrivent leur action.

Aucune référence n’est faite aux moyens qu’ils comptent déployer pour rattraper le retard ainsi enregistré en matière de scolarité de leurs élèves. Ils n’accordent, pour ainsi dire, aucune importance à l’image de leur mouvement au sein de la société. Le département de Benbouzid ne se lasse pas, non plus, de ressasser les mêmes conclusions d’il y a 15 ans. La même rhétorique bureaucratique caractérise ses constantes prises de positions sur le sujet. On se refuse d’ouvrir un large débat public sur le dossier afin de mieux situer les responsabilités des uns et des autres.

Chaque jour que Dieu fait, on annonce de nouvelles directives et des orientations pédagogiques parfois contradictoires. Le tout enrôlé sous l’intitulé d’une réforme qui n’en finit pas de révéler toute sa substance. Le flou se trouve parfaitement entretenu. Les syndicats autonomes, tout comme le ministère de tutelle, sont manifestement en panne d’imagination.

Le secteur tout entier est en pleine crise. Les plus hautes autorités du pays sont appelées à prendre des mesures énergiques pour remédier en urgence à l’avarie. C’est l’avenir des générations montantes qui risque d’être sérieusement compromis si l’on continue à y aller de ce train. A défaut d’une telle opération de sauvetage, c’est le pourrissement assuré.

Par Kamel Amghar

samedi 7 novembre 2009

Globalement positif

Selon les conclusions de la mission du Fonds monétaire international «…le défi principal pour l’Algérie consisterait à favoriser l’émergence d’un secteur privé dynamique et compétitif», lequel contribuerait à bâtir une économie diversifiée tout en soulignant la nécessité «d’améliorer sensiblement le climat des affaires favorisant les investissements tout en poursuivant l’intégration de l’économie algérienne dans l’économie régionale et mondiale en menant à bien les négociations avec l’OMC…».

Voilà des conclusions qui peuvent, en même temps, tout dire et ne rien dire parce que, en fait, elles n’apportent pas de réponses ou de propositions précises aux desiderata de l’institution financière précédemment évoquée, sinon ne formulent pas ses exigences en des termes moins abscons.

En tout état de cause, il faudrait quand même retenir que les conclusions des membres de la mission confortent la politique économique jusque-là suivie par l’Algérie, en ce sens que sont évoquées les performances économiques nationales malgré le contexte international actuel.
En se gardant d’exprimer un avis tranché avant de mesurer les retombées de la LFC, indirectement, l’un des membres de la mission, sans conforter ostensiblement l’option algérienne, n’en a pas moins préféré laisser le temps au temps et, surtout, disposer a posteriori des effets de ladite mesure sur le marché et ses mécanismes annexes.

Il semble donc que, loin de desservir ou de pénaliser le secteur privé, les mesures de la LFC ont besoin d’être vérifiées sur le terrain d’autant qu’elles devraient éviter au pays de supporter un surcoût en matière d’importations surtout que sa solvabilité est acquise. Le constat fait dans le rapport annuel 2008 de la Banque d’Algérie quant à la forte expansion des importations passées de 18 milliards de dinars en 2004 à 38 en 2007 assurant par voie de conséquence les bons gages du choix fait par le gouvernement algérien.

Preuve en serait, selon le ministre des Finances «…la baisse de la facture alimentaire enregistrée au cours du premier trimestre 2009». Tous ces résultats positifs sont à mettre sur le compte d’une politique financière prudente, un endettement extérieur contenu, des réserves de changes confortables et de bonnes performances macro-économiques, le secteur hors hydrocarbures ayant de manière appréciable contribué notamment à travers des résultats réalisés dans le domaine de l’agriculture.

Il reste maintenant que tout cet édifice incontestable puisse être consolidé et, encore une fois, toujours selon le ministre des Finances «…à moyen terme, l’Algérie disposerait d’indicateurs favorables» que confirment des disponibilités financières à même de parachever les programmes retenus par le président de la République dans le cadre de son mandat et contenu dans son programme électoral. Mieux encore, pour le grand argentier national, l’Algérie est en mesure d’annuler quasi-totalement sa dette extérieure tout en gardant en l’état ou en améliorant ses réserves de changes.

L’essentiel étant d’éviter une quelconque rupture dans la dynamique engagée afin que ne soit pas remise en cause la mise à niveau de l’économie. Les représentants du FMI, en professionnels de la finance internationale, ne peuvent pas ignorer tous les progrès enregistrés dans tous les domaines comme ils demeurent très peu enclins à délivrer gratuitement des satisfecit à un pays dont l’économie n’a eu cesse d’être passée à la loupe depuis qu’il est sorti d’une situation politique, économique et sociale incroyablement compliquée dans laquelle il a été plongé par l’aventurisme d’apprentis sorciers.

Par A. Lemili

jeudi 5 novembre 2009

La dernière chance du COA

C’est samedi prochain que le sort du bureau du Comité olympique algérien se jouera dans une assemblée générale démunie et affaiblie par tant de manipulations et de manœuvres responsables de l’état du mouvement sportif national et de la faiblesse du niveau de performance de toute les disciplines.

La composante même de l’AG élective est discutable dans la mesure où, et au-delà des mauvais élus au niveau de certaines fédérations, la majorité des membres ne sont pas représentatifs de panels sportifs, d’acteurs économiques, sociaux et de lobbies capables de donner un souffle au COA, tant au plan national qu’international. L’argent est le nerf du sport. Si le COA avait une composante représentative de la technicité, du savoir-faire, de l’imagination, du monde des finances, de femmes et d’hommes influant sur la scène sportive nationale et mondiale, des écoles de formation auraient été mises en place au profit de millions d’enfants et jeunes à travers toutes les régions du pays, qui n’attendent qu’une prise en charge et un développement de leurs talents innés, pour constituer une réserve pour les différentes disciplines sportives olympiques afin que l’Algérie cesse d’être confinée dans des disciplines classiques propres à un sous-développement chronique.

Les privilèges que confère un siège à l’Assemblée générale et au bureau du COA sont liés à une réelle responsabilité, à un engagement en faveur du sport national et au cahier des charges qui est loin d’être une sinécure ou une rente. S’il n’y a pas une réelle prise de conscience de tous ces enjeux, le mouvement sportif national et, par extension, l’image de l’Algérie sur la scène internationale, risquent de poursuivre la descente aux abîmes. Les instances sportives nationales sont autant responsables de la situation de la jeunesse algérienne que les autres départements ministériels et institutions en charge du bien-être social.

Quel rapport a le COA avec les écoles et les universités algériennes pour promouvoir les différentes disciplines sportives ? Le COA dispose-t-il de démembrement au niveau local afin qu’il puisse agir dans les quartiers et faire un travail de proximité auprès des enfants et des jeunes pleins de ressources et de dynamisme, hélas mal canalisés et mal exploités. Ce sont là les défis réels et sérieux des responsables du sport national qui doivent semer l’esprit et les valeurs de l’olympisme que sont la paix, la coexistence et la cohabitation de toutes les différences en harmonie.

Ces objectifs sont autant de défis qui doivent être des critères en amont et en aval de tout choix d’un membre de l’AG et du bureau du COA. Malheureusement, les voies de la rente sont impénétrables et les parasites qui infestent le mouvement sportif ont la peau dure tant elle est imperméable à la raison qu’imposent l’intérêt public et le salut du sport national.L’AG élective du COA qui a fait couler beaucoup d’encre et a été reportée à plusieurs reprises, suscite les convoitises de ceux qui ne pensent qu’à leurs affaires personnelles. C’est pourquoi elle risque d’être, ce samedi, une montagne qui accouche d’une souris, sans plus.

Par Abdelkrim Ghezali

mercredi 4 novembre 2009

Les insoutenables revirements de Washington

Lors de sa tournée au Moyen-Orient, la secrétaire d’Etat américaine aux affaires étrangères, Hillary Clinton, a commis deux maladresses. La première en affirmant que la question de la colonisation n’était pas «constituer un préalable à la reprise des négociations» entre Israéliens et Palestiniens. La deuxième est relative au conflit au Sahara occidental. Parce que, une fois de plus, la secrétaire d’Etat a entretenu un flou, pouvant être préjudiciable, sur une question aussi sensible que le conflit au Sahara occidental. «La politique des Etats-Unis vis-à-vis de cette question n’a pas changé», a-t-elle dit avant-hier à Marrakech, (Maroc), lors d’une conférence de presse.

La déclaration peut paraître normale si elle n’a pas donné lieu à différentes lectures des médias internationaux. Les Marocains y voient, en effet, un soutien ferme à leur proposition de «large autonomie» que les Sahraouis ont rejetée. Le flou est d’autant plus grand que Barack Obama, dont l’élection, il y a tout juste une année, avait suscité des espoirs dans toute la région, avait exprimé, il y a quelques mois, sa volonté de voir le dossier avancer. Mieux, le journal espagnol El Païs avait même révélé que le président américain avait sommé le roi du Maroc à faire des concessions pour aller vers une solution définitive du conflit. Mais à voir de près, l’administration américaine n’en est pas à sa première contradiction.

Cela fait, en effet, plusieurs mois que Barack Obama répète, dans toutes ses déclarations, que la paix au Proche-Orient n’est pas possible sans l’arrêt de la construction des colonies israéliennes ou, tout au moins, leur gel. La position n’a jamais plu, bien évidemment, à l’Etat sioniste. On a même épilogué dans des journaux hébreux et américains sur une crise dans les relations entre Tel-Aviv et Washington. La situation est restée en l’état jusqu’au revirement de Hillary Clinton, la semaine dernière.

Le plus grave est encore cet autre contre-pied de la secrétaire d’Etat lors de la réunion de Marrakech sur la paix au Proche-Orient. Elle a soutenu, encore une fois, que «la poursuite des colonies est une atteinte au processus de paix».Là, les choses prennent une toute autre tournure. C’est toute la politique américaine qui prend un coup. Autrement dit, l’administration Obama, qui a suscité des espoirs dans le monde entier, notamment après le fameux discours du Caire où le locataire de la Maison Blanche avait tendu la main au monde arabo-musulman, perd peu à peu de sa crédibilité.

Une crédibilité déjà sérieusement entamée dans les conflits irakien et afghan.Cela peut paraître un vœu pieux. Mais l’administration américaine a intérêt à ne pas décevoir. D’abord dans le dossier palestinien, puisque Obama s’y est jeté corps et âme, mais aussi dans d’autres conflits comme celui du Sahara occidental qui ne peut être dissocié de la problématique de la décolonisation. Sur toutes ces questions, et sur d’autres encore, les Américains ont montré de bonnes intentions, l’administration américaine a le devoir de trancher. Dans le cas contraire, Obama ne sera, au meilleur des cas, qu’une copie conforme de ses prédécesseurs.

Par Ali Boukhlef

lundi 2 novembre 2009

De l’Histoire officielle

Au milieu des années 1980, un établissement de l’enseignement secondaire avait organisé un sondage pour savoir qui est le héros de la Révolution le plus connu des élèves. La réponse a été sans appel : Sid Ali Kouiret ! Il est vrai que ce talentueux comédien avait beaucoup joué dans les films dont les scénarios parlaient de la révolution, mais cela ne signifie en rien qu’il faille confondre fiction et réalité.

Au-delà du caractère anecdotique de cette histoire -qui peut ne pas être vraie- cela confirme une chose : les Algériens ne connaissent pas suffisamment leur Histoire. Et la frange juvénile est la plus touchée par cet état de fait. Les conséquences de cette dérive sont connues de tous ; les Algériens sont en manque de repères. Mais cela signifie-t-il que ces jeunes lycéens, et tant d’autres concitoyens sont fautifs ? Sont-ils coupables de na pas connaître l’Histoire, toute l’Histoire de leur pays ? Non.Parce que avant de demander aux petits Algériens ou tout simplement aux citoyens de demain de connaître leur passé, il faut que ceux qui ont la charge de les former soient capables de leur dire la vérité. Toute la vérité. Et il se trouve que pendant des décennies, l’Histoire de ce pays a été occultée. Elle est parfois même falsifiée au profit de considérations occultes.

Exemple : les martyrs de la cause nationale morts avant 1954 (Belouizdad et Chaal Bouzid en sont l’illustration parfaite) n’ont absolument aucun statut. Pire, certains d’entre les grands militants du mouvement national assassinés dans des conditions non encore élucidées, n’ont jamais été réhabilités. Que dire de l’ostracisme qui a frappé, pendant des décennies, le nom de celui qui a signé l’indépendance de l’Algérie, Krim Belkacem, ou de celui qui a organisé, avec Ben M’hidi, le Congrès de la Soummam, Abane Ramdane en l’occurrence.

Il est vrai que ces derniers ont été réhabilités, au même titre que Messali Hadj, par le président Bouteflika en 2000. Mais cela reste largement insuffisant. Il est, par exemple, abominable de savoir que l’Algérie indépendante a osé le sacrilège d’ôter le nom d’Henri Maillot du fronton de l’hôpital de Bab El Oued, quand bien même ce dernier est remplacé par le nom d’un autre personnage illustre de la révolution, Mohamed-Lamine Debaghine. La liste est malheureusement longue.

A cela il faut ajouter une autre offense : pendant des décennies -et ce n’est pas encore fini- on a tenté d’occulter des périodes de l’Histoire de ce pays. Celle d’avant l’arrivée de l’Islam, bien entendu, mais également celles qui l’ont suivies, puisque au lieu d’une histoire savante, on a enseigné aux enfants une Histoire officielle, politique et parfois sectaire. Preuve en est que la période turque est souvent survolée dans les manuels scolaires et la régence ottomane reste une énigme pour beaucoup de compatriotes.

Mais en réalité, cette occultation, ou plutôt le mauvais enseignement de l’Histoire est le résultat de l’appropriation de la mémoire du peuple par le pouvoir politique. Parce qu’il est facile de demander des comptes à l’ancien colonisateur -qui doit en donner d’ailleurs- que de faire une autocritique et de dire aux Algériens ce qui s’est vraiment passé à un moment ou à un autre de leur Histoire. Au meilleur des cas, il faut laisser les historiens travailler. Car, eux seuls peuvent dire ce qui s’était vraiment passé. A ce moment-là, l’Algérien se sera déjà réconcilié avec son Histoire.

Par Ali Boukhlef

dimanche 1 novembre 2009

Le sens du sacrifice

Lorsque les femmes et les hommes de Novembre ont décidé de s’engager dans une lutte armée avec des moyens rudimentaires sur tous les plans, contre une puissance coloniale surarmée et structurée, ils n’étaient pas des surhommes. Ils ont décidé de s’engager avec la peur au ventre, avec la douleur anticipée de laisser les leurs, leurs enfants, leurs parents sans ressources face à une armée féroce qui ne manquera pas de se venger des vieux, des enfants. Ils étaient conscients des risques pour leur vie et de la misère et des souffrances physiques et morales qui guettaient leur famille.

Malgré tout cela, ils se sont donnés corps et âme à la cause noble qu’est l’indépendance nationale. L’équation était simple pour cette avant-garde de la liberté : sous le colonialisme on ne vit pas puisque les Algériens n’avaient rien. Que reste-t-il à perdre ? La vie sans dignité ni liberté est loin d’être le rêve façonné par des dizaines d’années de prise de conscience et par le fait national qui a pris forme de façon manifeste après les massacres du 8 mai 1945.

A ce titre, autant mourir dignement et pour une cause que de vivre sans gloire ni valeur. Ce sacrifice d’une minorité d’Algériens a été consenti pour que la majorité goûte à la liberté, la prenne à bras-le-corps et la préserve dans la dignité et dans l’égalité de tous en guise de revanche contre les 132 ans d’asservissement, de répression et de brimade de toute une nation qui refusait l’occupation depuis 1830.

Le sens du sacrifice s’est-il estompé ? N’y a-t-il pas aujourd’hui des raisons pour que le sacrifice soit une valeur et un comportement au service de la nation et de la majorité ? Novembre n’aurait de sens que si les responsables, tous les responsables du destin national, quel que soit leur niveau de responsabilité, incarnent son esprit et comprennent que le bien-être de la liberté retrouvée ne peut avoir de sens que si le bien-être social, économique, politique et culturel touche la majorité des Algériens.

Au lieu du sacrifice pour le bien de tous, ce sont l’égoïsme, la cupidité, l’individualisme, le népotisme, la corruption… qui se sont imposés comme valeurs faisant tâche d’huile et des émules parmi les masses qui n’ont d’autres choix que de se débrouiller pour survivre. L’esprit de Novembre plane mais n’arrive pas à s’enraciner dans ce terreau pourtant fertile que sont ces nouvelles générations qui aspirent à la paix, à la sécurité et au bien-être légitime.

Ces générations attendent de voir la justice s’imposer comme valeur sacrée applicable à tous sans exclusive. Ces générations attendent de voir l’Etat de droit consacré sans les faits pour que la citoyenneté soit pleine et entière pour tous et toutes. Ces générations, qui sont les lendemains de l’Algérie, attendent d’être reconnues comme héritières légitimes de l’esprit et des valeurs des sacrifiés de Novembre afin que leur sacrifice ne soit jamais vain.

Par Abdelkrim Ghezali

samedi 31 octobre 2009

Etat de droit et prévention

Lorsque le président de la République insiste sur le nécessaire passage par l’Etat de droit, le respect des lois partout et par tous, il met à sa manière le doigt sur des plaies qui contaminent la société algérienne. Au marché de la prédation, de la corruption à grande échelle, des détournements de l’argent public à travers de grands ruisseaux de monnaies qui se convertissent toutes dans les rues de n’importe quelle ville, l’Algérie se corrompt et perd ses énergies.

A l’évidence, tant que la justice ne sera pas au-dessus des personnes et des clans, tant qu’elle ne sera pas indépendante du pouvoir politique et de l’administration, il serait vain de vouloir un pays moderne, développé, au diapason de l’humanité évoluée. Cependant, «les faits sont têtus» Des courants, des rentes gigantesques, le grand banditisme et le terrorisme, des personnages hauts placés opèrent des jonctions, sont organisés pour réduire à néant les discours récurrents de M. Bouteflika, la lutte des institutions et d’honnêtes fonctionnaires par milliers qui résistent sur le terrain des scandales financiers.

Ces derniers s’étalent dans la presse, dans les tribunaux, dans les cafés et les salons plus ou moins feutrés. Des noms sont cités, parfois sans les précautions d’usage, sans respect pour la présomption d’innocence et, parmi des «hauts placés» qui observent le mutisme total, assimilé à du mépris. En réalité, il y a des responsables qui s’estiment descendus de la «la cuisse de Jupiter», intouchables parce qu’ils sont protégés et protègent. Ils sont arrosés et arrosent à tout va. De fait, les premières victimes sont la confiance qui doit régner entre l’Etat et la société, l’économie du pays et les générations futures «volées» avant d’atteindre l’âge adulte pour se poser les questions qui tuent : faut-il tenter la harga, verser dans la violence ou chercher à l’infini un emploi ?

Les derniers rebondissements, du moins ceux qui ont été médiatisés, et il est toujours utile de les porter à la connaissance de l’opinion publique, reposent encore des problématiques cruciales. Le logement, les bidonvilles qui ne connaissent pas une approche rigoureuse pour leur éradication selon des échéanciers affichés, la politique industrielle à chaque fois revisitée, la réforme de l’enseignement qui doit intégrer cette richesse qu’est le pluralisme linguistique, et d’autres sujets qui fâchent bloquent les évolutions du pays et sèment toutes les graines pour des émeutes, des violences qui seront forcément capitalisées.

Mais au profit de qui, de quoi ?Les cautères, la fuite en avant, l’usage de la répression au lieu de la prévention, l’éducation et la libre information dans les médias lourds, le mouvement associatif, dans les mairies sont les meilleurs vaccins.

Par Abdou B.

jeudi 29 octobre 2009

A l’acte !

«Grande est notre détermination à lutter contre la corruption sous toutes ses formes et ses manifestations. […] La justice et les lois de la République seront appliquées à toute personne reconnue coupable de faits de corruption […].» C’est ce qu’a déclaré hier le président de la République à l’occasion de l’ouverture de l’année judiciaire à propos de la corruption, fléau contre lequel il s’était engagé devant les citoyens, lors de sa campagne électorale, à mener la lutte. Il est vrai que, en tant que premier magistrat du pays, il sait que la plupart des Algériens ont perdu confiance parce qu’ils constatent quotidiennement de nouveaux signes ostentatoires de richesse chez des responsables, notamment dans leurs communes, lesquels, il y a peu de temps, n’avaient pas les moyens de s’offrir le luxe qu’ils se permettent présentement.

Dès lors, tout discours sur la justice, l’équité et l’égalité des chances est battu en brèche. L’Algérie a été l’un des premiers pays à signer et à ratifier la convention internationale de prévention et de lutte contre la corruption. Elle a même adapté sa législation en promulguant, en 2006, une loi dans ce sens qui institue une structure chargée de prévenir ce fléau. Cette structure n’a pas encore vu le jour en dépit des rappels du chef de l’Etat au gouvernement.

Des affaires de corruption ont certes éclaté au grand jour. Nous avons assisté à des procès qui ont défrayé la chronique, à l’image de ceux de Khalifa Bank et de la BNA. Cela reste tout de même insuffisant parce que d’autres affaires, étalées sur la place publique, sont apparemment mises sous le coude, comme celles des ex-walis de Blida et d’El Tarf, contrairement à l’ex-wali d’Oran, condamné par le tribunal criminel près la cour d’Alger, après un procès retentissant.

Ce qui laisse supposer dans l’esprit d’aucuns qu’il ne s’agit pas de lutte contre la corruption mais de règlements de comptes. C’est ainsi, encore une fois, que la confiance est ébranlée. La corruption, nous dit-on, est difficile à prouver. Qu’à cela ne tienne. Cependant, il existe des moyens de la déceler à travers la centralisation de la déclaration du patrimoine pour les agents publics et sa publication en toute transparence au Journal officiel, pour que, justement, les citoyens qu’on veut mettre à contribution puissent contrôler, du moins dans leur localité.

Les services des impôts ont les prérogatives, à travers les déclarations de revenus, qu’il serait judicieux de généraliser à l’ensemble de la population, de vérifier la véracité des faits. Cela, en plus de l’application du fameux principe : «d’où tiens-tu cela ?» au moindre signe ostentatoire de richesse. Peut-être que l’on arrivera, non pas à éradiquer le fléau, mais du moins à l’endiguer.

Car ses conséquences sont désastreuses et pour l’économie et pour le développement de tout pays. La corruption sape également les fondements mêmes de l’Etat de droit et mine les bases de la démocratie. Avec tout ce que cela implique également comme trafic de stupéfiants, d’armes, de financement du terrorisme et blanchiment d’argent. Reste cependant que la corruption est un mal moral.

D’où la nécessité de prendre le taureau par les cornes et décider d’en inculquer les méfaits dès l’école, mais aussi promouvoir la démocratie et les libertés, toutes les libertés.

Par Faouzia Ababsa

mardi 27 octobre 2009

La LFC au temps des ingérences

Enfin, un ministre de la République a tenu des propos clairs sur la LFC qui a fait des mécontents. Enfin, un ministre n’a pas mâché ses mots lorsque des hommes politiques étrangers et des hommes d’affaires étrangers s’en prennent à l’Algérie qui refuse de brader ses richesses, qui refuse une hémorragie financière sans contrepartie. Certains commencent déjà à mettre de l’eau dans leur vin et admettre le droit de l’Algérie de légiférer en fonction de ses intérêts et non pour enrichir les spécialistes de l’import-export qui ont fait perdre au pays des milliards de dollars.

L’ouverture de l’économie nationale ne signifie pas uniquement ouverture du marché algérien aux produits étrangers sans transfert de technologie, ni de savoir- faire, ni sans création de richesses, de valeurs ajoutées et d’emploi à la mesure de la puissante demande.
Que des étrangers veuillent que le marché algérien leur soit grand ouvert pour gagner des fortunes sans effort, sans investissement et sans que les Algériens en bénéficient, c’est de bonne guerre à la limite.

Mais que des Algériens acceptent cet état de fait au nom de la libre entreprise, c’est de la haute trahison au moment où d’autres se jettent à la mer pour chercher une place au soleil sous d’autres cieux, et où des émeutes éclatent en raison de la non-satisfaction des besoin immenses de cette jeunesse pleine de vie, de rêve et qui espère et croit que cette Algérie est sienne et qu’elle peut y trouver du bonheur, pas uniquement le bonheur occasionnel que procurent à profusion les Fennecs, mais celui que procure un logement, un emploi, une réussite scolaire, un système de santé performant et accessible… C’est l’attitude mercantiliste et égoïste de certains affairistes algériens qui est inadmissible et non celle des rapaces étrangers dont la culture du profit est une nature.

Ce qui est pour le moins étrange, c’est cet aveuglement que génère le gain facile au détriment de l’intérêt commun et majoritaire. Le développement, le progrès, la modernité s’ils ne sont pas accessibles à la majorité, c’est la minorité riche qui est menacée de disparaître. C’est dialectique comme interdépendance. Cette minorité égoïste a intégré tout ce qu’il y a de négatif dans le processus de globalisation imposé à la majorité de l’humanité qui souffre d’ignorance, de famine, de maladies et de guerres. Ce processus infernal, s’il n’est pas corrigé dans le sens d’une meilleure répartition des richesses, dans le sens d’un rééquilibrage des intérêts et dans le sens d’une réelle prise en charge des intérêts des pays du Sud, finira par aboutir sur un chaos planétaire.

L’Algérie est un microcosme par rapport aux enjeux mondiaux. C’est le même scénario qui serait au bout du compte si les pouvoir publics ne prenaient pas en compte dans toutes les décisions économiques, les intérêts de la majorité de la nation. Pour preuve, le secteur privé, qui est reconnu et qui active librement, est incapable structurellement et historique de prendre en charge les besoins stratégiques du pays et de s’investir dans l’industrie lourde et les secteurs clés qui libèrent le pays de la rente pétrolière. Seul l’Etat est en mesure de faire des investissements lourds avec l’argent public. Il est donc tout à fait légitime, raisonnable et impératif de préserver ce potentiel financier et les richesses qui appartiennent à la nation.

Par Abdelkrim Ghezali

lundi 26 octobre 2009

Les harraga reprennent la mer

«Dix-sept candidats à l’émigration clandestine ont été interceptés dimanche à l’aube au large du littoral d’Oran au moment où ils tentaient de rejoindre la rive Nord de la Méditerranée, a-t-on appris des gardes-côtes […]. Ces migrants clandestins, âgés entre 15 et 27 ans, avaient pris le large la veille à partir d’une plage de la côte ouest de la wilaya d’Oran». Ce sont là quelques lignes tirées d’une dépêche de l’agence officielle APS datée d’hier dimanche 25 octobre. Elle est venue, comme par effraction, nous tirer d’un semblant de sommeil qui a duré le temps d’une rentrée sociale plutôt calme.

Ironie de l’Histoire, cette nouvelle «prise» survient à un moment où le film de Merzak Allouache Harraga, dédié à cette catégorie de jeunes Algériens désœuvrés et en quête d’une vie meilleure, a décroché le Palmier d’Or au festival de Valencia, en Espagne, cette terre dont ont rêvé les 17 jeunes arrêtés au large d’Oran. La gifle est donc un peu tenace en cette fin du mois d’octobre. Elle rappelle une évidence : il n’y a pas de saison idéale pour tenter chercher l’eldorado, même si la palme revient à l’été pour les conditions météorologiques avantageuses qu’il offre. Ni le froid, ni le vent, ni les marées n’empêchent désormais les jeunes, dont des adolescents, de tenter l’aventure.

Autant dire que le danger ne fait plus peur.Il est évident que dans de telles conditions, le leitmotiv qui revient le plus souvent est celui qui consiste à stigmatiser ces «brûleurs» de la mer. On a souvent mis en taule ces jeunes. On a souillé leur image et «sali» leur casier judiciaire. A-t-on seulement tenté de les comprendre ? Il y a eu des tentatives, mais c’est largement insuffisant face à l’ampleur des dégâts.

Ces jeunes qui ont échoué dans leur tentative ne sont malheureusement pas les derniers, même si leur sort est tout de même meilleur que Hamza, ce jeune qui a péri durant l’été à Annaba, où des dizaines d’autres anonymes disparus en mer. On peut tout leur reprocher. Sauf qu’ils ne sont pas fous. Car, leur seul objectif est celui de vivre. Pas comme des animaux, mais comme des humains qui vivent leurs temps.

Dans la dignité et le respect d’un jeune de XXIe siècle. Ce n’est malheureusement pas l’image qu’offrent les taudis de Diar Echems ou les bidonvilles d’Alger et de Constantine. Car même s’il est vrai que tout n’est pas noir dans ce pays, cela rappelle que beaucoup reste à faire et que tout ce qui brille n’est pas or.

Par Ali Boukhlef

dimanche 25 octobre 2009

Putsch contre l’olympisme

Le président de la commission électorale du Comité olympique algérien enfonce encore une fois le clou au mépris de la charte et de l’esprit olympiques. Manifestement, la volonté des putschistes semble avoir la peau dure au risque de compromettre le devenir du mouvement sportif national uniquement pour satisfaire des appétits personnels trop voraces. Depuis quelques années, les structures du mouvement sportif algérien sont prises en otages par des énergumènes qui ne s’intéressent ni au sport, ni à l’image du pays sur la scène internationale, ni à cette jeunesse prête à porter au firmament l’emblème national pour peu que les prédateurs s’écartent de la scène sportive.

Un effort a été engagé pour remettre le sport national sur les rails. Des élections ont été tenues par les différentes fédérations afin d’arriver à une représentativité conforme aux règles démocratiques élémentaires et de rendre aux différentes disciplines leurs lettres de noblesse piétinées et bafouées par des indus occupants et des rapaces. Aujourd’hui, c’est au tour du Comité olympique algérien de renouveler ses instances. Cette échéance, reportée à plusieurs reprises, semble proche.

Cette perspective salutaire pour le mouvement sportif national éveille des appétits incontrôlables et qui s’aiguisent de jour en jour au mépris de l’intérêt national. Des putschistes de tout bord ont soudainement découvert les statuts du COA et décidé en dehors de toute légalité de s’y conformer. Afin d’avoir la mainmise sur les destinées du mouvement sportif, de l’olympisme, ces charognards se substituent à l’assemblée générale, seule habilité à accepter ou à exclure des membres, et décident d’évincer onze femmes parce qu’elles ne sont pas acquises à leurs calculs d’épicier.

Une commission devant préparer l’élection du COA décide ainsi à la place de l’assemblée générale sous le faux prétexte de vouloir se conformer aux statuts, sachant toutefois que les statuts du CIO priment sur ceux du COA en matière de jurisprudence ; sachant que le président de la République a instruit toutes les structures et instances officielles et institutions pour renforcer la représentation féminine qui doit être effective et non de la simple figuration ; sachant, enfin, que ces décisions risquent de menacer sérieusement la participation du mouvement sportif national aux compétitions internationale, y compris à la Coupe du monde.

Pourtant, des personnalités sportives nationales ont lancé maints appels et saisi aussi bien les instances olympiques nationales qu’internationales afin justement de préserver l’esprit olympique, la représentativité démocratique et la compétence, mais en vain. Le putschisme menace l’olympisme.

Par Abdelkrim Ghezali

samedi 24 octobre 2009

Grogne sociale et gouvernance

Le logement demeure au cœur de la grogne sociale et le catalyseur de fortes poussées de fièvre qui, malheureusement, entraînent des saccages, font des blessés et amènent à des arrestations. Les résultats cumulés qui s’alimentent les uns les autres travaillent à creuser encore plus le fossé entre les élus, l’administration, d’un côté et les Algériens de l’autre. Il ne s’agit en aucune façon de «complots ourdis», de «voyous à l’ouvrage» ou d’une autre fuite en avant. La crise du logement est réelle. Le nombre de bidonvilles qui encerclent les villes est bien réel. Les pauvres existent en grand nombre dans le pays. Le dire, c’est déjà amorcer un dialogue entre adultes.

Ce qui facilite les explosions sociales, les grèves ou les tentatives de marches est connu parfaitement.

Les passerelles entre des citoyens non logés ou bien honteusement «autorisés» à survivre dans un bidonville, une cave ou dans un trou quelconque, ne sont pas les mêmes en Algérie et dans une démocratie «normale». Le maire et l’administration de proximité ne sont pas crédibles aux yeux des gens et surtout parce qu’ils n’ont ni pouvoir ni moyens et très souvent peu de légitimité. Les maires affirment à qui veut l’entendre qu’ils ne peuvent rien pour l’emploi, le logement, le transport, l’école, etc. Alors, il faudrait introduire dans les futurs codes des maires qui ont les moyens et qui le peuvent, forts d’une victoire électorale indiscutable. Sinon, les mêmes causes produiront les mêmes effets, partout.

La dernière décision prise en matière de logement est venue in extremis corriger «la pulsion» aberrante qui n’accordait de crédit immobilier qu’aux seuls fonctionnaires. On avait ainsi légalisé deux collèges. Le premier serait garni de ceux qui travaillent «pour et chez l’Etat» et le second regroupait tout le reste. Comment faire mieux pour créer des fractures explosives entre Algériens, entre l’Etat et la société ? Difficile à faire. Corrigés, les crédits immobiliers à 1% concernent désormais tous les citoyens qui veulent contracter un prêt pour se loger. Et c’est une décision à saluer car elle fédère les emprunteurs au lieu de les diviser.

Cependant, les meilleures décisions sur le papier, l’annonce de programmes et de longues listes de projets, si elles sont nécessaires et participent de l’information propre à l’Exécutif, ne sont nullement suffisantes dans le climat actuel. Ebahis par l’énormité des scandales financiers, déroutés par la libre pratique du week-end, choqués par le coût de la vie, l’anarchie des transports, les inondations désormais attendues à la moindre averse, entassés dans des favelas «intouchables» parce qu’elles seraient politiquement difficiles à éradiquer faute des logements desquels seraient interdits les F1 et F2, les Algériens sont mûrs pour des changements.

Ils le sont et espèrent une autre gouvernance, une communication audiovisuelle honnête, proche de ceux d’en bas, des élus légitimes, compétents et riches en moyens comme le sont ceux des villes d’Europe, des Etats-Unis, du Japon, des pays scandinaves, etc. Toutes les réformes qui ne seront pas rentables du jour au lendemain, bien explicitées dans la transparence seraient assurément acceptées et accompagnées par les jeunes. Mais qui va parler aux jeunes ?

Par Abdou B.

jeudi 22 octobre 2009

Réinsertion sociale… ce doux mot

Parfois, les voies de l’enfer sont pavées de bonnes intentions. Il est des personnes, qui, pour une raison ou une autre, se retrouvent derrière les barreaux. Souvent est-il susurré, comme dans l’intention d’édulcorer le délit, pour un fugace moment d’égarement. Or, la société, qui réagit à un événement précis passionnellement, est en général implacable à leur encontre. A son tour, l’Etat, parce que tenu d’être en phase avec cette même société et dans le but de préserver des équilibres, actionne des mécanismes ad hoc qui ont pour but évidemment de rendre justice à la victime tout en demeurant garant du respect de ses droits fondamentaux à l’endroit de l’auteur d’un délit donné.

Et, souvent, ce même Etat ne se suffit pas du respect de ces seuls droits mais s’autorise, voire fait sienne une grande mansuétude en affichant son franc souci sur une notion qui consiste à ce qu’à l’accomplissement intégrale ou non de la peine infligée corresponde un pardon qui ne saurait se résumer au seul rapport arithmétique de l’expiation graduée de la faute. Il est incontestable que, quelles que soient les conditions de détention, il n’existe pas de prison idéale comme il n’existe pas de cage dorée pour un oiseau habitué à l’air libre et donc privé de l’essentiel : la liberté.

C’est pour la restitution de cette liberté dans la dignité que s’efforcent différents départements gouvernementaux, notamment les ministères de la Justice, de la Solidarité nationale, de la Formation et de l’enseignement professionnels, de la PME et de l’artisanat, dans une action concertée inscrite très certainement dans un vaste programme politique de réforme de la justice, de proposer un vade-mecum pour la réinsertion sociale définitive des détenus qualifiés à l’exercice d’une activité manuelle déjà maîtrisée ou acquise pendant la période de privation de liberté.

Mais tous ces efforts et ce programme louables sont un peu comme le fameux mythe de Sisyphe en ce sens que les prisons et, pour cause l’évolution exponentielle de la délinquance urbaine elle-même conséquence de tares sociétales, continuent de pousser comme des champignons à cause du surpeuplement de celles déjà existantes.

Si la politique de réinsertion engagée ne doit pas être prise de haut ou tout simplement sous-estimée en raison de l’argument ci-dessus évoqué, il n’en demeure pas moins que bien des pistes médianes peuvent être disponibles pour peu que tous les mécanismes réglementaires sérieux mis en place pour lutter contre l’exclusion scolaire, l’insertion dans la vie active après la formation professionnelle, les études universitaires, une répartition équitable de l’aide sociale aux personnes réputées vulnérables, ne demeurent pas de creux slogans, lesquels d’ailleurs ne sont visibles qu’à chaque rentrée sociale.

Nul n’est assez fou pour rejoindre de son propre chef l’univers carcéral si, quelque part, un levier n’actionne pas un processus douloureux à tout point de vue aussi bien pour la société que pour l’Etat, lequel, preuve à l’appui, même si ce n’est pas du seul apanage de l’Algérie, y consacre temps, effort, matériel et argent.

Par A. Lemili

mercredi 21 octobre 2009

A cause d’un fer à cheval…

Le succès de n’importe quel événement socioculturel repose en premier lieu sur la qualité de l’organisation. Une foire commerciale, un gala musical, un carnaval, une kermesse, une compétition sportive ou, tout simplement, une manifestation de rue, peu importe la nature du rendez-vous, exigent beaucoup de tact et de savoir-faire pour en garantir la finalité. La réussite, dans ce cas de figure, se mesure à l’intensité du plaisir procuré aux participants, au degré de satisfaction du public convié ou à la réalisation de l’objectif assigné à l’opération. Il y a évidemment la lancinante question des moyens matériels et logistiques mis à disposition, mais l’essentiel réside dans l’abnégation, la disponibilité et la culture des organisateurs.

Leur implication, tant physique qu’intellectuelle, dans la préparation et la gestion instantanée de l’événement en question compte énormément. L’examen minutieux de toutes les étapes du spectacle ou du défilé, le partage judicieux des tâches, la rigueur dans le travail, l’écoute permanente du public, la prospective et la capacité à improviser en cas de couac, voilà des qualités primordiales pour tout «manager» sérieux qui tient absolument au succès de son entreprise. La maîtrise de ces fondamentaux pose toujours problème en Algérie.

A chaque occasion, on assiste impuissants à une espèce d’anarchie qui trouve son explication dans la médiocrité de l’organisation elle-même. La culture du laisser-aller et la coutume des passe-droits ont la peau dure à tous les niveaux. Un vigile, qui laisse passer une connaissance sans ticket dans un stade de football, sera contraint d’empêcher, quelques minutes plus tard, l’accès à un homme qui s’est convenablement acquitté de ses droits d’entrée. Son acte est immoral. Il mérite pour cela une lourde sanction.

A défaut de réparation, la victime de ce comportement irresponsable se sentira naturellement frustrée. Quand plusieurs autres cas font face à la même injustice, il y a lieu de craindre un violent débordement de protestation. Un journaliste accrédité, empêché de faire son travail, c’est aussi de la mauvaise organisation. Il est inconcevable que des personnes étrangères à la profession soient autorisées, si souvent, à occuper indûment le box réservé à la presse.

Cet exemple rappelle l’attitude démissionnaire des responsables du stade Mustapha Tchaker de Blida, lors du match Algérie-Rwanda, et des remous qui en ont résulté. Il y a aussi un énorme effort à faire en matière de conditions d’accueil et d’écoute : l’amélioration de l’animation, la ponctualité, la transparence, le respect des plannings et la disponibilité des services annexes. En un mot, le professionnalisme n’est pas notre marque de fabrique. Cette tare ne concerne pas uniquement les gestionnaires de nos enceintes sportives et culturelles. Les mêmes lacunes sont également omniprésentes dans la sphère administrative et au sein des institutions publiques.

Le citoyen d’aujourd’hui exige la vérité et la transparence. Il veut être informé et associé à la prise de décision. Une distribution opaque de logements sociaux, une mauvaise prise en charge de l’hygiène ou de la sécurité au niveau d’un quartier donné, une passation douteuse d’un marché public ou une promesse non tenue à propos d’une question soulevée de longue date sont ressenties comme des marques de mépris et d’exclusion. Le sentiment de ne pas être entendu, écouté et respecté pousse les gens à commettre des actes contraires à leurs intentions premières.

Il est temps de méditer sur la paradoxale conjugaison entre le règne proclamé de «l’opinion publique» et l’abandon vécu par la majorité écrasante de cette souveraineté statistique. A regarder de très près, les mécontentements des citoyens de Diar Echems (El Mouradia) comme les débordements du stade de Blida obéissent à la même logique démissionnaire des responsables.

Les violences entre bandes rivales à Bab El Oued et l’adoption de l’émeute comme mode d’expression à travers de nombreuses localités du pays traduisent un déficit de confiance chez les autorités compétentes en raison d’un vide sidérant en matière de communication et de transparence. Dans bien des cas, une oreille attentive et une explication détaillée d’un dossier quelconque suffisent à ramener la foule coléreuse à de meilleurs
sentiments. C’est comme qui dirait que la guerre fut perdue à cause d’un vulgaire fer à cheval.

Par Kamel Amghar

mardi 20 octobre 2009

Ces rapports d’enquête qui dérangent…

Parce qu’il contient des accusations accablantes contre Israël, le rapport Goldstone n’a pas manqué de soulever une polémique avant qu’il ne put être adopté vendredi dernier par le Conseil des droits de l’Homme de l’ONU à Genève. Ce document, qui porte le nom de son auteur, le juge sud-africain Richard Goldstone, accuse Israël de «crimes de guerre» contre la population de cette bande des territoires occupés palestiniens lors de l’offensive militaire sanglante lancée à la fin décembre 2008 en réaction aux tirs de roquettes palestiniennes sur Israël.

La réalité des faits relevés dans ce rapport a entraîné une levée de boucliers des Israéliens et de quelques pays, notamment ceux qui lui sont traditionnellement favorables comme les Etats-Unis d’Amérique. L’objectif étant d’ajourner l’adoption de ce rapport par le Conseil des droits de l’Homme, une adoption, rappelons-le, qui n’a pas d’incidence probante sur le cours des choses si ce n’est qu’elle revêt une symbolique certaine. Passée cette polémique, c’est une autre qui naît avec le débat sur l’examen du document par le Conseil des droits de l’Homme. Une étape autrement plus déterminante car celle-ci pourrait déboucher sur l’ouverture d’une procédure devant la Cour pénale internationale (CPI) de La Haye contre des dirigeants politiques et des hauts gradés israéliens.

D’où le peu de chances que cet examen puisse avoir lieu en raison du refus certain d’Israël de s’y soumettre, aidée de ses soutiens parmi les Occidentaux. Si ces derniers ne se sont pas encore prononcés, c’est, contre toute attente, la Russie qui leur a devancé le pas en annonçant hier qu’elle allait s’opposer à l’appréciation du document par le Conseil de sécurité onusien. Pourtant, Moscou comptait parmi les pays qui ont approuvé le contenu de celui-ci lors de son adoption à Genève.

Rien n’exclut que des pressions aient été exercées sur Moscou pour en arriver là en mettant en avant quelques intérêts non avoués. C’est dire à quel point le droit international peine à se faire valoir sur l’échiquier des relations internationales dominées par la loi du plus fort et dont les contours sont souvent tracés par des rapports de dominance et de sujétion. A ce propos, le rapport Goldstone n’est pas sans nous rappeler tous les atermoiements que connaissent les différents rapports d’enquêtes diligentées par les organes de l’Union européenne (UE) ou encore le Haut commissariat des droits de l’Homme relevant de l’ONU sur les violations commises par le Maroc contre les populations des territoires occupés du Sahara occidental.

A chacune de ces missions d’enquête pour mettre la lumière sur les pratiques des forces de sécurité marocaines, leurs auteurs rencontrent des entraves pour les empêcher d’y parvenir, à travers notamment le refus par les autorités marocaines de leur accorder les visas d’entrée à ces territoires. Autant de pratiques qui entravent surtout l’accès à la vérité et qui n’auraient pu être possibles sans le soutien des plus grandes puissances de ce monde. Celles minoritaires mais qui, de par leur poids et leur influence, ont précisément le droit de vie ou de mort sur le reste de la planète.

Par Mekioussa Chekir

lundi 19 octobre 2009

Une voiture nommée chimère

Vingt-deux ans après le canular qui a fait croire aux Algériens qu’une voiture made in Algeria allait sortir de l’usine Fatia de Tiaret, le discours sur la voiture algérienne reprend de plus belle. Hamid Temmar, ministre de l’Industrie et de la Promotion des investissements, a, en effet, insinué, hier, que cela est encore possible. Deux semaines auparavant, son collègue du commerce, El Hachemi Djaaboub, avait tenu, lui, des propos beaucoup plus tranchants à l’Assemblée populaire nationale.

Il avait affirmé que des négociations étaient en cours et qu’une réunion du CPE (Conseil des participations de l’Etat) allait se tenir ces jours-ci pour trancher une proposition d’un concessionnaire. Bien sûr que les informations données par l’un et l’autre sont enthousiasmantes. Il est clair que l’Algérie a besoin d’une industrie forte, capable d’endiguer la dépendance aux hydrocarbures et susceptible de créer une dynamique industrielle et économique forte.

Cela a été, théoriquement du moins, enclenché depuis fort longtemps. Mais comme c’est souvent le cas en Algérie, cela a rarement dépassé le stade des intentions. Pire que cela, à l’ambitieux projet de construire une usine à Tiaret, en partenariat avec l’italien Fiat, s’est substitué une autre politique beaucoup plus simpliste.

Elle consiste à tout miser sur les importations au lieu d’encourager la construction ou, tout au moins, le montage en Algérie. Le résultat est connu : les constructeurs automobiles, et pas seulement les plus fiables, ont trouvé une belle opportunité d’écouler leurs produits. Le marché national est devenu, parfois, un dépotoir où tout se vend et s’achète, y compris des véhicules qui menacent la sécurité et la santé du citoyen.

Malgré la position du marché algérien, considéré comme le plus intéressant du continent africain après celui de l’Afrique du Sud, les constructeurs se sont dirigés vers d’autres pays pour y installer leurs usines. Il doit y avoir certainement une raison à cela. Parce qu’un constructeur, quelle que soit sa position, cherche d’abord les intérêts de son entreprise.

Il est évident qu’il ne va pas risquer son argent là où il n’engrangera pas de bénéfices. Cela est un abécédaire de l’économie de marché. Mais il se trouve que chez nous, il y a de l’argent. Et les investisseurs ne viennent pas. Il faut donc chercher où réside le problème. S’agit-il de blocages bureaucratiques ? De manque de volonté politique ?

C’est, en vérité, tout cela à la fois. Et il y a d’autres problèmes.Mais, en attendant de répondre à ces questions, un constat est déjà facile à faire. Ces déclarations ont l’allure d’une chimère puisque déjà faites, mine de rien, il y a plus de vingt-deux ans.

Par Ali Boukhlef

dimanche 18 octobre 2009

La presse en question

La FNJA sort enfin de son mutisme pour rappeler à la corporation la situation socioprofessionnelle dans laquelle elle est recluse et surtout son atomisation chronique qui l’empêche de prendre conscience de sa situation afin d’agir. Depuis la disparition programmée du MJA, la presse a consommé et consumé trois syndicats qui ont jauni à force de se compromettre soit avec le pouvoir, soit avec des partis politiques.

Ce qui a d’ailleurs poussé certains confrères à se mettre sous l’aile de l’UGTA et à initier un processus qui a abouti aux assises de la Fédération nationale des journalistes algériens. Ce syndicat est décrié par les «oppositionnistes» parce que justement la FNJA est affiliée à l’UGTA. Néanmoins, la combativité d’un syndicat ne se mesure pas à sa filiation, mais à ses actes et son rapport au terrain des luttes déserté justement par ceux-là même qui jettent l’anathème sur la FNJA.

Hier, la FNJA a rendu publique une déclaration digne de toute l’attention dans la mesure où elle peut servir de plate-forme de revendications de nature à polariser et à structurer la corporation autour d’un consensus minimal. Une plate-forme en six points relatifs à la pénalisation du délit de presse, au soutien financier de la presse et aux conventions collectives, à la carte nationale de presse, aux conditions d’intégration à la profession de journaliste, à la titularisation immédiate de plus de 230 journalistes en situation précaire dans les médias publics et, enfin, au dégel du projet de logements pour les journalistes.

Ces six revendications sont, en effet, celles de toute la corporation qui est appelée à les étudier et, pourquoi pas, les enrichir et les affiner afin d’en faire une charte de combat commun pour les droits des journalistes qui ne connaissent pour l’heure que les devoirs de la profession.

La FNJA interpelle directement les pouvoirs publics et les éditeurs qui doivent assumer leurs rôles respectifs, les premiers en tant que régulateurs, législateurs et exécutifs et les seconds en tant qu’employeurs et ce, au-delà de la qualité de journaliste de la majorité d’entre eux. Il appartient donc à la corporation de se prendre en charge.

Le FNJA n’est qu’un catalyseur, n’est qu’un médium, n’est qu’un porte-parole si elle est reconnue comme telle par la majorité des journalistes et assimilés. Le vrai combat est celui que mèneraient tous les journalistes s’ils se décident à s’y engager sans retenue, sans calculs et sans préjugés.

Leurs conditions objectives et subjectives sont déplorables. Toute la corporation le sait mais hésite à se mouiller dans un combat plus que nécessaire pour préserver une profession travestie et dont les lettres de noblesse sont à reconquérir.

Car il ne s’agit pas seulement d’arracher des acquis sociaux, ce qui est aussi légitime que vital, mais aussi de réhabiliter la profession, d’informer par une remise en cause de soi et par l’assainissement des rangs de la corporation et, enfin, par la mise en place d’un Conseil d’éthique et de déontologie à même de veiller au professionnalisme des journalistes.

Par Abdelkrim Ghezali