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mercredi 31 août 2011

Au pied du mur

C’est dans un bain de sang, celui des militaires de l’Académie de Cherchell, que le Ramadhan 2011 s’est achevé, œuvre de kamikazes actionnés par des chefs terroristes qui ont tenu à souligner, une nouvelle fois, que toute période de jeûne en Algérie ne peut être que celle du djihad et donc du plus grand nombre de victimes. Le même scénario depuis deux décennies, l’intégrisme religieux, qui fait payer d’année en année à la société un lourd tribut pour pousser le pouvoir politique à capituler de plus en plus devant lui. Cette fois-ci, il lui est commandé d’aller bien au-delà de la Réconciliation nationale après que soit achevé le processus de libération de milliers de terroristes redevenant du jour au lendemain des citoyens à part entière, n’ayant de comptes à rendre à personne.

Le second pas devra être la réhabilitation de l’islamisme politique, en d’autres termes le retour à la légalité de l’ex-mouvance FIS. Du chemin a été franchi, en ce sens, notamment dans des contacts informels entre responsables du pouvoir et des leaders islamistes. Pour que les «progrès» soient décisifs, le régime politique devra être davantage mis à genoux par l’aggravation du climat de terreur au sein de la population, notamment par le recours systématique aux kamikazes.

Les chefs terroristes ont de nouveaux «atouts», leur présence active au niveau de la frontière algéro-sahélienne et l’arrivée massive d’armes de Libye après la chute d’El Gueddafi. En poussant l’armée algérienne à déployer des forces accrues pour faire face à la détérioration du climat politique et sécuritaire dans cette zone, les chefs terroristes affaiblissent la pression que l’ANP exerce sur eux dans les régions du pays où ils activent fortement, dans la Mitidja et en Kabylie, notamment. La balle est dans le camp du pouvoir, car le problème relève davantage du domaine politique que militaire.

Les décideurs, à leur tête Bouteflika, ont-ils la volonté de barrer la route à l’islamisme politique, vont-ils céder aux sirènes de la réhabilitation de l’ex-FIS dissous ? Sont-ils conscients aujourd’hui que la Réconciliation nationale a davantage servi l’intégrisme que ses adversaires et qu’elle n’a fait que le légitimer et lui ouvrir la perspective d’un retour à la vie politique ? A ces lancinantes interrogations qui engagent l’avenir de toute l’Algérie et la sécurité de sa population, ils devront apporter des réponses claires dans un contexte qui a foncièrement changé : c’est celui des révoltes arabes qui ont disqualifié l’islamisme politique et remis au goût du jour le concept de libertés démocratiques.

Ali Bahmane

jeudi 25 août 2011

Cécité politique

Le conflit libyen a aiguisé bien des appétits de la part de nombreux pays qui tentent de se placer au mieux de leurs intérêts dans la perspective des nouvelles institutions post-régime El Gueddafi. A mesure que le parfum de la victoire, parti de Benghazi, se répand dans l’ensemble du pays pour gagner et encenser la capitale tombée entre les mains des rebelles du CNT, les manifestations de soutien au Conseil national de transition affluent de toutes parts. Des pays qui avaient observé une attitude attentiste ou qui ont louvoyé au début du conflit en apportant un soutien discret mais actif à El Gueddafi, compte tenu de leurs relations avec le «guide» libyen et de leurs intérêts économiques dans le pays, à l’instar de la Chine et de la Russie, sont en train de recadrer leurs positions en reconnaissant à mots à peine couverts la légitimité du CNT et de son combat pour renverser le régime dictatorial d’El Gueddafi.

La course au trésor est engagée. Les Etats ayant reconnu le CNT se comptaient sur les doigts d’une main au début de la révolution, ils sont aujourd’hui une quarantaine de pays et le chiffre est sans nul doute éligible à la hausse. Il faudra s’attendre, en effet, dans les prochains jours à une cascade de reconnaissances confortées par la tournure des événements de ces dernières heures avec la déconfiture totale du régime d’El Gueddafi symbolisée par le contrôle de la capitale par les insurgés. Dans le monde arabe, hormis les monarchies du Golfe qui avaient reconnu, dès le début, le CNT, car elles avaient un compte à régler avec El Gueddafi qui ne prenait pas de gants lorsqu’il était l’homme fort de Tripoli pour prédire aux souverains arabes le même sort funeste que Saddam Hussein, les positions des autres pays arabes sont à l’avenant.

Pour d’autres considérations, géopolitiques, économiques, humaines et historiques et après s’être accommodé de l’encombrant et ombrageux personnage ménagé par les régimes en place qui ont entretenu avec El Gueddafi des relations en dents de scie au gré des humeurs du «guide», les pays du Maghreb ont pris le train presque à l’arrivée pour ceux qui ont osé franchir le pas. L’Egypte a ouvert le bal en reconnaissant le CNT il y a quelques jours, suivie de la Tunisie ; deux pays qui ont tracé la voie du printemps démocratique arabe et qui ne pouvaient pas, par conséquent, investis de cette responsabilité historique, rester en marge d’une autre révolution populaire qui est en marche à leurs frontières.

Le Maroc vient à son tour de franchir le pas en reconnaissant le CNT, se permettant même le luxe politique de doubler la mise avec la visite du ministre marocain des Affaires étrangères à Benghazi. Bien servi par la position embarrassée de l’Algérie dans le conflit libyen et le climat délétère existant entre le CNT et les autorités algériennes, Rabat se positionne et place ses billes en Libye en espérant empocher, demain, les dividendes politiques et économiques de son soutien. A cause de leur cécité politique, les responsables algériens, qui n’ont pas su s’élever à la hauteur du mouvement de l’histoire des peuples de la région, risquent de perdre un partenaire et un allié qui compte. Au plan de l’équilibre géostratégique dans la région, par rapport à l’affaire du Sahara occidental, et sur d’autres dossiers liés à la stabilité régionale et la coopération bilatérale.

Omar Berbiche

mercredi 25 mai 2011

Purification religieuse

L’intolérance officielle continue à faire des ravages dans notre pays. De zélés serviteurs, sans doute pour plaire au prince qui a dit être plus proche des islamistes que des démocrates, sévissent encore contre les non-musulmans. C’est ainsi que le wali de Béjaïa a décidé de fermer des lieux de culte protestant sans donner les justifications nécessaires à cette décision.
Depuis une dizaine d’années, le pouvoir a engagé une opération de purification religieuse en faisant la chasse à tout ce qui est chrétien pour le grand plaisir des intégristes qui n’en demandaient pas tant. Etre en possession des Evangiles ou de la Bible est devenu un délit passible de prison, alors que le peuple algérien est connu pour être respectueux de toutes les religions et des libertés d’opinion.


Un climat délétère a été instauré à travers tout le pays au point que nos concitoyens non musulmans n’osent plus afficher leurs convictions religieuses. Malgré les protestations internationales, le pouvoir reste sourd et poursuit une talibanisation qui ne dit pas son nom.
Dans les années 1990, le terrorisme islamiste a assassiné les chrétiens et les juifs qu’il trouvait sur son chemin. Le processus de leur élimination est maintenu aujourd’hui encore, mais cette fois-ci sans violence physique, jusqu’à ce que l’Algérie soit vidée de tous ses éléments qui n’appartiennent pas à la communauté islamique.


Heureusement qu’ils sont très peu nombreux, sinon nous aurions vécu une situation à l’égyptienne où la chasse aux Coptes est devenue l’activité favorite des intégristes du Nil. Et pour solder ses comptes avec tout ce qui est contraire aux «constantes nationales», le pouvoir s’est mis à fermer discrètement les débits de boissons alcoolisées, sans doute pour plaire surtout au régime wahhabite et pourquoi pas, pense-t-il, s’assurer une place au Paradis. Une hypocrisie très répandue dans le monde musulman.


C’est ce même monde qui, pourtant, n’hésite pas à monter sur ses grands chevaux si par ailleurs une quelconque ville de l’Occident s’attardait à délivrer un permis pour la construction d’une mosquée. Les Suisses ont été voués aux gémonies pour avoir voté contre l’édification de minarets, même s’ils continuaient à autoriser les lieux de culte musulman.
Les maîtres actuels du pays sont en train d’appliquer le programme du FIS sans le FIS. Abassi Madani et El Qaradawi peuvent jouir.

Tayeb Belghiche

mardi 16 février 2010

Le mépris des médiocres

Deux corps très sensibles du pays, l’éducation nationale et la santé, sont très malades. Ils souffrent tous les deux de grèves récurrentes qui ont un impact négatif sur la société. Dans les deux cas, ce sont des revendications salariales qui sont à l’origine du malaise. Nos enseignants vivent dans des conditions exécrables avec des retraites misérables, ce qui se répercute très négativement sur la qualité de l’enseignement et, par voie de conséquence, sur le niveau des élèves. Depuis des années, ils ne vivent que de promesses, ce qui fait qu’ils ne font plus confiance au Pouvoir, lequel est fermé au dialogue et, surtout, n’aime pas agir sous la contrainte.

Malheureusement, si le problème n’est pas réglé rapidement, l’année blanche sera inévitable. D’ores et déjà, les élèves sont perturbés par ces mouvements de grève et par un système d’enseignement qui a fait d’eux des cobayes. Le cas des praticiens de la santé est encore plus dramatique. Ils sont plus que méprisés par les dirigeants de ce pays. Ils sont les plus mal payés de tout le Maghreb, au point qu’on trouve des spécialistes de qualité qui n’ont même pas de logement. A cause de la politique gouvernementale, la médecine algérienne, qui était performante et respectée dans les milieux médicaux internationaux, est désormais à la traîne à cause des conditions de travail offertes.

Un ministre de la Santé des années 1990 a même reconnu que nos hôpitaux sont devenus des mouroirs. Humiliés, nos médecins trouvent du respect hors des frontières et ils font le bonheur des hôpitaux de France et d’ailleurs ; ceux qui sont restés, mus par l’amour de leur patrie, demandent au moins le minimum vital et un peu de considération. Malheureusement, la réponse est celle d’un pouvoir intolérant, qui n’admet pas la contestation sociale parce qu’elle risque de prendre des tournures politiques avec des risques pour la survie du système.

Ne connaissant que la violence comme moyen de négociation, les gouvernants sont allés jusqu’à bastonner ce qui nous reste comme symboles de science et de savoir. Il est vrai que ce système n’aime pas les hommes compétents et intègres et préfère baigner dans la médiocrité. Pourtant, l’Etat a les moyens de répondre à des revendications légitimes, surtout que nos hôpitaux subissent depuis deux mois des contrecoups dramatiques. Il est vrai que ce Pouvoir préfère le clientélisme. Il aime entretenir des structures budgétivores qui ne servent guère l’intérêt national et ce, pour se donner une façade démocratique. L’intérêt supérieur de l’Algérie, son avenir, ne font pas partie de ses soucis.

Par Tayeb Belghiche

dimanche 14 février 2010

Dangereux statu quo

Que sera le cinquième round des négociations entre le Maroc et le Front Polisario ? D’abord, doit-on se demander s’il se tiendra ? Et comment éviter un échec supplémentaire, l’échec de trop ? Autant de questions qui reviennent à vrai dire depuis 1997, quand l’ONU avait décidé de « remettre sur les rails » le processus de paix au Sahara occidental.

Un plan qu’elle avait adopté à l’unanimité de ses membres en 1990, et auquel étaient parvenues ces mêmes parties. Faire la paix dans le cadre d’un référendum d’autodétermination du peuple du Sahara occidental. Et depuis cette date, que d’efforts et de coups de gueule, comme celui qui en avait la charge, l’Américain James Baker qui avait démissionné de son poste en signe de protestation contre le blocage de ce dossier par le Maroc.

Et aussi, l’incapacité de l’ONU à défendre ce qui est devenu son plan et, pour tout dire, la légalité internationale, puisque la question sahraouie est traitée depuis 1966 sous l’angle de la décolonisation.

C’est ce qui surprend justement, alors que l’ONU se contente de prendre acte des divergences ayant marqué les discussions informelles de jeudi. « A l’issue de la réunion, aucune des deux parties n’a accepté la proposition de l’autre comme base unique pour les négociations à venir », déclare un communiqué de Christopher Ross, émissaire personnel pour le Sahara occidental du secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon.

Ce qui semblait inévitable après que le Maroc ait déclaré que le référendum était « inapplicable », et alors même que cette organisation internationale avait fait de ce principe l’objectif même de ces rencontres, appelées à se tenir « sans condition préalable ». Ce que le Maroc n’a jamais respecté, comme du reste sa signature au bas de l’accord de paix conclu avec le Front Polisario, est ce qu’on appelle communément ses avenants, comme les accords de Houston de septembre 1997 conclus sous l’égide de James Baker qui avaient permis de relancer le processus de paix. Il serait alors vain et même injuste de renvoyer les deux parties dos à dos.

Il est donc normal de se demander à quoi servent ces négociations si elles sont condamnées à l’échec par la volonté d’une seule partie. Ou encore que l’ONU n’a pas prévu de mécanismes, afin d’en assurer un respect total et leur pleine application. Et dans ce jeu de questions de savoir comment cette même partie, le Maroc, défie la communauté internationale en donnant son accord pour les négociations en question, pour, en fin de compte, les bloquer.
Il est donc temps que l’ONU prenne elle aussi acte, et de manière sans équivoque, de la position marocaine, et appeler les choses par leur nom. En fait, qu’elle applique ses propres résolutions. Et rien d’autre. C’est de cette manière qu’elle mettra fin au statu quo actuel et à l’occupation du Sahara occidental.

Par Mohammed Larbi

dimanche 27 décembre 2009

Le mariage de raison

L’accord politique scellé entre Louisa Hanoune et Ouyahia est-il une alliance de circonstance dictée par un simple report des voix aux sénatoriales ou un mariage de raison plus solide entre deux partis qui ne partagent pas grand-chose ? Peut-être les deux. L’effet d’annonce d’un tel accord contre nature aurait été détonnant si l’Algérie n’était pas aussi aseptisée politiquement, au point que seules les déclarations aléatoires de Saâdane sur les défis des Verts suscitent quelques commentaires.

Et encore… Le fait est que la distance psychologique entre la performance et la médiocrité s’avère, finalement, si mince dans le discours du sélectionneur national. Cela vaut aussi en politique. Le fossé idéologique séparant l’extrême gauche du PT et ce qu’on pourrait qualifier de droite nationaliste du RND n’est pas aussi large qu’on le pensait. Cet accord vient nous rappeler qu’en Algérie, les frontières politiques sont tellement élastiques qu’elles peuvent rabibocher aujourd’hui les meilleurs ennemis d’hier.

Le RND de Ouyahia et le PT de Louisa Hanoune sont désormais liés pour le meilleur. Et certainement contre le pire. Le meilleur est qu’Ouyahia, qui traîne l’étiquette d’être le chantre du libéralisme à l’algérienne n’hésitant pas à adopter des mesures anti-sociales, dispose d’une bonne occasion de soigner son CV.

Louisa Hanoune et Sidi Saïd se chargeront de le populariser auprès des « masses laborieuses ». Ouyahia, un socialiste ? Au PT, on veut y croire. Et ça doit faire plaisir à « Si Ahmed ». Belkhadem, lui, refoule sa douleur débordante. Pour Louisa Hanoune, Ouyahia et son RND pourraient être le bon cheval pour mettre le deuxième pied à l’étrier.

Etant depuis 2003 à la périphérie du pouvoir en assumant un pacte de non-agression, Louisa Hanoune se paye un accord politique avec l’homme qui a toujours dénoncé son « populisme », parfois vertement. Mieux vaut, en effet, baiser la main qu’on ne peut mordre, dit l’adage. Oublier le passé si blessant semble être la nouvelle devise du Parti des travailleurs, qui veut achever sa mue en parti pièce maîtresse du système.

Comment peut-on croire une seconde que Ahmed Ouyahia a remisé ses convictions pour les beaux yeux de Louisa Hanoune et son parti ? Difficile en effet de ranger le RND et le PT dans le même tiroir idéologique. Le patriotisme économique prêté, à tort ou à raison, à Ouyahia dans l’élaboration de la loi de finances complémentaire ne peut expliquer ce rapprochement spectaculaire et inédit.

De par son extraction idéologique et son parcours politique, le PT est plus proche du FLN que du RND. Le parti de Belkhadem est-il en perte de vitesse chez les décideurs ? Les voies du système restent impénétrables. Faut-il rappeler aussi que le duo Temmar-Khelil qui empoisonne la vie à Mme Hanoune est dirigé par le même Ouyahia…

Il est, en tout état de cause, hasardeux d’expliquer comment le PT a « prouvé son indépendance » en signant avec le RND. Les « ennemis » peuvent être aussi très intimes, c’est là tout le « génie » de la politique en Algérie que cet accord bizarre décline.

Par Hassan Moali

lundi 16 novembre 2009

Hagrouna !

Devant les soldats marocains qui franchirent belliqueusement en 1963 la frontière algérienne, Ben Bella, le premier président de la République, eut ce cri chargé d’une forte intensité patriotique : hagrouna ! (On nous a agressés). Il n’en fallut pas plus aux Algériens qui venaient à peine de sortir de la nuit coloniale pour se rendre, par milliers, aux frontières défendre, mains nues, leur sol convoité.

Aujourd’hui, une hogra d’un autre type est venue d’un pays présenté comme ami depuis toujours par l’idéologie baâssiste, l’Egypte, où un odieux guet-apens a été tendu à l’équipe algérienne de football. Manigancé en haut lieu, au Caire, le plan machiavélique visait à fragiliser et faire perdre le match aux joueurs algériens, et c’est ce qui arriva. Ne s’arrêtant pas en si bon chemin, les Egyptiens s’en prirent aux supporters algériens, à la sortie du stade, faisant des blessés graves.

Un véritable massacre au vu et au su des autorités officielles qui renièrent l’engagement pris devant la FIFA d’assurer la sécurité de la compétition – cette même FIFA qui n’a pas assumé toutes ses responsabilités –, ce fut fait avec la complicité des énormes et redoutables médias égyptiens.

Le pouvoir du Caire ne recula pas devant le sang versé pour assouvir un dessein politique : détourner l’attention de sa population des hallucinants problèmes qu’elle rencontre en matière d’emploi, de niveau de vie, de logements, etc.

Hier, le président de la République a bien réagi en mettant à disposition des supporters les moyens d’aller à Khartoum soutenir leur équipe. Mais force est de constater que devant cette douloureuse épreuve, la riposte des autorités algériennes n’a pas été du niveau des attentes.

Au moment de l’agression du bus de l’équipe nationale, le discours sur « la fraternité arabe », dans le pur style langue de bois du parti unique, a été mis en avant par certains responsables. La réelle fraternité ne peut venir que de gens du même drapeau. En parlant « d’acte isolé » à la suite de l’attaque des joueurs, un ministre emboîta le pas à son ex-confrère d’il y a vingt ans qui compara la révolte d’Octobre 1988 à un « chahut de gamins ».

Et puis il y eut ce monumental ratage de l’ENTV qui, une nouvelle fois, a failli à son devoir d’informer en ne diffusant que bien après les images des footballeurs blessés, une fois achevé le discours du chef de l’Etat tenu à l’université de Sétif. Cette épreuve a révélé le vrai visage du pouvoir égyptien qui a tendance à mépriser tous les autres pays arabes, mais qui se fait fort de s’incliner avec la plus vile obséquiosité devant Israël.

Elle a mis à nu en Algérie la frilosité de ses hommes politiques, bloqués par un certain complexe d’infériorité vis-à-vis de l’Egypte et surtout tétanisés par le discours panarabiste en vogue depuis des décennies. Cette épreuve a enfin révélé, une nouvelle fois, tous les dangers que comporte le sous-développement médiatique algérien, notamment au niveau de l’audiovisuel maintenu sous forte dépendance politique.

Il faudra s’en occuper un jour, une fois revenu le calme, car le pouvoir algérien ne peut pas toujours se dérober aux débats fondamentaux. Du sang algérien a coulé et puis n’importe quel autre pays pourrait être tenté de suivre l’exemple égyptien pour humilier ou agresser l’Algérie, mettant à profit les faiblesses du pouvoir politique et le désarroi de la société.

Par Ali Bahmane

dimanche 15 novembre 2009

Leçons du Caire

Mon Dieu, qu’est-ce que ce fut injuste ! Ça devait être le sentiment et ressentiment de tous les Algériens hier devant cet incroyable retour de situation qui a vu les Verts stoppés net dans leur envol pour le Mondial sud-africain. Difficile de réprimer sa colère, de ruminer sa rage après ce but assassin intervenu dans les ultimes minutes du temps additionnel.

C’est tellement frustrant, tellement rageant de voir ainsi la qualification à la Coupe du monde nous filer entre les doigts. Nos Fennecs auront vaillamment résisté aux assauts incessants des Pharaons dans le chaudron du Caire.

Nous avons cru que nous tenions enfin cette maudite qualification et démoli moralement les protégés de Hassan Shehata. Nous pensions déjà à l’explosion de joie qui allait accompagner cet événement historique.

Puis vint cette maudite erreur d’inattention pour nous rappeler qu’il ne faut jamais crier victoire avant de l’avoir. Nous sommes certes déçus, très déçus même. Mais ce ne serait qu’une partie remise.

Il était écrit quelque part que nos Verts devront suer pour obtenir leur ticket de qualification au prochain Mondial. Que les Pharaons d’Egypte tout auréolés de leurs exploits continentaux, qui ont tenu la dragée haute au Brésil de Kakà et qui ont terrassé les champions du monde italiens, méritent une seconde chance.

Au regard de cet impressionnant palmarès, on mesure mieux l’exploit de notre équipe nationale. Parce que en évacuant les sentiments et la déception, on pourrait dire que les Verts s’en sont tirés à bon compte quand on sait le guet-apens qui leur a été tendu à leur arrivée au Caire.

Les Egyptiens qui promettaient une raclée aux Fennecs n’ont dû leur salut qu’à une bévue défensive monumentale. Le match d’hier aura prouvé, en effet, que les Pharaons sont largement à la portée des Verts. Et la note aurait même pu être salée si Saïfi était un peu plus adroit devant le but. Pour nous autres supporters des Verts, qui étions prêts à envahir nos villes et villages, nous allons juste reporter la fiesta à mercredi.

Nous ne doutons guère d’une victoire au Soudan de nos courageux représentants. Ne cédons pas à la déception et à la démobilisation, car cette équipe ira en Afrique du Sud. Les plus belles victoires sont celles qui s’arrachent par la force des jarrets. Apprenons donc pour ce mercredi qu’un match n’est jamais fini avant le coup de sifflet final. Alors, toutes et tous derrière les Verts, ils sont désormais mûrs.

Par Hassan Moali

mercredi 11 novembre 2009

Le prix du gaz

La baisse du prix du gaz naturel sur le marché spot, après la révision à la hausse des réserves américaines, vient de relancer le débat sur son prix. Abordé il y a plus d’une dizaine d’années lors de la chute du prix du pétrole à moins de 10 dollars le baril en 1998, la question du prix du gaz naturel est reposée une nouvelle fois par l’Algérie dans une déclaration officielle. Il y a une dizaine d’années, les principaux pays exportateurs touchés par la baisse des prix avaient déjà pensé au « délinkage » ou « découplage » des prix du gaz de ceux du pétrole, dont le prix est le directeur.

En appelant les pays membres du Forum des pays exportateurs de gaz à se mettre d’accord sur une stratégie pour obtenir un prix juste du gaz, le ministre de l’Energie et des Mines relance le débat sur un sujet que l’augmentation des prix du pétrole ces dernières années avait relégué au second plan. Du même coup, il recentre le débat sur le rôle du Forum, dont l’objectif serait de « défendre un meilleur prix du gaz qui a décliné », même s’il ne peut pas fonctionner comme l’Opep qui intervient sur le niveau de production de ses membres.

Selon la thèse déjà exposée par le ministre, une thèse qui a dû être déjà discutée lors du Forum, le prix de 1 MBTU de gaz est obtenu en divisant par 10 ou 11 le prix du baril de pétrole, alors qu’il faudrait le diviser par 6 pour obtenir le prix juste du gaz, vu que la baril de pétrole équivaut à 6 MBTU.

Ainsi, il ne s’agit pas d’intervenir sur la production, ce qui est d’ailleurs impossible vu le caractère de long terme des contrats de vente, pour obtenir un meilleur prix. Récemment encore, à la suite de débats tenus à Alger lors d’un Forum sur le marché du gaz naturel organisé par Alnaft, les participants se sont accordé à dire que le marché du gaz naturel se dirige vers une globalisation grâce à la flexibilité qu’offre le GNL.

Concernant le prix du gaz, il ressortait que le prix du pétrole en tant que tarif directeur a encore de beaux jours devant lui et que le « découplage » ou « delinkage » n’est pas pour demain. Justement, à propos de cette même relation entre les prix du pétrole et du gaz, il ressort que le gaz naturel vaut environ deux fois moins pour la même valeur.

Ce schéma, qui a été adopté historiquement pour permettre le développement de l’utilisation du gaz naturel, moins polluant que le pétrole, et encourager les investissements pour le développement des gisements et la construction de gazoducs, suscite encore de grands débats.

Avec près du quart de l’énergie consommée, le gaz naturel est la troisième source d’énergie la plus utilisée dans le monde après le pétrole et le charbon. Et il est prévu que sa consommation va doubler d’ici 2030. Sa valeur sera de plus en plus importante dans les échanges.

Par Liès Sahar

samedi 7 novembre 2009

La fin d’un mythe

Le président palestinien, Mahmoud Abbas, a décidé de ne pas briguer un nouveau mandat. Il montre à quel point il est conséquent avec lui-même. Dans une de ses rares confidences faites à El Watan en septembre 1993, Mahmoud Abbas, alors chef des négociateurs palestiniens, tenait à se démarquer de l’euphorie ambiante. Rien de plus faux, nous disait-il. Ce n’était pas encore la paix, soulignait-il. L’homme de l’ombre qu’il était affirmait aussi que le plus dur était à venir.

En seize années, il a tout tenté, beaucoup plus par souci de ne pas endosser un quelconque échec. En fin de compte, la mission devenait impossible, les Israéliens toutes tendances confondues ont montré à quel point ils ne voulaient pas de la paix. Et c’est donc tout à fait normal que Mahmoud Abbas mette fin à une large supercherie, ou encore un énorme mensonge. Etre et demeurer le président du peu qui a été créé par les accords d’Oslo et aussitôt repris par Israël. Il s’agit bien sûr de l’Autorité palestinienne qui n’a jamais, sinon rarement, exercé la fonction d’autorité.

Il en avait assez des tapes sur l’épaule, ou d’expressions imposées par le simple protocole qui cachaient l’essentiel. Plutôt que de la faire évoluer, les quelques accords conclus avec les Israéliens ont aggravé la situation des Palestiniens, subissant toutes les violences, celle des armes interdites généreusement fournies à Israël, et jusqu’au chantage alimentaire.

Ou encore cette fracture aujourd’hui béante au sein du mouvement de la résistance palestinienne. Son embarras, voire son cauchemar. « Que fallait-il dire aux Palestiniens ? », se demandait-il certainement chaque matin, lui qui savait qu’en 1993 il y avait au sein de la population palestinienne autant d’opposants que de partisans de la voie pacifique. Au moment même où le monde entier suivait la cérémonie de signature de l’accord de principe, il savait qu’il fallait faire face à différentes oppositions et rallier, au processus de paix, le plus grand nombre de Palestiniens.

Tout compte fait, ces derniers, sans être en avance sur leurs dirigeants, devenaient de plus en plus nombreux, et leur premier acte important était de donner trois années plus tard leurs voix au mouvement Hamas lors des élections législatives. Et en toute connaissance de cause. Et encore, ce sont Israël et ses alliés qui ont fait campagne contre l’Autorité palestinienne, qu’ils disaient discréditée, parce qu’elle refusait de faire davantage de concessions. En fait, il n’y avait plus rien à donner, et la hantise de Mahmoud Abbas, au très long parcours nationaliste, refusait d’être qualifié de traître.

Les Palestiniens se sont effectivement gardés de le faire. Dans quelques semaines, il quittera donc la présidence de l’Autorité, renvoyant les Israéliens et leurs alliés à leurs soucis. Eux doivent certainement se demander qui succédera à Mahmoud Abbas, mais ce sont eux les responsables de l’échec du processus de paix et du vide qui pourrait résulter d’une telle situation. C’est à eux de le gérer. C’est simple.

Par T. Hocine

jeudi 5 novembre 2009

Le message du FMI

Le FMI vient de conclure à l’échec de la politique économique du gouvernement Bouteflika, comme presque aucune force politique opposante locale n’avait osé le formuler. Son représentant, Joël Toujas-Bernaté, chef de division au département Moyen-Orient et Asie centrale, a en effet qualifié, mardi à Alger, d’« inquiétant » le taux de chômage chez les jeunes Algériens qui a atteint les cimes de 25%. Surprenant ! Les chiffres sont aussi scandaleux que l’intérêt subit du FMI pour l’emploi est étonnant.

Depuis quand, en effet, cette institution financière jumelle de la Banque mondiale s’intéressait à la question de l’emploi comme si elle l’avait inscrite en credo à l’agenda de ses priorités ? On eût cru un instant que ce Fonds a changé de vocation. Pourtant non. En fait, à travers son constat, le FMI a voulu montrer qu’« on reconnaît l’arbre à ses fruits » et, partant, que la politique économique suivie par l’équipe dirigeante a échoué dans sa bataille contre le chômage.

Il s’agit là ainsi d’un discours qui tranche avec les fausses assurances du gouvernement. Mais pis encore, à y regarder de plus près, cette sortie du responsable de cette institution n’est ni plus ni moins qu’un désaveu à toute la politique économique mise en place jusqu’ici. Pourquoi ?

Car il faut dire surtout qu’il est difficile de ne pas conclure à une cinglante remise en cause de toute une politique lorsque, après près d’une décennie d’embellie financière, il est prouvé que l’objectif de l’emploi n’a pas été atteint quand bien même l’inflation, cet autre élément faisant partie des objectifs finaux de toute politique, n’est pas non plus contenue dans des proportions acceptables.

C’est dire ainsi l’échec cuisant d’une politique économique qui n’a réussi ni à créer de l’emploi ni à maîtriser l’inflation, source de dégradation du pouvoir d’achat à tout le moins. Mais comme il va sans dire surtout que l’institution de Strauss-Kahn ne fait pas dans le social, est-il possible alors de conclure à ce que le message de cette institution, qui se veut du reste sibyllin, veuille bien sonner comme un appel lancé aux officiels pour une autre politique ?

Il est en tout cas difficile de ne pas voir dans ce discours une volonté de substituer à la politique de relance budgétaire appliquée jusque-là par l’Exécutif une autre politique, monétariste celle-ci.

Quoi qu’il en soit, il reste à faire remarquer que si en Algérie, il est question de changer une politique qui échoue à l’instigation d’une institution financière internationale, sous d’autres cieux, dans les démocraties occidentales, on en vient à changer d’équipe pour changer de politique. Chez nous, on garde la même équipe et on recommence. D’où, c’est sûr, nos échecs récurrents !

Par Ali Benyahia

mercredi 4 novembre 2009

Hors-jeu

L’entretien téléphonique qu’ont eu lundi les deux chefs de la diplomatie algérienne et égyptienne, MM. Mourad Medelci et son homologue Ahmed Abou El Gheit, est passé presque inaperçu. Il fut présenté comme un contact ordinaire, de routine entrant dans le cadre des relations de coopération entre les deux pays.

A l’issue de leur entretien axé essentiellement sur le match Algérie-Egypte, prévu le 14 novembre, et entrant dans le cadre de la qualification au prochain Mondial en Afrique du Sud, les deux chefs des diplomaties des deux pays ont mis l’accent sur « le caractère sportif et fraternel » de ce derby tout en appelant « à préserver et à renforcer les liens fraternels et historiques ainsi que les intérêts communs et les relations privilégiées qui unissent l’Algérie et l’Egypte ». Des assurances furent données à M. Medelci en vue de garantir toutes les conditions de sécurité et de séjour aux supporters et à la délégation sportive algérienne qui se déplaceront au Caire. Ce genre de procédé qui voit un match de football déborder de son cadre naturel – le sport – pour prendre des contours politiques est plutôt rare dans les annales du sport.

Des matchs décisifs, au même stade de la compétition et avec le même enjeu, engageant de grandes nations de football, se sont déroulés dans un cadre strictement sportif, dans un fair-play exemplaire et loin de cette pression psychologique digne des expéditions guerrières entretenue par des déclarations de responsables de la Fédération égyptienne de football et par certains médias de ce pays.

Une pression qui nourrit de légitimes inquiétudes au sein des supporters des Verts et du staff technique de l’équipe nationale et d’une manière générale de l’opinion algérienne. Les forces en présence sont tellement inégales – 2000 fans de l’équipe nationale contre 80 000 supporters de l’équipe égyptienne auxquels il faudra ajouter toute la pression de l’environnement, la rue égyptienne et les médias survoltés – qu’il n’y a aucune raison objective de craindre des débordements du côté algérien.

Si d’aventure cette rencontre venait à déraper et que des comportements contraires à l’éthique sportive et aux règlements de la FIFA sont enregistrés avant, pendant et après le match, non seulement les instances sportives internationales devraient en tirer toutes les conséquences tel que prévu par les textes et règlements de la Fédération internationale de football, mais au-delà, la responsabilité première incombera aux autorités égyptiennes pour n’avoir pas été à la hauteur de l’événement. Pour avoir laissé faire, tiré les ficelles dans l’ombre ou, hypothèse saugrenue, en se montrant incapables d’assurer les conditions requises pour encadrer cette rencontre.

Connaissant la toute puissance du régime égyptien qui règne d’une main de fer sur le pays, on a du mal à imaginer qu’il ne puisse pas gérer un match de football alors qu’il fait la démonstration au quotidien de sa capacité à faire face à des mouvements de contestation sociaux et politiques autrement plus sensibles.

Hosni Moubarak qui s’apprête à transmettre le flambeau à son fils a un besoin pressant de la qualification au Mondial de l’Egypte qui sera versé au bilan de son règne, lequel, le moins que l’on puisse dire, n’a pas été jalonné que par des succès. Alors que peuvent valoir dans ce contexte les assurances données par la partie égyptienne ? Un coup pas aussi franc que cela !

Par Omar Berbiche

mardi 3 novembre 2009

Une situation critique

La donne vient de changer au Proche-Orient où les Palestiniens sont pour ainsi dire sommés de revenir à la table des négociations sans la moindre condition, encore que la notion même de négociation n’a pas la même consistance que ce soit pour les Palestiniens ou les Israéliens. Les premiers demandant une stricte application des résolutions internationales, tandis que les autres ne leur ont laissé que quelques portions de territoire après, bien entendu, avoir accaparé tout le reste.

C’est la position du Premier ministre israélien, enfermé dans cette logique de guerre jusqu’à dimanche, soit jusqu’au jour où l’Administration américaine a appelé elle aussi les Palestiniens à reprendre les négociations sans condition préalable. Voilà donc un changement substantiel, alors que la nouvelle Administration américaine avait, dès son investiture en janvier dernier, dénoncé la politique israélienne de colonisation, appelant au moins à son gel afin de favoriser une reprise du processus de paix. Bien entendu, Benyamin Netanyahu bombe le torse.

Pour les Palestiniens, c’est une énorme déception. C’est encore le « que faire ? » et surtout que dire à une population palestinienne qui a fini par se montrer incrédule devant un processus de paix au point mort depuis son lancement. C’est-à-dire sauver ce qui peut l’être, sans que l’on sache quoi au juste. Rarement à court d’idées, l’ONU a mis en garde contre l’effondrement de l’Autorité palestinienne et elle sait de quoi elle parle. Et ce ne sont pas les aides internationales qui empêcheront un tel processus.

La démarche entamée par le nouveau président américain a, se rappelle- t-on, suscité un réel espoir, allant bien au-delà de tout ce qu’ont pu dire ses prédécesseurs quant à la nécessité d’un Etat palestinien. La nouveauté c’est le timing puisque cela s’est produit en début de mandat, et ensuite en prenant le contre-pied des discours précédents, pour avoir déclaré que la poursuite du conflit du Proche-Orient constituait une menace pour les intérêts des Etats-Unis. Une rupture en fait. Et tout le staff de M. Obama était engagé pour donner corps à ce nouveau discours qui a même bénéficié d’une réelle unanimité au niveau international.

On ne compte alors ni les déplacements ni les coups de gueule des Israéliens, bien entendu. Israël était interpellé par ses alliés sur la nécessité de geler la colonisation. Fin de la rupture donc et retour à la case départ ? Plus précisément, que propose Washington après avoir établi le rapport entre la poursuite du conflit palestinien et les intérêts des Etats-Unis ? Renonce-t-elle à sa démarche, ou entend-elle reconsidérer l’approche sans toucher au fond ? En tout état de cause, il lui revient de clarifier tout cela.

L’opposition américaine aux colonies israéliennes « n’a pas changé », a ainsi déclaré hier la secrétaire d’Etat américaine. Mais cela suffit-il ? Un point critique a été atteint dimanche, et Benyamin Netanyahu n’a pas attendu pour en tirer les conclusions, parlant de succès pour Israël.

Par T. Hocine

lundi 2 novembre 2009

Un jour banalisé de novembre

Que reste-t-il du 1er Novembre 1954 ? Rien ou presque, au plan de la forme chaque date anniversaire est un jour comme les autres, rien ne la distingue des 364 autres. En dehors de quelques manifestations dans la capitale, feux d’artifice la veille, et à travers le pays le traditionnel recueillement, le jour même, à la mémoire des martyrs de la guerre de Libération nationale, rien de plus pour échapper à la banalisation d’une date historique censée peser de son poids sur la conscience nationale.

Un état de fait qu’on ne peut que malheureusement déplorer, accentué par un désintéressement général vis-à-vis de l’histoire immédiate de l’Algérie. Quant à la « ferveur nationale », on la retrouvera dans le foot, plus exactement dans l’équipe des Verts et dans son parcours pour sa qualification à la Coupe du monde et pas dans la commémoration de la lutte armée du peuple algérien pour son indépendance.

« A qui la faute » ? D’abord au pouvoir politique depuis l’indépendance qui a vu dans l’acte primordial d’écriture de cette période de l’histoire, le moyen de sa légitimation au point d’en faire un instrument idéologique de domination d’un clan (ou de clans), à la tête de l’Etat algérien et de ses institutions. Depuis, rien n’a été officiellement fait pour prouver le contraire, ce processus ne fait que s’accentuer et le fossé s’élargir entre le peuple et ses dirigeants à travers cette « appropriation » exclusive de l’histoire.

Cette négation ou la manipulation des faits historiques et parfois leur occultation, n’ont fait qu’accroître ce désintéressement à l’égard du 1er Novembre 1954, toutes générations confondues ou presque. Comment s’étonner alors et crier au scandale quand des lycéens ont commis un acte jugé « blasphématoire » à l’égard de l’emblème national qui figurait dans un cadre accroché au mur de leur classe qu’ils ont outrageusement dénaturé et qu’ils n’ont sans doute voulu que que comme une simple blague de « potaches ».

Cela suffisait-il, en dépit des demandes de pardon de leurs parents, de leurs amis, à les faire condamner à un an de prison ferme, eux qui étaient mineurs et inconscients de la portée de leur acte ? C’est un peu comme s’il fallait aujourd’hui récriminer un jeune pour qui Didouche Mourad, n’est uniquement qu’une grande rue de la capitale avec des magasins chics !

La faute c’est d’abord à ceux qui n’ont pas appris aux jeunes et aux moins jeunes à aimer ce pays, son histoire, ses symboles, ses héros, comme sont adulés les Verts, les Ziani, Saïfi et autres que beaucoup attendent de voir accomplir l’exploit, le 14 novembre prochain.

Par Reda Bekkat

samedi 31 octobre 2009

Le cercle de feu

La géostratégie s’est enrichie d’un nouveau concept, l’AFPAK pour Afghanistan et Pakistan. Mais ce sont aussi et peut-être surtout pour ceux qui ont tenu à les mettre côte à côte, cinq lettres qui désignent à leurs yeux la pire menace. Ou encore un cercle de feu qui parcourt ces deux pays.

D’ailleurs, Mme Hillary Clinton a pu mesurer toute l’intensité de cette pression lors de son séjour au Pakistan, se rendant ainsi compte de la complexité de la situation. Elle a voulu prendre l’exacte mesure de la situation qui, avec l’Afghanistan, accapare les plus hautes autorités américaines jusqu’au président Barack Obama pressé de dévoiler sa nouvelle stratégie.

La presse américaine vient de révéler en ce sens que le Pentagone a mis à l’épreuve, lors de manœuvres fictives, différentes stratégies militaires en Afghanistan, sans qu’une décision soit prise. Quant à la secrétaire d’Etat, elle a le privilège rare d’avoir des informations de première main et en temps réel, avec cette flambée de violence qui a marqué son arrivée au Pakistan, même si cela n’est pas nouveau dans ce pays.

En trois jours, ce qui est peu ordinaire, et des rencontres jamais organisées puisqu’elles englobent tout ce que le Pakistan compte comme personnalités hors du champ politique, Mme Clinton a dû faire un large tour d’horizon pour aborder autrement la question du Pakistan.

Ce qui explique son recul hier par rapport à ses propos de la veille, accusant tout simplement ce pays de ne rien faire pour arrêter les dirigeants d’El Qaîda. « Je trouve difficile à croire que personne dans votre gouvernement ne sache où ils sont, ni ne puisse les arrêter s’il le voulait vraiment », a alors déclaré Mme Clinton. Ce qui est grave pour un pays qui se déclare en guerre contre cette menace qui n’est pas la seule d’ailleurs.

Mais l’accusation a été vite rattrapée. « J’ai dit que je ne savais pas si quelqu’un savait », a-t-elle souligné hier, ce qui est fondamentalement différent, levant la suspicion qui caractérisait les propos de la veille. Voilà donc une manière très diplomatique de clarifier le débat et poser les questions les plus sensibles. Celles qui indiquent tout d’abord que le Pakistan est le théâtre d’une violence qui ne baisse pas d’intensité.

Pour dire clairement les choses, il s’agit d’une guerre et de rien d’autre. Peut-être est-ce lié à l’histoire de ce pays et l’autonomie laissée à des régions entières, rendant difficile le retour de l’Etat et l’établissement de son autorité dans ces régions. L’approche, quelle qu’elle soit, devient délicate et même l’armée pakistanaise qui n’en est pas à sa première offensive, a dû marquer une pause – une trêve, disait-on alors – au printemps dernier.

Comment donc sera résolue cette question de l’AFPAK qui mobilise également les chercheurs et les théoriciens de la guerre ? Pour reprendre les spécialistes, il s’agit d’éviter le chaos.

Par T. Hocine

jeudi 29 octobre 2009

Réformer la réforme

Le président Bouteflika est revenu hier dans son allocution prononcée à l’occasion de l’ouverture de l’année judiciaire sur la réforme de la justice dont il a loué les « avancées » dans le sens du rapprochement de la justice des justiciables par l’ouverture de nouvelles structures à travers le pays, le renforcement des effectifs du corps de la magistrature, la modernisation des structures de l’appareil judiciaire.

Comme il a loué les vertus de l’indépendance de la justice qu’il considère comme le socle du développement du pays et la garantie de la paix et de la cohésion sociale. Au chapitre des nouveaux chantiers, Bouteflika a énoncé devant les magistrats quelques postes de travail qui devraient focaliser l’attention des responsables du secteur dont notamment la recherche d’une plus grande efficience dans le fonctionnement de certaines structures de l’appareil judiciaire telles que la Cour suprême et le Conseil d’Etat qui constituent la superstructure du système judiciaire et l’ultime recours du citoyen pour faire valoir ses droits.

Auparavant, dans une intervention, le ministre de la Justice, Tayeb Belaïz, a emprunté le même ton lénifiant dressant un tableau tellement surréaliste du secteur que beaucoup en étaient à se demander si le ministre parlait de l’Algérie ou d’un autre pays. Lorsqu’il avoue que le niveau d’application des décisions de justice dépasse celui de beaucoup de pays démocratiques, on veut bien le croire si la réalité du terrain incitait réellement à un tel optimisme.

Des décisions de justice non appliquées : chaque Algérien a sa petite anecdote sur le sujet. Plus grave parfois, c’est l’Etat et la puissance publique qui n’appliquent pas les décisions de justice comme on l’a vu dans le dossier des créances des imprimeries. Alors de quelle justice et de quelle réforme parle-t-on ? La réforme des statistiques qui subordonne la qualité et la performance du système judiciaire au nombre de cours ouvertes et aux effectifs recrutés, aux nouveaux centres pénitenciers réceptionnés, gage, nous dit-on, de l’amélioration des conditions carcérales, aux dotations en matériel informatique…, cette entreprise-là n’a pas d’avenir.

Car elle passe sous silence l’essentiel, ce pourquoi la réforme a été engagée : l’émergence d’un système judiciaire indépendant, fort de la loi et du droit et qui veille rigoureusement au respect du principe constitutionnel de l’égalité des citoyens devant la justice, afin qu’il n’y ait pas de superjusticiables ou d’intouchables comme c’est malheureusement le cas. Alors qu’ailleurs, les scandales qui éclaboussent de hautes personnalités de l’Etat alimentent régulièrement la chronique politique et que des Premiers ministres, des chefs d’Etat sont convoqués devant la justice pour être entendus, chez nous la notion d’immunité s’est toujours confondue avec l’impunité.

C’est ce qui explique sans doute cette propension maladive de nos responsables à se maintenir à leur poste à n’importe quel prix. Et puis, qu’est-ce que c’est que cette réforme qui n’en finit pas ! Au rythme où vont les réformes du secteur de la justice initiées déjà voilà près d’une décennie et dont on ne perçoit pas encore les résultats attendus, il faudra sans doute s’armer de patience, comme pour le métro d’Alger, pour voir notre justice coller au plus de la devise républicaine de « la justice par le peuple et pour le peuple » au nom duquel est rendu le droit.

Par Omar Berbiche

mercredi 28 octobre 2009

Le grand silence

Yazid Zerhouni, le ministre de l’Intérieur, s’est invité durant deux bonnes heures à la télé pour parler, avec force détails techniques, des projets de carte d’identité et de passeport biométriques. Un quart d’heure aurait suffi à présenter ces nouveautés, le reste du temps aurait pu être consacré à l’actualité brûlante : les émeutes violentes de Diar Echems qui remettent à l’ordre du jour la question de la précarité de l’habitat ; la tuerie de sept patriotes par les terroristes qui bat en brèche le discours sur « l’amélioration sécuritaire » et son pendant, la « réconciliation nationale » ; les victimes de plus en plus nombreuses de la grippe A dans un climat d’ignorance nationale du fléau ; les incessants scandales de corruption impliquant de grands commis de l’Etat traînés devant une justice souvent encline à ne condamner que des lampistes. Ne serait-ce sur ces quelques dossiers, il y avait matière à disserter.

M. Zerhouni aurait aussi pu dire un mot sur la saisie par la police des exemplaires du livre de Mehdi El Djezaïri, Poutakhine, à la veille du 14e SILA dont la devise est « Le roi livre ». L’ouvrage n’a pourtant pas de contenu diffamatoire au sens classique du terme, c’est simplement un cri d’indignation contre les usurpateurs de tout poil et de tout acabit, d’hier et d’aujourd’hui, de l’âme algérienne.

Cette affaire, qui commence à faire grand bruit, pose une nouvelle fois la question de la liberté d’expression dans le pays. Le ministre de l’Intérieur avait le devoir de s’y prononcer clairement, bien qu’il ne faille pas trop se faire d’illusion sur ses réponses. En fait, ce qui inquiète les citoyens aujourd’hui, c’est moins la gravité des problèmes que subit le pays que le grand silence des autorités. Leur conviction de plus en plus profonde est que l’Etat n’a plus de gouvernail : les responsables sont soit démissionnaires à tous les niveaux, y compris en très haut lieu, soit dépassés ou occupés à faire des affaires.

Les Algériens ont le sentiment d’être livrés à eux-mêmes, de ne pas être écoutés et compris par un pouvoir qui ne pense à eux que lors des grands rendez-vous électoraux. Cette conviction est alimentée par le désordre, à la limite du chaos, qui règne dans les villes et les campagnes, l’incroyable essor de l’informel, la propagation sans limites ni honte de la corruption et l’extension de la violence et de la délinquance.

Le découragement et le repli sur soi gagnent toutes les couches de la population, alors que la paupérisation s’aggrave. Le SNMG actuel ne peut nourrir une famille de quatre personnes que durant une semaine, révèle une étude du syndicat autonome de la Fonction publique... Une voix autorisée qui explique et rassure, à la télé, d’un ministre de souveraineté ou du Premier ministère ou, mieux encore du chef de l’Etat, ne serait pas de trop dans le contexte actuel de crise, au bord d’un éclatement incontrôlable.

Par Ali Bahmane

mardi 27 octobre 2009

Chasse aux postes

Le renouvellement partiel du Sénat prévu en décembre prochain a brutalement tiré de leur sommeil les saisonniers de la politique et les chasseurs de postes tapis au sein et en dehors des formations politiques. C’est devenu en effet un lieu commun de voir nos hommes politiques s’agiter dans tous les sens lorsqu’une échéance politique se profile à l’horizon pour se placer ou placer leurs représentants dans les institutions de l’Etat plongeant les partis dans des crises internes qui empoisonnent la vie partisane et pervertit le débat politique dans le pays.

Les clameurs qui s’élèvent de l’intérieur du plus vieux parti, le Fln, alimentées par un groupe de cadres du parti tombés en disgrâce au sein de cette formation lesquels se mobilisent pour présenter des candidatures aux prochaines élections sénatoriales partielles en dehors du cadre organique du Fln sont l’expression la plus accomplie de cette course éperdue aux postes gratifiants dans les institutions de l’Etat en termes de pouvoir et de privilèges y afférents.

La question aujourd’hui n’est plus de savoir ce qui dans le Sénat et les autres anti-chambres du pouvoir fait courir et rêver la classe politique et toute cette faune d’opportunistes prête à toute sortes d’alliances douteuses, à acheter à un prix fort des voix pour décrocher la timbale : un poste de sénateur, de député ou autre.

Cela on le sait désormais fort bien. Bien plus que cela, il s’agit aujourd’hui de s’interroger si le Sénat tel qu’il a fonctionné jusqu’ici, c’est-à-dire comme une doublure en bonne et due forme de l’Assemblée nationale, a sa raison d’être dans le paysage institutionnel. En partie s’il y a une telle pression sur Bouteflika de la part de la clientèle du pouvoir pour la distribution des postes et donc de la rente, c’est tout simplement parce qu’il y a des postes à pourvoir à satiété dont beaucoup tiennent lieu de renvoi d’ascenseur au profit des soutiens politiques et des réseaux d’alliance desquels le pouvoir tire sa force et sa légitimité.

Tarir ces gisements d’emplois fictifs qui occasionnent des dépenses inutiles au Trésor public par le démantèlement de toutes les structures parasitaires qui émargent au budget de l’Etat sans rien apporter à la collectivité nationale contribuerait, à coups sûrs, à réhabiliter la politique, la notion d’élu et de responsabilité dans les structures de l’Etat. La distribution des prébendes par le truchement des postes électifs ou de nomination à des responsabilités étatiques a pollué le champ politique.

Sinon comment expliquer que c’est toujours le même personnel politique qui se recycle et se relaie dans une apparente sérénité qui cache mal les guerres souterraines et les conflits d’intérêts opposant clans adverses à l’image de ce qui se passe au Fln et ailleurs ? Comment expliquer que ce même personnel n’investit le champ politique que lorsqu’il y a un enjeu électoral, des postes à prendre ?

Pour revenir aux élections sénatoriales et à la place du Sénat dans le jeu institutionnel il faudrait juste rappeler que dans les vieilles démocraties le poste de sénateur est essentiellement réservé aux candidats et personnalités d’un certain âge, qui ont un parcours politique ou autre à mettre au service de la collectivité.

C’est un poste pour sages. Peut-on être raisonnablement et légitimement sénateur à 40 ans ou à 50 ans ? L’Algérie innove en la matière en ouvrant les portes du Sénat à des quadragénaires qui auraient bien pu, s’ils ont réellement des compétences à faire valoir, les exprimer ailleurs, dans un cadre plus approprié.

Par Omar Berbiche

lundi 26 octobre 2009

Triste réalité

Un double attentat, hier matin à Baghdad, vient rappeler une bien triste réalité et en même temps infliger le plus cinglant démenti au discours officiel. L’Irak vit dans la terreur depuis 2003, date à laquelle il a été envahi par l’armée américaine. Quant au discours officiel – surtout depuis le retrait encore partiel des troupes américaines et la prise en charge de la sécurité par la nouvelle armée irakienne – tout va bien, sinon que la situation est en nette amélioration. Et cela laisse franchement dubitatif.

Tout d’abord un constat : depuis qu’on parle de retrait militaire américain des villes irakiennes, en attendant leur départ prévu en 2010, on n’évoque plus ou si peu la guerre en Irak comme si elle avait cessé. Ensuite, il faut bien en convenir, par rapport à quoi, puisque l’Irak est devenu le pays de toutes les guerres.

Depuis ces dernières années, il s’est installé dans la violence de la pire manière, celle qui conduit droit vers le chaos, celle-ci ayant pris un caractère confessionnel, envoyant la mosaïque irakienne à de l’histoire ancienne. Celle que l’on évoque avec beaucoup d’amertume. Plus question de coexistence des communautés, c’est le repli sur soi, avec des entités ethniquement homogènes.

Et même là, constate-t-on, les communautés sont elles-mêmes divisées, voire s’opposent par les armes pour des raisons politiques. Pour le pouvoir, pour être plus précis. Par un malheureux raccourci, certains se laissent aller à dire que tout le monde se bat contre tout le monde. L’Irak ne sera plus l’Irak d’il y a quelques années. Pour être quoi au juste ? La question donne froid dans le dos.

Une réalité qui fait peur à beaucoup d’Irakiens, convaincus que leur pays est menacé de partition. Ce qui donne alors peu de crédit aux accusations des autorités visant aussi bien des groupes que la Syrie voisine. Et puisqu’il faut bien respecter les échéances, l’on parle malgré tout des prochaines élections prévues normalement pour le 16 janvier.

Et là, l’enjeu n’a pas échappé aux différents leaders qui ont passé en revue des semaines durant, sinon des mois les différentes manières d’accéder ou de conserver le pouvoir, alors même que le pays ne dispose pas encore de loi électorale. Il y a aussi des questions devenues récurrentes depuis la chute de l’ancien régime de Saddam Hussein, mais qui sont liées entre elles. Comme celle qui concerne l’avenir des régions.

Là, il s’agit de la ville de Kirkouk. Le Parlement a échoué à trouver un accord sur le projet de loi électorale en raison de l’âpre bataille entre Arabes et Kurdes pour le contrôle de cette région.

Pour quelle raison puisque, se plaît-on à rappeler, cette région est riche en pétrole, tout comme la partie méridionale de l’Irak, mais qui n’a pas les problèmes démographiques du nord. Pétrole, territoire et pouvoir suscitent ou entretiennent les divergences et même l’affrontement entre Irakiens. Ce sont les guerres de l’Irak.

Par T. Hocine

dimanche 25 octobre 2009

Le retour du pétrole

Les prix du pétrole qui se sont installés au-dessus de la barre des 60 dollars le baril depuis le début du mois de juin de cette année ont connu une progression régulière jusqu’à atteindre le seuil des 80 dollars le baril, il y a quelques jours. Le brent dont le prix est le plus proche du Sahara Blend algérien a atteint une moyenne appréciable durant les 4 derniers mois avec 68,55 dollars le baril au mois de juin, 64,61 dollars au mois de juillet, 72,84 dollars au mois d’août et 67,39 au mois de septembre. Ces niveaux ont permis au prix moyen, durant les 9 premiers mois de l’année 2009, d’être tout près des 60 dollars le baril avec 57,35 dollars.

Vu le niveau du prix du brent durant le mois d’octobre, la moyenne devrait se situer autour des 60 dollars le baril pour les dix premiers mois de l’année. Ce qui est un niveau appréciable dans la mesure où si la tendance se maintient, le prix du pétrole algérien retrouvera pour cette année le niveau de l’année 2006 ou le prix du Sahara Blend était à 65,85 dollars le baril avec des recettes de l’ordre de 53,61 milliards de dollars et avec de meilleures perspectives pour 2010.

Toutefois, les exportations d’hydrocarbures pour cette année 2009 vont enregistrer une baisse par rapport aux exportations de 2006 à cause de l’application des décisions de réduction de la production décidées par l’Opep en 2008. Le manque à gagner pourrait être de 15% environ, ce qui donnerait des recettes nettement au-dessus des 40 milliards de dollars.
Ce retour des prix du pétrole, s’il permet d’entrevoir sereinement la poursuite du programme des investissements avec une enveloppe de 150 milliards de dollars, pourrait encore générer certains comportements qui sont devenus structurels comme le gaspillage à travers le train de vie de l’Etat ou la corruption qui gangrène les programmes lancés par l’Etat. Avec les gros scandales révélés dans le secteur bancaire au milieu des années 2000, l’opinion pensait que le pire était passé. Or, elle découvre que la corruption et les détournements se sont greffés dans certains contrats à travers les révisions régulières des coûts des opérations.

Ces actes qui sont orchestrés à un niveau élevé de responsabilité de l’Etat renseigne sur la gravité du phénomène de la corruption. On n’est plus au niveau du bureau d’un président d’APC qui ordonne une réfection des trottoirs, mais au sein d’institutions étatiques qui gèrent des contrats de plusieurs milliards de dollars avec à la clé des surcoûts préjudiciables au Trésor et l’organisation de la fuite des capitaux.

Par Liès Sahar