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lundi 17 octobre 2011

Labaraka incroyable des New Redresseurs !

FLN. Encore un coup dur pour Belkhadem. La défection
de 5 parmi ses plus fidèles …

…dobermans !

Il faut croire que les adversaires de Belkhadem ont une baraka d’enfer ! Les redresseurs, parmi eux plusieurs ministres en poste, sont vernis. Jamais mouvement de dissidence en Algérie n’aura connu autant de vents favorables. Un véritable anticyclone à disposition ! La justice, d’habitude si prompte à s’autosaisir pour déclarer, sans que personne ne le lui demande, une grève illégale ou un redressement anticonstitutionnel, fait preuve d’un silence plombé et plombant dans le cas de la fronde contre l’Empastillé.

L’ENTV, organe par essence et par définition anti-tech’wich, était la première dès l’aube postée dans le quartier de Draria à guetter le moindre son sortant de la bouche de Goudjil, le plus petit battement de cils de Kara ou le plus infime signe du double menton de Boukerzaza. On m’a même raconté, sous le couvert troué de l’anonymat, qu’un temps, les responsables de la télévision avaient pensé à retransmettre le JT de 13 heures, en direct, à partir de la salle des fêtes où se tenait la réunion des redresseurs, avant qu’une «Voix», la Voix, The Voice ne les en dissuade en vertu du principe du «qui trop embrasse mal étreint».

Les anti-Belkhadem ont même bénéficié du meilleur des services d’ordre du pays sans débourser un sou, celui des forces combinées, police-gendarmerie. Ma source, décidément très en veine de confidences, m’a aussi raconté qu’au plan de la logistique, de véritables prouesses ont été accomplies dans un pays où la bureaucratie paralyse pourtant toute célérité dans l’action. Ainsi, chaque participant au rassemblement dissident du FLN s’est vu doté en un temps record non pas d’un, non pas de deux, mais de trois badges d’identification qu’il devait présenter à trois barrages de vigiles, eux-mêmes surveillés par quatre rangées de flics et de pandores.

Même lorsque le président de la République se déplace en personne à la finale de la Coupe d’Algérie de foot, au stade du 5-Juillet, le dispositif est moins lourd !

Mieux encore ! A un vieux du Front, un notable connu et reconnu pour son passé calcifié dans les rangs stratifiés du FLN et qui se plaignait que la chaise mise à sa disposition dans la salle des fêtes soit trop dur pour son vénérable fessier, une main, sortie d’on ne sait où, surgie de la pénombre lui a aussitôt offert un fauteuil rembourré cuir, avec repose-pieds à commandes électriques et muni de coussinets chauffants diffusant dans le même temps chaleur et antalgiques. Pour vous dire, et juste à titre d’exemple, pour vous faire une idée, bark : à l’APN, l’Assemblée nationale, un lieu où l’on s’y connaît quand même en matière de fauteuils confortables, les députés militent depuis des décennies pour avoir les mêmes sièges que ceux de Draria, en vain !

Non ! Assurément, les Taleb qui bénissent le mouvement de redressement contre l’Empastillé sont forts, très forts. Leurs pouvoirs semblent immenses. Dont un, principalement. Savoir écouter et obéir à la Voix. The Voice ! Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.

Par Hakim Laâlam

Les chaises sont prêtes, la musique aussi. Les guignols itou !

C’est officiel ! Les Souk El Fellah seront de retour très bientôt.
Youpi ! A quand le retour aussi des …

…bons Sonacome, de H’didwan, de l’interlude télé
avec le bocal de poissons, de la casquette militaire sur
la plage arrière de la voiture
et du Conseil de la Révolution ?

Ne me dites pas que le bruit n’est pas encore parvenu à vos oreilles ? De toutes les façons, vous me le diriez que je ne vous croirais pas ! Car, au bout de 50 ans de bruitages du système, je sais vos oreilles entraînées à déceler ce «bruit»-là. Celui des chaises que l’on installe. Ainsi que cet autre bruit. Celui de la fanfare qui prend elle aussi place autour des chaises. Bon, pour les guignols, pas besoin d’ouïe fine, ils ont toujours été là, n’ont pas bougé. Du moins pas avant le signal du chef d’orchestre.

Allez ! Le jeu des chaises musicales peut commencer. Car c’est bien de cela dont il s’agit avec le coup d’envoi donné ces dernières heures au redressement du redresseur. Abdelaziz 2 est sur le point de perdre sa particule. Le 2 va tomber ! Je ne sais pas de quel nouveau numéro on va l’affubler dans la suite du jeu. Le 3 ? Le 4 ? Le 1, je pense qu’il a compris qu’il peut se brosser pour l’avoir dans le dos. Il peut tout avoir dans le dos, sauf le 1. De toutes les façons, cherche-t-il vraiment ce numéro 1 ? J’en doute. Il fait partie du jeu.

Donc, il en connaît parfaitement les règles. D’ailleurs, comme dans tout jeu du genre, il a signé avec son silence le cahier des charges. Et la partition est déjà en branle. Je ne le vois pas finir assis sur la dernière chaise, à la fin du morceau. Disqualifié dans ce délicieux passetemps pour adultes attardés qu’est le jeu des chaises musicales.

Le pays se meurt, les Algériens trempent leur quignon de pain rassis dans les poubelles pour se donner l’illusion de roter leur midi, la Garde républicaine et les parachutistes des forces spéciales seront bientôt chargés de protéger les simulateurs encore en fonction dans les services pour cancéreux, et que fait le régime pendant ce temps-là ? Le régime joue à dégommer Belkhadem ! Mon Dieu ! Quel sens aigu des responsabilités et de la charge de l’Etat ! Il serait indécent d’applaudir au traquenard dont vient d’être «victime» l’Empastillé.

Trop facile de lui dire Echah ! Parce qu’à travers l’autorisation miraculeuse accordée aux «new redresseurs» de Draria, à travers la protection policière spectaculaire dont ils ont pleinement joui ce week-end, c’est bien la République qui a été traquenardisée. Ce n’est pas cela, la politique pour un pays qui aspire à quitter la sphère de la dictature afin d’intégrer la civilisation de la vraie alternance.

Non ! Cela, ce jeu des chaises musicales, c’est le viol du violeur, l’arrosage à l’arsenic de l’arroseur au curare, la défenestration du défenestreur, le contrat contre le tueur, la liquidation du liquidateur, la mise à mort du bourreau, l’enterrement du fossoyeur. C’est tout cela, mais ce n’est sûrement pas la République. Pour une raison toute simple. L’Algérie ne peut pas se construire au son de la fanfare et du jeu des chaises musicales. L’Algérie ! Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.

Par Hakim Laâlam

jeudi 13 octobre 2011

Désolé, mais nous allons fermer !

Une délégation du CNT libyen attendue dans les tout prochains
jours à Alger.

Combien de femmes enceintes ?

L’information devrait être rendue publique dans les toutes prochaines heures. Le Palais a décidé de fermer tous les ports du pays ! Si ! Si ! Je vous assure ! Tous les ports sans exception. Ainsi que tout accès sur la mer. Fermé ! A double tour. C’est au bout de moult cogitations intenses que le châtelain et son équipe de conseillers à la cour ont abouti à cette conclusion.

Tout comme les bars fermés parce qu’ils favorisent les rixes, les bagarres et les maladies du foie, l’Etat, en vertu des prérogatives que lui procure sa légendaire sobriété, a décidé de fermer tous les ports d’Algérie afin d’enrayer le phénomène de la harga et des départs massifs de jeunes et de moins jeunes citoyens vers des côtes plus clémentes pour le rêve.

En ce moment même d’ailleurs, et ça m’a été confirmé par ma source, une grosse commande de gré à gré a été passée pour l’acquisition par notre pays d’une quantité astronomique de cadenas, de chaînes et de bergers allemands censés garantir la bonne fermeture des ports algériens. Dans la foulée, le Palais réfléchirait aussi très sérieusement à fermer les mairies.

Si ! Si ! Vous avez bien lu ! Les APC vont être elles aussi fermées. Abdekka s’est rendu compte que la colère des Algériennes et des Algériens était avivée ces derniers mois par l’affichage sur les murs des mairies de listes de bénéficiaires de logements sociaux.

Et donc, afin d’éteindre ce feu dangereux, Ould Kablia, le chef de parc de toutes les mairies du pays, aurait reçu ordre de les fermer, tout bonnement. Et pour bien montrer aux médisants, aux milieux ricanant et aux forces du mal juchées sur des mains de l’étranger que le régime algérien travaille, le châtelain devrait revenir en face des caméras de l’ENTV pour y lire tant bien que mal tout un train de mesures de fermetures, un train à l’heure pour une fois, au pays du Grand chef de Gare, Amar Tou.

C’est ainsi que pour en finir avec la mauvaise prise en charge des malades dans les CHU, tous les hôpitaux du pays devraient être fermés avant la fin du mois. Pour en finir également avec les manifestations et les sit-in, fermeture programmée des rues et autoroutes, sauf les jours d’élections législatives et présidentielles.

Pour ne plus avoir à affronter les mouvements citoyens en Kabylie, là aussi, fermeture de la Kabylie. Afin de ne plus avoir à négocier de nouvelles augmentations de salaires lors des prochaines tripartites, fermeture unilatérale de la tripartite.

Et si ça ne suffit pas, fermeture aussi de toutes les usines. Pas d’usines, pas de travailleurs, donc pas de salaires à augmenter. Fermeture attendue également, celle des cinémas. Les rares films produits ici et là avec des bouts de chandelles achetés chez la quincaillière de Kouba ne décrochent aucune distinction notable et n’accrochent pas vraiment le public, alors à quoi bon garder les salles de cinéma ouvertes, je vous le demande ?

Ah mais dites donc ! Je viens de vous demander quelque chose et vous hésitez à me répondre ? Eh bien, dans la foulée fermeture aussi des gens qui hésitent à répondre aux questions qu’on leur pose. Non mais ! Ce n’est tout de même pas une poignée d’agitateurs, des sectes de l’ouverture qui vont empêcher le Palais de tout fermer, non ? Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.

Par Hakim Laâlam

mercredi 12 octobre 2011

Chakib El Azzam !

Quel est le terrible secret que tente à tout prix de nous dissimuler
l’intégriste Hachemi Sahnouni lorsqu’il apparaît en
public ?

Une tache de vin !

Ainsi donc, il ne sera pas cité ni ne comparaîtra ! Son nom aura été effacé, gommé par magie, par magie noire du dossier Sonatrach. A ce niveau-là de tour de passepasse, je dois bien le reconnaître : en Algérie, tous les secteurs, sans exception, sont en crise, sauf celui de la prestidigitation ! Chakib Khelil ne figurera peut-être jamais dans les annales judiciaires de l’affaire Sonatrach.

Dans sa tombe, au cimetière de Machpelah Queens, à New York, le célèbre Houdini a dû pousser un immense «ahhhhh !» d’admiration devant le tour réussi par son très jeune condisciple Chakib El Azzam ! De mémoire de magiciens, on ne se souvient pas d’une telle prouesse. Comment Khelil s’est-il évadé du dossier Sonatrach ? Quand un mec se libère de ses liens, et sort libre et vivant d’un bac rempli d’eau, à la rigueur, je me dis qu’il doit y avoir un truc, une astuce que je n’ai pas réussi à déceler.

Mais là ? Oui ! Là, avec cette évasion de Chakib Khelil d’un dossier que l’on disait ficelé aux p’tits oignons, cadenassé pour éviter toute fuite ou porosité, comment at- il fait, le bougre ? Deux explications s’offrent à nous, pauvres mortels. Une explication paranormale. Chakib Ess’ahar aurait réellement des pouvoirs surnaturels qui lui permettraient de s’évaporer dans la nature sans laisser de traces.

Une sorte de transcendance rendant immatérielle la carcasse de l’ancien patron de Sonatrach et lui offrant ainsi la possibilité de se balader où bon lui semble sans apparaître, et surtout, sans être inquiété. D’ailleurs, qui sait ? Peut-être se promène-t-il en ce moment même dans la salle des pas perdus du Palais de justice, ricanant sous cape (forcément, comme Houdini, Chakib a lui aussi une cape) du tour pendable qu’il nous a joué. Mais, s’il ricane vraiment, il doit le faire à voix très basse, car aucun des témoins interrogés sur place n’a entendu de ricanement.

Sauf un, qui a dû être évacué depuis en internement psychiatrique. Pour ma part, je ne suis pas franchement adepte de l’art mystique de la dématérialisation des corps. Et donc, je pencherais plutôt pour la seconde explication. Celle de la complicité d’évasion. Oh ! Mais attention ! Je ne vise pas un simple apprenti magicien qui aurait secondé Chakib El Azzam durant son évasion spectaculaire du dossier Sonatrach.

Non ! J’ai bien conscience qu’à ce niveau-là de prestidigitation, il faut plus qu’un simple assistant magicien. En vérité, je pense plutôt à un GRAND de la magie. Un homme célèbre dont le seul nom murmuré fait peur. Une sommité de la disparition qui a déjà eu par le passé à faire preuve de tout son talent pour s’éclipser des scandales les plus tordus. A mon avis, seul celui-là a pu aider Khelil.

Quoi ? Vous voulez que je vous livre le nom de cet illustre magicien ? Ça ne va pas, non ? Vous voulez que je disparaisse à mon tour ? Oh ! Non ! Très peu pour moi, la magie ! Surtout si c’est moi qu’on place dans la fameuse boîte. Walou ! Moi, je me contente juste de fumer du thé pour rester éveillé à ce cauchemar qui, loin de disparaître, continue.

Par Hakim Laâlam

lundi 10 octobre 2011

Et après ça, vous oseriez venir pavaner devant nous et jacter ? T’fou !

Que risque l’intégriste Hachemi Sahnouni après sa fatwa
contre les bars ? D’après une source digne de foie, il va…

… trinquer !
Voilà où on en arrive ! Forcément ! Lorsqu’on ne s’occupe plus que des bars, des gamines qui portent des shorts en été, des couples dans les jardins publics, des «déjeuneurs» du Ramadan, de l’amnistie générale aux tangos annoncée par un commis du Palais comme «imminente sous peu dans quelques instants tout de suite», des fatwas d’un fou de Dieu aveugle présenté comme Baba Rabbi, de la couleur des blouses à la rentrée scolaire, du nombre de bus à distribuer aux associations gentilles comme du miel, des pages de pub à envoyer aux journaux exemplaires, quel que soit leur nombre d’exemplaires vendus, des coquins amis du Golfe qui nous offrent 500 outardes aujourd’hui pour mieux venir les tirer plus tard, de la bourse du p’tit dernier à renouveler et à revaloriser, même s’il redouble pour la 78e fois son année universitaire à Londres ou à Paris, des femmes divorcées à qui l’on envoie un huissier et un policier le matin à l’aube, les poussant à se foutre en l’air comme seul moyen d’en finir, des petits vendeurs à la sauvette, alors que des requins ont mis sous coupe réglée Sonatrach, l’autoroute Est-Ouest, l’accès aux crédits bancaires, les marchés de gré à gré et de gré ou de force, on en arrive là, mesdames et messieurs.

Et là, c’est le service de radiothérapie du Centre Pierre et Marie Curie de lutte contre le cancer qui ferme ses portes. Plus possible de soigner par les rayons des milliers de malades, des citoyens que l’on pousse doucement mais sûrement vers le cimetière. C’est pour cette raison, quand on en arrive là, qu’il faudrait une loi pour interdire à quiconque dans le Palais, châtelain et conseillers compris, ainsi que dans l’exécutif de venir nous parler d’avenir, de perspectives, de programmes de développement, d’espoir, de relance, de lutte contre la corruption, de compétitivité, de challenge exaltant pour le devenir du pays et de toute autre «Tbal'iîta», baratin du même genre.

Quand on en arrive à fermer un centre pour cancéreux, on devrait au moins avoir une humilité, une seule : celle de se déshabiller sur la place publique, d’ôter son précieux costume, veste et pantalon, de tomber sa chemise en soie, de les poser en tas par terre, à ses pieds eux aussi déchaussés de leurs précieux mocassins, de s’habiller ensuite d’un sac de jute, et d’aller vers le peuple ainsi vêtu pour lui demander pardon. Pardon pour ce crime contre l’humanité. Cette portion d’humanité de 36 millions d’âmes prises en otages par un des gangs les plus dangereux qu’ait connus la civilisation humaine, de mémoire d’homme. Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.

Par Hakim Laâlam

dimanche 9 octobre 2011

Dorénaprésent, le gouvernement se réunira tous les 1ers samedis du mois !

Football. Equipe nationale. Enfin une bonne nouvelle.

Belhadj incertain !

- Arrête de me donner des leçons ! Et occupe-toi de ton propre secteur ! Toi, tu n’as jamais maîtrisé le moindre dossier.
- Ne m’adresse plus la parole ! D’accord ? D’abord, je ne te connais même pas et tu ne me connais pas non plus ! »
Non ! Cet échange musclé n’a pas lieu dans un bar bondé d’alcoolos aux foies ravagés. Non ! Cette bagarre n’est pas le résultat de la prolifération des débits de boissons. Cet échange d’une rare violence aurait opposé, selon le Soir d’Algérie, deux ministres, Amar Tou des Transports et Abdelhamid Temmar de la Prospective et des Statistiques, en pleine séance de travail du gouvernement, sous l’œil du professeur H’mimed, spécialiste mondialement reconnu des maladies du foie et de la cirrhose.

Comme première réaction, je dois bien l’avouer, j’ai vite caché l’exemplaire du Soir que j’avais acheté le matin. Forcément, avec une fille de 8 ans à la maison, un samedi, jour sans école, il y avait une forte probabilité que ma gamine tombe sur cet article et qu’elle ne supporte pas ce déchaînement d’insultes grossières. Deuxième réaction. J’ai appelé mon journal en les implorant, à l’avenir, de prévenir les lectrices et lecteurs lorsque des segments d’infos aussi brutaux sont publiés en Une et dans les pages intérieures.

On peut imaginer un système de pastilles avec des notifications d’âge précises sur les publics autorisés ou non à lire ces articles plutôt salés et corsés. A l’image de ce que font les télévisions. Ma direction m’a tout de même fait remarquer, à juste titre, qu’elle avait pris soin de ne publier les détails de cette bagarre entre Tou et Temmar qu’un samedi.

Et pas n’importe quel samedi. Le premier samedi du mois, une date communément admise comme idéale pour ce genre de diffusions hard. Un bon point donc pour le Soir d’Algérie qui a pris en compte la sensibilité des jeunes lecteurs. Mais est-ce suffisant ? J’en doute. Car au sein même du gouvernement, d’autres mesures urgentes doivent être prises.

Certes, il n’y a pas d’enfants dans l’équipe d’Ouyahia, mais il y a des femmes ! Peut-on alors décemment risquer de les voir entendre une autre fois, lors d’une prochaine réunion, un échange de ce niveau de violence bestiale entre deux de leurs collègues hommes ? Je ne pense pas ! Que faut-il faire alors ? Réduire, voire supprimer carrément le quota de femmes ministres dans le gouvernement.

Le moment, la conjoncture et le climat actuel s’y prêtent à merveille. Personne ne criera à la discrimination, surtout pas l’Empastillé ! Mais protéger les femmes ministres seules, là aussi, est-ce suffisant ? Pas sûr ! Car même lorsqu’on est ministre homme, entendre deux collègues du même sexe s’étriper en termes aussi «caniveau », ça peut vous choquer.

On n’en est pas moins sensible lorsqu’on est ministre homme, n’est-ce pas ? Deux options s’offrent alors aux rares âmes sensibles encore présentes dans le cabinet Ouyahia. Démissionner, faire valoir ses droits à la retraite et redécouvrir l’œuvre intégrale du groupe Abba. Ou alors bosser comme videur dans un bar. Certes, on y parle grivois, on y hausse le ton, mais pas autant que dans l’actuel gouvernement. Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue, hachakoum !

Par Hakim Laâlam

samedi 8 octobre 2011

Belkhadem, un homme respectable !

Je suis favorable à 100% à des fetwas contre les débits
de…

… conneries !

J’aime — que dis-je ? — j’adore quand Belkhadem et le FLN redeviennent ce qu’ils sont réellement : un ayatollah et un parti en charge de l’instauration du califat intégriste en Algérie. Coup sur coup, l’empastillé a fait le forcing auprès de ses députés pour que ne passe pas la loi sur la fin du nomadisme politique et pour que le quota de 30% de femmes aux législatives soit ramené à 20%.

Là, je le retrouve, mon Abdelaziz 2 ! Sans sourires mielleux. Sans discours grandiloquent sur la modernité et la parité hommes-femmes dans les hémicycles. Rien de tout cela ! Pas de grimages. Pas de faux décors. Pas de bidouillages pour paraître plus démocrate que les démocrates. Belkhadem de chez Belkhadem ! Je dois dire qu’il faut lui rendre hommage ! Oui ! Vous avez bien lu ! Il faut lui rendre hommage pour avoir su, aux moments T être resté lui-même. Un leader islamiste ayant pris le contrôle d’un parti historique. Il est là, dans son rôle, conforme à sa carte mère. Il a une feuille de route, amener l’Algérie en dot à l’internationale intégriste, et il y travaille sans relâche.

On ne peut pas en dire autant des autres leaders en activité présidentielle en ce moment et qui se réclament pourtant du républicanisme et de la lutte sans merci contre la peste verte. Un coup, démocrates éradicateurs. Un coup, réconciliateurs zélés. Un coup pour la limitation des mandats présidentiels. Un coup pour le mandat à vie. Un coup pour que la force reste à la loi et aux institutions de la République. Un coup pour appuyer honteusement les «fetwas aveugles» des assassins contre les bars et débits de boissons.

Cette gigue incessante, cette sarabande folle, ces entrechats endiablés, tout ce «bougeage» dans tous les sens contraires, ça ne les fatigue pas ? Ça ne les exténue pas ? Plus intrigant encore, n’éprouvent-ils aucun problème de personnalité, à en changer autant dans la journée ? Finalement, et pour épaissir encore mon hommage à Belkhadem, je crois bien qu’au bout du bout, je préfère l’avoir lui en face de moi.

Clairement identifié, sans une cargaison de masques vénitiens interchangeables à satiété, en fonction des moments et des conjonctures. Lui, c’est l’ennemi affiché. Ça a l’avantage de la clarté. Et donc, point besoin de se méfier d’Abdelaziz 2. Faut juste le combattre sans relâche. Par contre, il est plus dur de composer avec les fluctuants.

Ceux capables de retirer de leurs chairs, à vif, d’un geste souple et rapide leur carte mère et de la remplacer sans douleur aucune par une autre carte mère au programme diamétralement opposé. Ceux-là sont profondément dangereux. Car sans religion. Au sens politique du terme. Au sens principiel, aussi. Surtout. Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.

Par Hakim Laâlam

vendredi 7 octobre 2011

Parle à mon foie, ma tête est malade !

Que faut-il pour lancer une bonne télé privée ? Un tas de…

… billets de 2 000 dinars !

La dernière sortie de H’mimed aura eu le mérite de nous rassurer. Les autorités de ce pays, à tous les étages du Palais et de ses annexes, s’occupent comme il le faut de nous. Je dois même dire qu’elles le font de manière organisée et rationnelle. Ainsi, H’mimed est en charge de notre foie. Il veille jalousement à le préserver de tout risque de cirrhose. Ghoulamallah, le ministre du culte, a, lui, pour mission de veiller sur notre foi. Une tâche qu’il remplit consciencieusement grâce à une armée d’imams au foie sain et à la langue souvent bien pendue, surtout le vendredi. Barkat s’occupe, pour sa part, de nos estomacs. Plus particulièrement durant le Ramadan, puisque le bon docteur confectionne et livre des couffins chargés de victuailles et d’amertume pour ceux qui les attendent dans les queues devant les mairies. Tou, le ministre des tunnels vides et des transports millimétrés, prend soin de nos jambes. En ne livrant que des bouts de tram et en retardant au maximum le métro, il nous force ainsi à solliciter encore et encore nos guibolles, favorisant leur vascularisation et diminuant donc les risques de phlébite. Amar Ghoul, estimant à juste titre que la marche seule ne suffit pas à nous garder en bonne santé, s’est mis à construire des autoroutes. De belles, de grandes, de larges autoroutes que nous nous empressons de couper, de barrer, d’enflammer avec des pneus et sur lesquelles nous jouons comme des fous à «cours après moi que je t’attrape» avec des policiers tout aussi joueurs et potaches que nous. Grâce à lui, en plus de marcher comme nous le prescrit Tou, nous courons dans tous les sens, comme des dératés. Pour finir souvent au commissariat. Et là, c’est Daho Ould Kablia qui nous chouchoute. Ah ! Daho ! Lui, c’est la partie massage et kinésithérapie de choc. Avec quelle vigueur il secoue nos os, les réveillant, les tordant dans tous les sens, les malaxant jusqu’à en faire de la pâte molle. Oh ! Bien sûr ! Les petites natures feront bien remarquer que ces séances se soldent souvent par des bleus sur tout le corps, mais ce qu’elles omettent fort malhonnêtement de préciser, c’est qu’une peau qui bleuit au contact de vigoureuses mains masseuses, c’est un signe de réactivité, de bonne sensibilité du derme et des terminaisons nerveuses. Et comment ne pas évoquer ici celui qui, du plus haut des étages du Palais, prend soin de nos cœurs. Il les fait battre comme personne ! Il les stimule à tout-va. Il les emballe. Il en accélère et en ralentit le mouvement comme un véritable chef d’orchestre. Un jour, il nous aime ! Et nos cœurs s’enflamment. Un jour, il nous insulte ! Et notre tension s’affaisse. Un autre jour, il nous lance «ça y est ! Je m’en vais et vous laisse à votre médiocrité !» Et nos cœurs se pincent d’effroi. Résultat de ce rodéo des cœurs, nos ventricules fonctionnent à plein régime et se ventilent au diable vauvert. Ne croyez pas qu’il s’agit là de maltraitance. Non ! C’est de l’amour ! Un amour sans relâche. Un amour assidu. Un amour fou ! Tellement fou qu’au prochain remaniement, il faudra prévoir un ministre psychiatre pour s’occuper aussi de nos têtes. De nos fantasmes. Et éviter que ne s’en réalise un principalement. Celui qui nous voit décimer toute cette équipe de gentils médecins et foutre le feu à la clinique. Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.

Par Hakim Laâlam

mercredi 14 septembre 2011

Le manuel du parfait comportement face à 174 milliards de dollars !

Premier signe d’un réchauffement entre l’Algérie et le CNT libyen.
Alger envoie une mission médicale à Tripoli. Des médecins…

… accoucheurs !

Maintenant que le gouverneur de la Banque d’Algérie l’a confirmé, que c’est officiel, nous pouvons enfin le prendre pour… argent comptant. A la fin juin 2011, l’Algérie (c’est comme ça qu’il a dit lui) disposait de 173, 91 milliards de dollars de réserves. En clair, deux choses : d’abord si ce chiffre a été arrêté à juin 2011, c’est qu’aujourd’hui, en septembre 2011, deux mois après, nous sommes encore plus riches. Je subodore même que nous avons vaillamment franchi la barre psychologique des 174 milliards de dollars. Ensuite, seconde constatation qui saute aux yeux dans un bruit terrible de pièces d’or, le pays n’a jamais été aussi riche depuis 1962, l’indépendance et le début de la fin. Maintenant, c’est pas tout ! Qu’allons-nous faire avec ces 174 milliards de dollars sur les bras ? D’abord, vérifier qu’ils sont bien sur nos bras, et pas sur d’autres bras pas forcément amicaux ni partageurs. Pour l’heure, je dois bien l’avouer, je ne sens pas vraiment le poids de ces 174 milliards sur mes bras. Mais je dois bien l’admettre, je ne suis pas un étalon de mesure fiable. Je souffre d’arthrose, mes terminaisons nerveuses se nécrosent de plus en plus, rendant mes bras et mes avant-bras de moins en moins sensibles au poids, à la charge. Si parmi vous, amis lectrices et lecteurs, il s’en trouve qui sont sains, ne souffrent pas de rhumatismes des bras ravageurs et qui sentent bien eux le poids des 174 milliards de dollars sur leurs bras, qu’ils me le disent, ça me rassurerait ! Mais ne perdons pas le fil de notre tête-à-tête avec les 174 milliards de dollars. Quand vous faites face à un tel tas de billets, quelle attitude adopter ? Le vouvoiement, bien sûr ! Il faut apprendre à vouvoyer. Ne vous inquiétez surtout pas de choquer, autour de vous chacun comprendra que vouvoyer 174 milliards de dollars, c’est la moindre des choses que nous puissions faire. Et ensuite ? Une fois que vous avez appris à vouvoyer 174 milliards de dollars, que faites-vous ? Prendre des photos. N’hésitez pas à prendre des photos. Et si votre appareil est muni de la fonction vidéo, filmez aussi ! C’est plus prudent. Pour la postérité surtout. Car il n’est pas dit que vous vous retrouviez à l’avenir dans cette posture, assis en face de 174 milliards de dollars. Alors, autant garder des traces. Vos petits-enfants, en fouillant dans les coffres à souvenirs de la famille, pourront toujours dire «tiens ! Là, tu vois, c’est grand-père en face d’un tas de dollars en train de les vouvoyer !» Ça sera toujours ça comme héritage aux générations futures ! En priant tout de même très fort pour que vos petits-enfants ne souffrent pas, comme vous, d’arthrose aiguë aux bras. Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.


H. L.

mercredi 31 août 2011

Balaie sous ta porte avant de zyeuter sous le paillasson du voisin !

Par Hakim Laâlam
Email : laalamh@yahoo.fr Un convoi de 6 Mercedes blindées en provenance de
Libye, avec à leur bord Kadhafi et sa famille, serait entré
en Algérie. Les autorités algériennes démentent fermement
: «Non ! C’est faux ! Il ne s’agissait pas de …

…Mercedes, mais d’Audi !»

Je n’y crois pas ! Alger ne serait pas encline à reconnaître le CNT libyen, parce que, dit-on ici et là, à voix basse, elle soupçonnerait cette instance provisoire d’être gangrénée par les islamistes et d’avoir des accointances avec Al-Qaïda. C’est la meilleure ! C’est l’hôpital qui se fout de la charité. C’est la charité qui se fout du couffin du Ramadan. Et c’est le couffin du Ramadan qui se languit de son papa, Djamel Ould Abbès, tout en maudissant son beau-père acariâtre, Barkat. Comment l’Algérie officielle, celle du Palais, peut-elle décemment chercher des poux verts islamistes dans la tête du CNT libyen lorsque sa propre tête à elle, sa caboche est infestée par l’intégrisme, sans que cette invasion ne suscite en elle la volonté de s’asperger de Marie Rose ? Non mais ! Les copains de Benhadj, de Abassi, de Mezrag, de Hattab, de Benhadjar et de Belkhadem qui reprochent aux libyens leur possible cousinage avec l’internationale islamiste ! Un comble ! Eh ! Oh ! Les mecs ! Faudrait penser à faire le nettoyage chez nous avant de regarder avec suspicion le paillasson du voisin tripolitain. Al-Qaïda, ses clones, ses parents proches, lointains, ses appendices idéologiques, ses ramifications multiples, tout ça, le «Pack Tango», on l’a déjà, il est en place ici, en Algérie, sans qu’on aille le chercher ailleurs. Avec, en plus, de notre part, l’hypocrisie de le traquer chez les voisins tout en feignant de se pincer le nez. Y a pas plus de frérots dans les rangs du CNT que dans ceux du FLN version l’empastillé. Y a pas plus d’intégristes dans le gouvernement transitoire libyen qu’il y en a déjà dans les travées de notre Assemblée, de notre Sénat, du parc des conseillers d’El Mouradia ou encore dans l’éducation nationale. Alors, de grâce, si le châtelain persiste à ne pas reconnaître le CNT, qu’il fasse au moins l’effort de trouver un motif moins risible de non-reconnaissance. Parce que, très franchement, l’excuse d’un CNT noyauté par les barbus, c’est de moins en moins poilant ! Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.

jeudi 25 août 2011

La blague stupide du retour impossible du FIS !

Par Hakim Laâlam
Email : laalamh@yahoo.fr Quel profil devra avoir le successeur de Kadhafi ?

Moins de cheveux et
des lunettes plus classes !

On les entendrait presque ! Qui ça ? Mais les «ouf» de soulagement. Des voix amies, des sources cousines, des «off» fraternels et des bouches à oreilles reconnus par l’AAOA, l’Agence Algérienne des ORL Associés, se sont chargés ces dernières heures de nous rassurer : non ! Contrairement à ce qui a circulé dans les couloirs mal ventilés du pays, le FIS ne sera pas ré-agréé et les anciens dirigeants du Front hirsute ne pourront plus faire de politique sous la bannière frontiste. A peine ces campagnes de «rassurage» mises en circulation, vendues en packs colorés et chatoyants, que nous nous sommes pris et surpris à souffler un peu mieux, à moins sentir une boule dans l’estomac et à différer nos promesses de prendre les armes pour défendre la république ou de tout simplement prendre la poudre d’escampette. Sauf que le bruit assourdissant de tous ces «ouf» n’arrive pas à masquer ce qui semble aussi évident que le nez rouge de Bozo le clown au milieu du visage : les islamistes ont-ils un besoin vital du retour du FIS pour exister politiquement, socialement, culturellement et économiquement ? Avec ou sans les trois lettres, FIS, l’intégrisme est au boulot en Algérie, tous les jours, inlassablement, décapant les dernières couches d’une république grabataire et incontinente. Le FIS est là, les mecs ! La devanture a changé. Les couleurs ont changé. Les sigles ont changé. Mais ça reste du Canada Dry barbu ! Lorsque Hassan Hattab oblige des juges à mentir, leur faisant dire devant témoins qu’ils ne savent pas où il se trouve, c’est l’islamisme à l’œuvre. Lorsque Madani Mezrag presse le châtelain d’El Mouradia de tenir ses promesses et son calendrier de déculottée, c’est l’islamisme à l’œuvre. Lorsque le vendeur d’épices, Benhadjar, évoque avec une précision étonnante et bientôt détonante ses contacts réguliers avec Abassi Madani et Ali Benhadj, c’est l’islamisme à l’œuvre. Lorsqu’une polyclinique est attaquée de nuit à Sour El Ghozlane, que les tangos y volent une ambulance et des cartons de médicaments, c’est l’islamisme à l’œuvre. Jamais peut-être depuis qu’il a été «dissous» le FIS n’a été aussi présent et actif qu’en cet été 2011. Alors, libre aux pousseurs de «ouf» de se soulager la poitrine et d’évacuer à petit prix leurs angoisses. Moi, le FIS, je le vois tous les jours, je le côtois à chaque instant et il me pourrit la vie en permanence. Tellement d’ailleurs que je fume du thé pour rester éveillé à ce cauchemar qui continue.

mercredi 25 mai 2011

Rendez-nous notre Sénat ! Libérez l’Oncle Ben !

Dialogue politique. Pourquoi Bensalah ne recevra-t-il pas
Belkhadem ? Parce qu’il n’a prévu de rencontrer que des chefs
de parti ou des personnalités politiques …

…nationales !

On a tout dit ou presque sur les consultations politiques en cours. On a donné les noms et qualités des gens qui sont déjà passés dans le bureau de l’Oncle Ben. On a décrit leurs impressions à la sortie de ces entretiens. On a dit un tas de choses, mais on a oublié l’essentiel, ce qui me semble dramatiquement d’actualité. Que devient pendant ce temps-là le Sénat ? Oui, m’sieur ! Le fait d’accaparer tout l’emploi du temps de Bensalah sur ces consultations prive le Sénat de son patron et bloque la vie institutionnelle du pays. C’est d’ailleurs visible et donc vérifiable sur les visages de tous les Algériens que je croise dans la courant alternatif de ma journée : MES COMPATRIOTES SONT ANGOISSES ! Ils ne comprennent pas qu’on leur ait ainsi confisqué leur président de Sénat. D’accord ! Les consultations politiques, c’est important. Mais ces consultations doivent-elles se faire sur le dos de la légendairement intense activité des sénateurs et de leur hémicycle ? A-t-on le droit de créer un tel vide dans la vie législative de la nation ? Au-delà des citoyens et de leur désespoir flagrant de voir l’Oncle Ben éloigné du Sénat, a-t-on un seul instant pensé aux sénateurs eux-mêmes ? Imaginez un peu la détresse profonde des occupants de la Chambre haute, eux qui sont habitués à un programme de travail surbooké, qui ne peuvent concevoir une journée sans se pencher, à en tomber le nez en avant, sur les dossiers brûlants qui agitent le pays. Que vont-ils faire maintenant que du château est venu l’ordre de réorienter les missions de l’Oncle Ben ? Et dire que certaines mauvaises langues pensent que la vie de sénateur est un conte de fées, une niche paradisiaque pour personnalités vernies et pistonnées. Vagissements de mégères que tout cela ! Non ! Le Sénat algérien, privé de son chef, vit des heures sombres. Des heures graves. Et je vous demande, chers compatriotes qui avez encore en vous quelque once de compassion, d’en avoir un peu plus chaque fois que vous verrez à la télé l’Oncle Ben recevant des partis ou des personnalités dans le cadre des consultations politiques. Tout chez cet homme transpire le sacrifice. Celui d’avoir abandonné son fauteuil au Sénat et de priver ainsi l’Algérie d’un outil indispensable à la démocratie. Cet homme souffre, j’en suis convaincu. Mais pas autant que nous ! Rendez-nous notre Sénat ! Libérez l’Oncle Ben ! Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.


H. L.

vendredi 20 mai 2011

B. B., mieux que tous les livres d’histoire !

Par Hakim Laâlam
Email : laalamh@yahoo.fr Christine Lagarde devrait remplacer DSK à la tête du FMI.
Panique chez les…

… hommes de ménage new-yorkais !

Finalement, Ben Bella aura rendu un fier service aux jeunes d’Algérie. Tous les enfants de ce pays qui ne connaissent l’histoire de leur nation «libérée» qu’à travers les épopées transcrites à l’encre sympathique dans des livres d’histoire enveloppés dans du papier guimauve. Le premier Président de l’Algérie indépendante doit être ici remercié. In vivo, en live, mieux que tous les manuels d’histoire écrits ou à écrire, il a montré aux jeunes générations pourquoi l’Algérie a échoué. Sa démonstration est d’ailleurs frappante de conviction. Voilà, c’est cela l’échec de notre pays. A l’échelle affligeante d’une interview, vous pouvez, chers compatriotes qui n’avez pas vécu l’indépendance, enfin comprendre pourquoi ça n’a pas marché. Pourquoi ça ne pouvait pas marcher. Parce qu’y avait ça. Y avait ça, et y avait des clones de ça. Une série fournie, nombreuse et presque surnaturellement immortelle de clones de B. B. Il ne peut pas y avoir de mystères indéfiniment. S’il y a eu échec, s’il y a échec aujourd’hui, la raison vous en est donnée de manière presque «pédagogique». C’est cette indigence-là, cette incompétence crasse, cette arrogance sans bornes, cette suffisance sans limites et ce mépris incommensurable qui ont prétendu lancer l’Algérie dans le concert des nations. Avec ce genre de «lanceurs », vous comprenez mieux aujourd’hui le crash lamentable, jeunes compatriotes de tous horizons, de toutes conditions. L’énigme est levée. Nous ne sommes pas les victimes d’une quelconque malédiction lancée par un quelconque prêtre nous maudissant du pont du bateau qui l’éloignait du port, en 1962. Nous ne sommes pas non plus victimes d’un mauvais sort balancé par la chouwafa de De Gaulle nous promettant les ténèbres pour toujours. Non ! Nous sommes victimes de ça. De cette engeance à qui le pays a été confié à l’aube naissante de nos vies. Allah ghaleb ! C’est sous vos yeux. Lisez B. B. Relisez B. B. Y a même pas besoin d’explication. Tout est dans le texte. Dramatiquement dans le texte. Merci quand même, H’mimed ! Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.

mardi 16 février 2010

Même pas un mot de remerciement !

Selon Le Soir d’Algérie, 560 tonnes de thon relâchées en Méditerranée.

Et pas qu’en Méditerranée, les frangines !

Je trouve qu’Obama est un ingrat ! Un ingrat doublé d’un mufle. Et pas que lui, au demeurant. Sont aussi ingrats et mufles que lui les sénateurs du Maryland, de Virginie, du New Jersey, de Washington et d’un tas d’autres localités américaines. Comment ça se fait, ya aâdjaba ? Pas une lettre, pas une seule lettre de remerciements à l’Algérie ? Après tout ce qu’ont fait pour eux certains de nos compatriotes ? C’est une honte !

Alors que tous les Etats-Unis sombraient dans la crise financière la plus violente depuis le crash boursier de 1929, alors que des millions de foyers ricains se retrouvaient à la rue et des maisons somptueuses mises en vente mais ne trouvant aucun repreneur faute de liquidités, des Algériens courageux, téméraires et entreprenants, ont acheté, à tour de bras, quantité de maisons américaines de très haut standing.

C’est un peu, c’est même beaucoup grâce à ces Algériens-là, venus au secours de l’immobilier américain au bord du gouffre, que l’économie américaine a pu remonter la pente aussi vite. Pourtant, ces compatriotes qui se sont portés acquéreurs de bien immobiliers aux Etats-Unis n’avaient pas que ça à faire.

Pour nombre d’entre eux, ils ont des charges officielles lourdes ici même, en Algérie. Ils sont censés cravacher dur comme fer à booster l’économie algérienne en priorité. Malgré cela, malgré leur agenda harassant et leurs plannings démentiels, nos frères, nos honorables frères, ont pris sur leur temps hyperprécieux, ont pris sur eux pour investir dans le sauvetage de pans entiers de l’immobilier américain.

Et quoi ? Rien en retour ! Pas une petite bafouille de remerciements. Même pas un petit discours de reconnaissance contrite d’Obama au Congrès pour l’aide inespérée apportée par des Algériens à l’Amérique. Je suis déçu. Mais sûrement moins déçu que mes frères propriétaires au Maryland, en Virginie, dans le New Jersey et à Washington.

Eux doivent être sûrement traumatisés d’avoir placé autant d’argent dans une contrée peuplée d’autant d’ingrats. Oui ! Sûrement ! Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.

Par Hakim Laâlam

dimanche 14 février 2010

Vous vouliez qu’il parle ? Il a parlé !

Le congrès du FLN coûtera 7 milliards. 

H’ram !


Quand parlera-t-il ? Pourquoi garde-t-il le silence alors que tout le pays est secoué par des scandales ? Nous nous posions tous la question de savoir quand Abdekka se prononcera sur la corruption, et voilà qu’il vient enfin de le faire. Boutef’ s’est exprimé. Par la voix de… Belkhadem. La voix à tout faire du Palais.

Et qu’a dit Abdelaziz 2 sur la corruption ? En gros, ceci : attention, faut y aller mollo, faut pas généraliser, faut enfiler des gants certifiés conformes aux normes Iso 2030, faut se méfier des amalgames, faut tourner sept fois sa langue dans la bouche du juge avant de lui confier un dossier et une affaire, faut établir un distinguo entre la corruption individuelle, qui existes et la corruption collective du système qui, elle, n’existe pas, Alhamdoulillah El Karim, faut reculer pour mieux sauter en arrière, faut essayer de sauver le plus de meubles avant que l’incendie ne gagne l’ensemble de la bâtisse, faut pas crier au loup alors qu’on cavale dans la meute, et faut surtout pas emboîter le pas à ce fou d’Ouyahia qui vient d’appuyer sur le mauvais bouton de la machine infernale alors qu’on lui a juste demandé de meubler le vide.

En clair, s’il fallait plus de clarté dans ce feu d’artifices hypocrite allumé par l’homme qui parlait aux oreilles de l’ennemi, Belkhadem est chargé par le mécano en chef de tirer le frein à main, de siffler la fin de la récréation anticorruption, de rappeler à l’ordre les gendarmes et pas les voleurs, de signifier que les plaisanteries démocratiques les plus courtes sont les meilleures et de signer officiellement le certificat de reprise d’activité du système véreux sans risque de poursuites sérieuses.

Dans ce rôle-là, Abdelaziz 2 est magnifique, flamboyant de docilité systémique. En une conférence de presse, une seule, il a envoyé quantité de signaux forts à H’mimed. Des signaux dont on ne trouve pas vous et moi la signification exacte dans nos dictionnaires trop conventionnels, trop classiques, mais qui dans leurs manuels et guides à eux veulent dire à peu près ceci : t’es allé trop loin, maintenant faut penser à moins emballer le moteur, à rétrograder et à garer sagement le bolide, car par les temps qui courent, et avec les nouvelles règles de conduite et de circulation adoptées, tout excès de vitesse pourra désormais être sanctionné. Sévèrement. Très sévèrement. Brrr ! Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.

Par Hakim Laâlam

dimanche 27 décembre 2009

Un oignon dans le coffre-fort !


Par Hakim Laâlam  
Email : laalamh@yahoo.fr

Avis à la population. Une des souris utilisées dans les tests des lots de vaccins contre la grippe A s’est échappée de l’Institut Pasteur. Prière à toute personne qui la croiserait de la signaler aussitôt aux autorités. Elle est facilement reconnaissable.

5 pattes. 3 yeux. 2 queues.
Et un fort accent anglais !

Le projet est très avancé. D’ailleurs, peut-on encore parler de projet seulement ? Assurément, non ! Il s’agit d’un processus déjà en cours. L’achat et la réception des premiers lots ont eu lieu ce week-end. Et l’avantage avec cette marchandise-là, c’est qu’elle n’a pas besoin de passer par l’Institut Pasteur pour homologation. Elle est déjà chez les premiers marchands, bien contents de l’arborer sur leurs étals. Il s’agit de cloches en verre. Désormais, c’est sous ces cloches en verre que vos légumes et fruits seront exposés à votre vue, et à votre vue seulement. Dans un second temps, l’Algérie réceptionnera des systèmes d’alarme hypersophistiqués. Les mêmes que ceux utilisés dans les grands musées du monde. Ces alarmes seront couplées aux cloches en verre et se déclencheront automatiquement dès que l’une des cloches sera soulevée ou tout simplement bougée par des mains malveillantes. Ce dispositif déjà fort impressionnant déployé autour de «nos» fruits et légumes devrait très vite se voir doubler d’une couverture d’assurance conséquente. Alger attend d’ailleurs d’un instant à l’autre l’arrivée d’une délégation composée des plus grandes firmes d’assurance de la planète afin d’examiner avec elles, sur place, ici même, les devis qu’elles proposent pour assurer de manière convenable nos pommes de terre, nos navets, nos oignons et autres oranges. Les autorités réfléchissent en parallèle à un système de puces électroniques d’identification de chaque produit maraîcher. Un marquage des fruits, comme on marque les bovins. Plusieurs firmes internationales spécialisées dans l’identification électronique sont en course et devraient bientôt soumissionner. En plus de cette puce, certains fruits, ceux dont le prix dépasse l’entendement des plus robustes d’entre nous, seraient aussi équipés d’un bracelet électronique pouvant, le cas échéant, en cas de rapt, de kidnapping par exemple, aider les services de sécurité à localiser et à libérer les produits otages. Je n’ai pas encore le détail des autres mesures tendant à totalement sécuriser les marchés des fruits et légumes en Algérie. Mais ce dont je suis sûr, c’est que, bientôt, ces mêmes marchés feront pâlir de jalousie les bijouteries de la place Vendôme, à Paris. Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.

H. L. 

lundi 16 novembre 2009

Le foot, oui ! Les profs, non !



Par Hakim Laâlam  
Email : laalamh@yahoo.fr

Le match d’appui contre les Pharaons aura lieu mercredi à Khartoum. C’est pas juste ! Jouer l’Egypte deux fois de suite… 

… chez elle !

Ma fenêtre étant ouverte pour cause de canicule hivernale, j’entends d’ici les klaxons et les cris de joie des supporters algériens qui viennent d’apprendre la nouvelle. L’Etat généreux vient de leur offrir des billets quasiment gratuits pour le Soudan afin qu’ils aillent «afwadjan ! afwadjan !» supporter leur équipe lors du match d’appui contre les méchants et vilains Egyptiens. C’est touchant de les voir déborder soudain de tendresse reconnaissante pour leurs dirigeants subitement bien-aimés. C’est bien. C’est même très bien. Mais tout de même ! Je ne voudrais pas gâcher une si belle ambiance, étant moi-même fou de foot, seulement force est de relever ce fait vachement troublant. Dehors, peut-être même mêlés à la foule, il y a des enseignants en grève, des profs qui gueulent leur rage depuis des lustres pour que leur statut d’éducateur- mendiant soit amélioré. Et à chaque fois qu’ils rouspètent, à chaque fois qu’ils sortent manifester et qu’ils font grève, ils sont tabassés et n’ont droit qu’à une explication qui se veut économiquement censée et politiquement raisonnable : «Vous savez, on ne peut pas d’un coup de baguette magique, comme ça, en un claquement de doigts, sur simple injonction, augmenter vos salaires pour les faire tendre vers un peu de dignité, ni vous donner un statut plus conforme à votre rôle dans la société. La moindre des augmentations doit obéir à des règles très strictes, tenir compte des équilibres micro et macro-économiques. Nous devons éviter de prendre des décisions démagogiques. La gestion d’un pays, c’est autrement plus sérieux, vous savez !» Oui ! Je croyais le savoir. Jusqu’au moment présent où je découvre que les règles micro-macro-machin chose qui sont censées régenter de manière intelligente notre économie volent en éclats sur un simple coup de fil et deux ou trois injonctions. Plus de restrictions, plus de scellés sur les caisses bourrées de l’Etat. On ouvre, on y puise à pleines pelletées et allez ! Quiiiiiiiiiiii veut prendre l’avion pour Khartoum ? T’hassebkoum ! Wallah que c’est de bon cœur ! Allez ! Allez ! Tous à l’aéroport. Il vous faut juste votre passeport et une gorge prête à l’emploi. Grimpez dans l’arche de Noé. Ou plutôt dans celle d’Abdekka. Et tant pis pour les profs et pour l’école ! Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.

H. L. 

dimanche 15 novembre 2009

L’amour de l’Algérie, pas de ceux qui l’ont privatisée !



Par Hakim Laâlam  
Email : laalamh@yahoo.fr

Classement Fifa. L’Egypte meilleure nation africaine et arabe dans le… 

… lancer de pierres !

Les jeunes. Les moins jeunes. Les filles. Les garçons. Et même les chiens ! Tous aiment ce pays. On l’a encore une fois vérifié à l’occasion de ce match contre les «pharaons» d’Egypte, et bien avant durant les qualif. Tous ont porté avec fierté ce drapeau. Sur les épaules. Sur le dos. Sur la tête. Sur le cœur. Dans le cœur. Interrogés à chaud, des Algériennes et des Algériens avaient la bave aux lèvres lorsqu’ils parlaient d’Algérie. Cette bave d’amour rageur pour leur bled. Mais alors, si tout ce beau monde, ce très beau monde-là aime son pays, qu’est-ce qui cloche ? Qu’est-ce qui fait fuir des milliers d’Algériennes et d’Algériens ? Une météo particulièrement dure ? Non. En plein mois de novembre, il faisait 23 degrés hier, à l’heure du match. Une géographie ingrate ? Bon Dieu, je n’ai jamais vu de reliefs aussi contrastés que dans mon Algérie, cette contrée où l’on peut passer d’un littoral à un massif montagneux, à une zone désertique, à une verte campagne, le tout en une journée. Des maladies contagieuses et des pandémies ? A bien y regarder, il n’y en a pas plus que dans d’autres pays émergents. Une surpopulation qui oblige les plus faibles à déguerpir s’ils ne veulent pas mourir étouffés ? Des régions entières du pays sont quasiment vides d’habitants et ne demandent qu’à être occupées. Mais alors, si rien de tout cela ne pousse les gens d’ici à l’exode, qu’est-ce qui les y force ? Qu’est-ce qui fait qu’un jeune de 22 ans peut donner sa vie pour 22 joueurs et un drapeau, peut risquer sa peau juste pour aller voir l’Algérie jouer dans un pays vachement hostile, l’Egypte, puis, aussitôt le match terminé, prendre le large, mettre le plus de distance entre lui et ce pays pour lequel il était prêt à se sacrifier une demi-heure avant ? Je coinçais sur la réponse à cette question. Jusqu’au moment où je me la suis reposée. Différemment. Au lieu de se demander qu’est ce qui fait fuir nos jeunes et moins jeunes, ne serait-il pas plus juste de se demander «qui» les fait fuir ? Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.

H. L. 

mercredi 11 novembre 2009

Ne dites pas à ma mère que je suis enseignant, elle me croit candidat à la harga !



Par Hakim Laâlam  
Email : laalamh@yahoo.fr

Equipe nationale. J’ai une bonne et une mauvaise nouvelle.
Abdekka devrait assister à la rencontre contre l’Egypte, au Caire.
 

Et la bonne nouvelle ?

«La grève n’est pas justifiée !». La sentence est de Boubekeur Benbouzid, ministre de l’Education depuis l’Indépendance. Il a raison Highlander ! La grève des enseignants n’est vraiment pas justifiée. Qu’est-ce qui justifie de faire grève lorsqu’on touche 15 000 dinars par mois au bout de 10 ans d’ancienneté, hein ? Rien ! L’éternel ministre de l’Education est même en droit d’exiger des enseignants qui touchent moins de 20 000 dinars par mois qu’ils sortent manifester leur joie plutôt que leur colère. Car on ne peut qu’être joyeux et fier avec un tel salaire dans un pays qui vous refile la pomme de terre à 70 dinars et l’oignon à pas moins cher. Avec 15 000 dinars, l’enseignante et l’enseignant algériens devraient, avant de se rendre chaque matin dans leurs établissements respectifs, faire un crochet par le siège du ministère, pour ceux qui exercent dans la capitale, et par celui des directions régionales de l’Education, pour ceux qui travaillent dans les autres zones du pays afin d’y déposer cérémonieusement des gerbes de fleurs en signe de remerciement et de vénération adorative pour la générosité de ce régime de bananes qui nous gouverne et qui leur verse si royalement 15 000 dinars tous les mois. Avec un pactole de 15 000 dinars, les enseignants devraient en reverser une partie dans un fonds de solidarité ou dans une quelconque autre association de bienfaisance, il leur en restera bien assez pour mener grand train de vie, car c’est connu, en Algérie, faut vraiment faire montre de mauvaise foi ou de mauvaise gestion de son budget pour ne pas vivre comme un nabab avec moins de 20 000 dinars. A ce niveau-là, ce n’est plus un salaire qui est versé aux enseignants, c’est une rente dorée. Est-ce que vous savez que même les traders des grandes places boursières mondiales envient le salaire de nos maîtres d’écoles ? Mieux encore, savez-vous —Boubekeur Benbouzid le sait, mais par devoir de réserve et par tact, il n’en a jamais parlé — savez vous donc quelle a été la dernière volonté du financier Bernard Maddof avant qu’il ne soit emprisonné pour escroquerie ? Il voulait venir enseigner dans une école primaire algérienne. Et ouais ! Et cette info, c’est du solide, car je la tiens personnellement de Jérôme Kerviell qui, lui, souhaiterait ardemment être recruté par un CEM algérien. Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.

H. L. 

samedi 7 novembre 2009

Du livre à la boucherie et au carnage !



Par Hakim Laâlam  
Email : laalamh@yahoo.fr Commission ad hoc de lutte contre la corruption. Où va-t-elle élire domicile ? Dans l’ancien siège de…

… Khalifa

La discussion s’était franchement engagée avec cet homme. Très agréable. D’autant plus que le sujet, la disparition des espaces de lecture dans nos villes et villages, m’intéressait au plus haut point. Mon interlocuteur, universitaire chevronné et bardé de diplômes, avait plusieurs théories là-dessus. J’en avais aussi quelques-unes. Et je dois bien avouer que le fait de les confronter amicalement m’a réconcilié avec l’échange entre êtres humains civilisés. Car oui, si ce n’est pas le seul problème qui nous mine sur cette bonne terre d’Algérie, il reste que la disparition progressive et massive des bibliothèques municipales est un véritable drame. Surtout dans ce qu’il induit ensuite comme conséquences sur le niveau scolaire, sur l’ouverture d’esprit de nos potaches ou encore sur leur culture générale. Mon vis-à-vis, toujours sur le ton courtois et en même temps impliqué de l’échange discursif, évoqua ce temps pas si lointain où, jeune lycéen, il allait s’approvisionner en livres dans la bibliothèque de son quartier. Un lieu qu’il évoquait avec beaucoup d’émotions, la larme à l’œil ou presque. Au-delà de l’aspect strictement émotif, il me rappela un fait sur lequel nous étions parfaitement d’accord lui et moi : on lit beaucoup moins aujourd’hui, surtout dans la jeune tranche d’âge. Quoi qu’il en soit, je passais là, avec cet interlocuteur un bien agréable moment. Jusqu’à l’instant où, arrivant à notre hauteur, une connaissance commune, un ami nous apostropha avec cette question : «Et le 14 novembre, qu’est-ce que nous allons faire contre l’Egypte ?». J’ai alors assisté en direct-live, aux premières loges, à une mutation génétique extraordinaire, difficile à décrire fidèlement tant elle dépasse l’entendement. Mon interlocuteur, qui évoquait il y a cinq minutes à peine avec douceur et sur un ton docte et savant le sort malheureux des espaces de lecture dans nos villes et villages et qui analysait avec une rigueur toute scientifique l’apport du livre dans l’équilibre civilisationnel d’une nation et d’un peuple, se transforma brutalement en guerrier fou. La bave aux commissures des lèvres, les yeux soudain injectés de sang, les mains tremblantes, la lippe agitée de frémissements de plus en plus saccadés et inquiétants, il lança en guise de réponse à celui qui venait de nous apostropher : «Les Egyptiens ? On va les massacrer chez eux. On va leur marcher dessus. On va en faire de la charpie. Ce n’est pas par deux ou trois buts qu’on va les battre, mais sur un score de basket-ball. Ils s’en souviendront longtemps de la raclée qu’on va leur administrer à ces pseudos Oum eddenya. Et y a pas de solidarité et d’union arabe qui tienne ! On y va pour les pulvériser ! A mort Lem’ssaroua!». Je dois dire qu’en tant que témoin de cette mutation génétique, j’ai un peu mieux compris l’apport des bibliothèques et des livres dans l’éducation et le déséquilibre profond que leur disparition avait provoqué chez nous. Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.

H. L.